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Malgré l’hommage national, les harkis du Nord - Pas-de-Calais sont en colère

Alors qu’un hommage national a été rendu vendredi aux harkis, ceux-ci restent habités par un profond sentiment d’injustice. Cette semaine à Roubaix, « capitale des harkis » de la région, trois générations ont exprimé leur colère et exigé de l’État qu’il honore la dette de la France à leur égard.

Mardi soir, (22-09-2015 ) les harkis ont fait entendre leur colère dans les salons de l’hôtel de ville de Roubaix. PHOTO « la voix »

« Ce n’est pas un caillou, mais un pavé dans la chaussure de la République. » Brahim Bourabaa est formel. Ce fils de harki, qui a grandi dans un camp de réfugiés au sud de la France, est bien placé pour parler du sujet : il est le président du comité régional de concertation des rapatriés d’Algérie. Cette qualité le fait arpenter la région pour sonder le terrain. Comme à Roubaix et Tourcoing où il s’est déplacé cette semaine à la veille de la journée nationale d’hommage aux anciens supplétifs de l’armée française, qui a eu lieu ce vendredi.

Il n’a pas été déçu. « Ça fait 50 ans qu’on nous prend pour des imbéciles. Nos subventions baissent. Des familles ne mangent pas à leur faim. Qu’est-ce qu’on doit faire pour être entendu ? Casser ? », l’interpelle Omar Chalbi, le président de l’association des Français rapatriés d’Afrique du Nord (AFRAN). Applaudissements nourris. Plus loin, un homme prend la parole timidement. « Moi, je ne demande rien. Mais c’est à cause de la France que je n’ai jamais connu ma mère. Ça se répare, ça ? », grince-t-il. D’autres s’étonnent de voir l’État offrir l’hospitalité aux réfugiés syriens quand eux ont l’impression de « devoir mendier depuis 53 ans ». Syndicaliste à La Redoute, Malika Azzaz estime que les harkis doivent prendre exemple sur les chibanis marocains, qui ont obtenu satisfaction dans leur conflit avec la SNCF. « Imitons-les, et attaquons l’État en justice ! », tempête-t-elle.

Fort des témoignages de ce genre, qu’il recueille dans toute la région, Brahim Bourabaa estime que les harkis ne sont pas suffisamment reconnus. Il juge les mesures annoncées par Manuel Valls l’an dernier « pas à la hauteur des sacrifices consentis par cette population meurtrie ». « C’est des clopinettes, du saupoudrage qui ne sert à rien », martèle-t-il. Au-delà de ce soutien matériel, il réclame surtout « une reconnaissance de la responsabilité de la France, via une déclaration pleine et entière du chef de l’État ». Pour tenter d’effacer « une plaie qui n’a jamais cicatrisé 

26/09/2015

 

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