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Djamila Houd fille de harki tuée dans les attentats de Paris, symbolisait à Dreux la réussite de toute une génération

Djamila Houd fille de harkie tuée dans les attentats de Paris, symbolisait à Dreux la réussite de toute une génération

Une jeune femme libre qui aimait la vie

Djamila Houd, 41 ans, a été fauchée par deux balles, sur la terrasse du restaurant La Belle équipe

Personne n’a oublié Djamila Houd. La jeune femme est issue d’une famille drouaise très connue, elle symbolise la réussite de toute une génération. 

En quelques heures, Dreux est passé du soulagement aux larmes. Quand les premières images des attentats de vendredi soir, à Paris, ont ensanglanté les écrans de télévision, la ville a frémi pour ses cinquante jeunes et leurs animateurs partis assister au match de football

 France-Allemagne.

Pendant quelques heures, les élus, les familles des jeunes ont retenu leur souffle.

Jusqu’à ce que le car, en provenance du Stade de France, ramène, un peu avant 2 heures du matin, la petite équipe choquée mais saine et sauve.

Le soulagement n’a été que de courte durée. Dans la matinée d’hier, la ville a appris qu’une Drouaise se trouvait parmi les 129 morts.

Djamila Houd, 41 ans, a été fauchée par deux balles, sur la terrasse durestaurant La Belle équipe. Une soirée entre amis, dans cet établissement de la rue de Charrone, dans le XIe arrondissement.

Au-delà du décès d’une jeune femme, mère d’une fillette de 8 ans, c’est tout un symbole qui s’effondre pour la ville. Djamila est la dernière fille de l’une des plus vieilles familles drouaises.

La famille Houd, dont le père avait marqué l’histoire des Harkis de Dreux, dont les filles, en particulier, ont prouvé la capacité de réussite des enfants des familles de rapatriés, ont grandi au Murger-Bardin, avant de s’installer dans le quartier des Bâtes.

Djamila Houd, 41 ans, a été fauchée par deux balles, sur la terrasse du restaurant La Belle équipe. Phot : DR

Djamila Houd menait une belle carrière professionnelle, à Paris. Mais elle n’avait jamais tourné le dos à Dreux où une partie de sa famille vit encore. Et, personne ici n’a oublié cette très belle jeune femme. Élève au lycée Rotrou, ses professeurs s’en souviennent comme d’une lycéenne très agréable et douée.

Elle faisait partie de ces jeunes Drouaises qui ont réussi, n’ont jamais oublié leurs origines mais sont capables de se faire leur place dans tous les milieux et de se faire apprécier par des gens de tous horizons. Une jeune femme libre qui aimait la vie.

Cette vie qu’un tireur aveuglé par le fanatisme a prise en quelques secondes. Hier soir, dans le quartier des Bâtes, le concert prévu à la maison Proximum a été annulé.

Le quartier n’avait pas le cœur à écouter de la musique. Il attendait l’arrivée de la maman de Djamila, de retour d’Algérie, pour partager sa peine. Elles étaient nombreuses, hier, les mamans à pleurer Djamila. Comme si elle était un peu leur fille, à elles aussi.

Valérie Beaudoin

 A Djamila :

Parole d’une sœur. Il n’y a pas de mots pour décrire la douleur de Tassadit Houd. La grande sœur de Djamila est rentrée, hier soir, à Dreux remplie d’une immense tristesse mais de colère, aussi. En cette petite sœur pleine de liberté, de vie et de générosité, elle veut voir un symbole que les fanatiques veulent détruire : « Ils détestent la liberté, ils veulent la détruire partout où elle existe, chez les femmes comme ma sœur, dans les pays où elle règne. Les musulmans de France doivent combattre pied à pied ces extrémistes. L’État doit tout faire pour les arrêter. »

Le maire (LR) de Dreux a appris le décès de Djamila Houd , dans la matinée : « On était déjà bouleversé par les attentats et la douleur des familles des victimes. Mais quand en plus une famille drouaise est directement touchée, c’est affreux. » Gérard Hamel attend le retour de la mère de Djamila, au domicile familial, aux Bâtes, pour aller la voir : « Je devais y aller avec mon adjointe, Naïma M’Faddel. Mais j’attends qu’elle soit rentrée chez elle pour aller lui présenter mes condoléances et partager sa peine. »

15-11-2015 L'Echo Républicain  Centre France

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Dreux : l'émouvant hommage à Djamila Houd, victime des attentats de Paris

Les soeurs et amies de Djamila. - Agence DREUX

Les sœurs et amies de Djamila. - Agence DR

Rue Jean-Vilar, aux Bâtes, hommes et femmes se pressent autour de sa famille en ce dimanche 15 novembre. Elle incarnait la liberté et la générosité détestées par les terroristes qui l’ont tuée.  

INFO L'ECHO REPUBLICAIN

Dans la rue Jean-Vilar, tous les souvenirs de jeunesse remontent au gré d’une marche dans ce coin du quartier des Bâtes. Malika Houd a proposé, dimanche 15 novembre, en fin d’après-midi, aux amies de sa sœur Djamila de renouer avec une tradition que les filles appréciaient tant.

« On n’avait pas le droit de sortir, de descendre en ville. Alors, on faisait le tour du lotissement en se racontant nos histoires, en refaisant le monde. »

Elles étaient une trentaine à faire revivre ainsi le souvenir de DjamilaLa petite sœur de Malika brutalement décédée, vendredi soir, sous les balles des tueurs de la rue de Charrone, était la petite sœur de toutes les femmes, dimanche, qui marchaient rue Jean-Vilar.

« Libre de vivre »

Habiba sourit à travers ses larmes en évoquant son amie : « Elle était un vrai modèle pour nous. On se reconnaissait en elle. » C’est la beauté, la gentillesse de cette Drouaise de 41 ans qui avait gardé la spontanéité et l’amour de la vie de ses 20 ans qui revient dans les conversations.

Mais pour les femmes de sa génération, c’est la liberté que Djamila incarnait qui les rassemble toutes : « Libre de vivre comme elle l’entendait. Libre de s’asseoir à la table d’un café à Paris avec des amis. C’est cette liberté-là qu’ils ont voulu tuer. Ces fanatiques détestent la liberté, détestent ce qu’incarnait Djamila. »

 

Certaines sont en jeans, d’autres portent le voile : « Mais nous sommes toutes des femmes qui choisissons librement leur vie ». Toute une génération de Drouaises qui ont pris leur destin en main.

Une façon pour elles de rendre ce que leurs mères leur avaient donné sans avoir pu le vivre. Djamila Houd symbolisait cette réussite de la deuxième génération. Une carrière professionnelle brillante, une fillette de 8 ans « aussi belle que sa maman ». Cette capacité à tenir une discussion sérieuse avec un chef d’entreprise du CAC 40 et quelques heures plus tard à partager un thé avec des femmes des quartiers populaires de Dreux qui n’étaient jamais allé à l’école.

Des allers et retours entre le Paris chic et le Dreux populaire, sans jamais se perdre dans des crises d’identité. Djamila Houd ne reniait ni ses origines, ni ce qu’elle était devenue à force de volonté.

Une icône inoubliable

Un peu plus loin dans le quartier, une femme se souvient de la voix « magnifique » de Djamila : « Elle m’avait chanté une chanson d’Aznavour en apprenant que j’étais d’origine arménienne. »

Djamila : une image détestable pour les terroristes, une icône inoubliable pour les femmes de Dreux.

Valérie Beaudoin

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« J’ai perdu mon mari, ma fille, mais pas les Drouais »

Le pavillon n’est pas assez grand pour accueillir tous les hommes, toutes les femmes et les enfants qui sont venus faire part de leur tristesse et de leur soutien à la famille Houd en ce dimanche 15 novembre.

La maman de Djamila est au fond du salon et accueille, avec dignité, tous les visiteurs. Elle pleure en évoquant, avec le maire de Dreux et le sous-préfet, le souvenir de cette fille « pour laquelle j’avais choisi le prénom de Djamila, un prénom qui veut dire fleur ». Mais la maman de Djamila ne veut pas se laisser aller au désespoir du chagrin.

Après les larmes, vient la conviction :

« J’ai perdu mon mari, j’ai perdu ma fille mais je n’ai pas perdu les Drouais »

16-11-2015

Le Jdc

Un visage et un nom pour les victimes des attentats de Paris

Après les attaques de Paris qui ont fait au moins 130 victimes, francetv info a voulu mettre des visages et des noms sur chacune d'entre elles...

Cliquez sur les photos

Djamila Houd fille de harki tuée dans les attentats de Paris, symbolisait à Dreux la réussite de toute une génération

Par Michaël Dalbosco, Bastien Hugues, Nicolas Enault

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harkis les premiers mots du souvenir, la communauté en attend plus

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samia 22/11/2015 15:47

condoléance à sa famille,merci pour son profile ici décrit,cela nous permet, nous internautes, de nous rendre compte qu'elle femme admirable elle a été,qui nous font regretter de ne pas l'avoir connu.

tatoo 20/11/2015 12:54

Je suis attristé par le décès de cette jeune femme ainsi que la mort des 129 personnes en ce triste vendredi 13.

Saurel 19/11/2015 00:39

SINCERES CONDOLEANCES A LA FAMILLE DE DJAMILA HOUD
UNE PENSEE POUR SA PETITE FILLE.
Eliane Saurel