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Gard : les harkis s’organisent pour parler "d’une même voix"

Gard : les harkis s’organisent pour parler "d’une même voix"

Hacène Arfi et Ali Laïdaoui organisateurs des premières Assises harkis. X. R.

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Avec leurs premières Assises du Grand Sud, samedi à Saint-Laurent-des-Arbres, ils comptent s'unir pour peser.

Les Assises harkis du Grand Sud organisées par le Mouvement harkis Grand Sud, samedi 13 juin à Saint-Laurent-des-Arbres (Gard), sont un événement, tant la région, et en particulier le Gard rhodanien, sont marqués par l'histoire des harkis.

Les anciens camps de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) et de Saint-Maurice-L'Ardoise (Gard) en sont les plus douloureux témoignages.

Hacène Arfi, président la Coordination Harka (St-Laurent-des-Arbres) et l'Anglois Ali Laïdaoui, délégué départemental de l'Aracan (Association des Rapatriés et Anciens Combattants d'Afrique du Nord) sont à l'initiative de ces Assises. Rencontre avec ces deux responsables.

Qui participera à ces assises ?

Hacène Arfi : Une cinquantaine de représentants d'associations des harkis, familles et enfants harkis d'Aquitaine, de Midi-Pyrénées, du Languedoc-Roussillon, de Provence-Alpes-Côte-d'Azur et d'Auvergne.

Ali Laïdaoui : Sur le million de harkis recensé en France, la majorité vit dans le Sud (le reste se trouve plutôt dans le Nord), notamment le Var et les Bouches-du-Rhône. D'où l'organisation de cet événement dans le Gard rhodanien.

A-t-il été facile de réunir des associations plutôt rivales dans leurs revendications ?

Ali Laïdaoui : Des gens seront toujours contre. Mais pour préparer ces assises, nous avons organisé deux réunions à Toulouse et Aix-en-Provence. Et chaque représentant d'association pourra s'exprimer lors des assises.

Hacène Arfi : Comme le Mouvement harki Grand Sud n'est pas encore structuré, nous avons travaillé collectivement. Avec ces premières assises, nous parlerons d'une même voix et mènerons des actions communes pour faire aboutir une loi à l'Assemblée nationale. La charte établie durant ces assises sera transmise au secrétariat d'État aux Anciens combattants.

Quels sont les points les plus significatifs de l'ordre du jour ?

Hacène Arfi : Notre grande revendication est la reconnaissance par la France de l'abandon et du massacre des harkis en 1962. Nous sommes victimes d'une double injustice : celle de notre désarmement par l'armée française avant d'être livrés au FLN sans défense ; celle d'avoir été parqués dans des camps provisoires durant quinze ans alors que la France était prospère.

Nous aurions pu être facilement intégrés. La France porte le fardeau de la communauté harkie. Elle doit reconnaître le génocide harki. Nous souhaitons une loi de réparation votée par les parlementaires.

Ali Laïdaoui : La France doit balayer devant sa porte. On peut peser électoralement et mener des actions communes. Plus les vieux s'en vont, plus il y a une relève importante chez les enfants et petits-enfants de harkis.

Hacène Arfi : La seconde revendication importante est la date du

12 mai. On s'est battu presque quatre ans pour avoir une Journée nationale des harkis.

En 2001, Jacques Chirac alors Président, a proposé le 12 mai. Avant, nous étions mélangés entre le 5 décembre, journée des anciens combattants et le 19 mars, journée de la Fnaca (Fédération Nationale des Anciens Combattants d'Afrique du Nord, NDLR).

Le gouvernement nous propose le 25 septembre.

Pourquoi changer aujourd'hui ? Le 12 mai, qui est pour nous une journée commémorative et de revendications, nous convient très bien.

Qu'en est-il des lieux de mémoire comme Rivesaltes et Saint-Maurice-L'Ardoise ?

Ali Laïdaoui : Pour Rivesaltes, nous nous voulons savoir quelle place y auront les harkis et quel rôle y jouera notre histoire.

Pour Saint-Maurice, le projet d'un mémorial avance petit à petit et dans le bon sens.

PROGRAMME : Revendications et mémorial

Les Assises se dérouleront le 13 juin, dès 8 h 30, salle des fêtes de Saint- Laurent-des-Arbres. Au-delà du dépôt d’une gerbe devant la stèle marquant l’ancien camp de Saint-Maurice- L’Ardoise (à 17 h), du buffet (12 h 15),

les participants auront deux grands temps de discussions

(9 h - 12 h 15 et 13 h 30 - 16 h 30)

: la revendication de la responsabilité de l’État dans l’abandon et le massacre des harkis et d’une loi en conséquence, les mesures prises par le gouvernement et contre-propositions émises par le collectif Harkis Grand Sud, le projet de création du Mouvement harkis Grand Sud, le 12 mai, les lieux de mémoire : Saint-Maurice-L’Ardoise, Château Lascours, Rivesaltes...

Article Source :11/06/2015 

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l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins, et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux

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Marc Blondet 12/06/2015 15:10

"Parler d'une même voix " est une bonne nouvelle !