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Anzin (59) : le départ de Djamel Aït-Ouali, Fils de harki «ce n’est pas un couple qui se sépare, mais presque»

Portrait

Anzin : le départ de Djamel Aït-Ouali, «ce n’est pas un couple qui se sépare, mais presque»

Le duo Djamel Aït-Ouali - Pierre-Michel Bernard existera encore, mais uniquement au syndicat intercommunal de distribution d’électricité et de gaz de l’arrondissement, dont il est le secrétaire et le maire d’Anzin le président.

Le duo.

Pour le coup, ce n’est pas une formule usurpée. Djamel Aït-Ouali et Pierre-Michel Bernard formaient un duo, en mairie d’Anzin.

Le directeur général des services et le maire, main dans la main. « On a superbement bien bossé ensemble », reconnaît le DGS. « Vous m’avez laissé une grande autonomie », a-t-il dit au maire lors de son discours, soulignant « votre intelligence et votre incroyable capacité de travail, vos décisions empreintes d’égalité et d’humanité ».

« Ce n’est pas un couple qui se sépare, mais presque, avait avoué quelques minutes auparavant Pierre-Michel Bernard. Depuis 2008, on se voit tous les jours.

Tu nous as fait progresser, les techniciens et les élus. En 2008, j’étais novice, je n’avais jamais été élu. Tu as été mon professeur. En termes de capacité de travail, tu ne vas pas décevoir la Porte du Hainaut. » Et le maire de rappeler les prix obtenus : celui du management public, celui de La Gazette, le label ville Internet, la deuxième fleur… « C’est une grande page qui se tourne. Ça va faire bizarre que je taperai à ta porte et que je ne t’y trouverai pas. »

La formation.

Fils de harki né en 1968, élevé à Maing, cinquième d’une fratrie de onze enfants, Djamel Aït-Ouali est le seul à avoir fait autant d’études. « Mais on a tous réussi, précise-t-il aussitôt.

J’ai une sœur infirmière, un frère directeur général, un autre cadre à la RATP, une autre dans une banque…» Il a longtemps fait du football, «d’abord avant-centre, puis avec l’âge libéro », a été président du club pendant cinq ans. Il est titulaire d’une licence et d’une maîtrise de sciences économiques, obtenue à la fac de Lille.

Tout en travaillant le soir dans une société de transport et de colis. Il a ensuite obtenu un DESS en gestion des collectivités territoriales, a suivi un cycle de formation continue de directeur général des services, décroché le certificat des hautes études régionales à Sciences Po Lille

Sciences Po a toujours été un rêve pour moi »), est lauréat de l’examen professionnel au grade d’administrateur territorial… Pourquoi de telles études ? « J’ai toujours été emprunt de service public, d’intérêt général. » Et le fils d’ouvrier avait quelque chose à prouver.

Il est également époux, père de quatre enfants et pratiquant assidu de course à pied et de vélo. Ses journées semblent pourtant ne faire que 24 heures, comme pour tout le monde.

D’Anzin à Anzin. Les études terminées, c’est à Anzin qu’il arrive, grâce à un professeur bienveillant qui lui dit qu’une place est à prendre. « Je suis sorti de la fac en 1985, j’ai été recruté comme responsable financier par André Parent, à qui je dédie mon discours.

J’ai été contractuel pendant neuf ans. Il fallait le concours pour garder la place. Il m’a motivé. C’est lui qui m’a informé que j’avais obtenu le concours. » Il devient ensuite DGS, de 1999 à 2002, avant de quitter la mairie pour l’Agglo de Valenciennes Métropole. Le début de l’ère Duval reste un mauvais souvenir… C’est la victoire de Pierre-Michel Bernard qui le fait revenir, en 2008.

Pas qu’un DGS

Des dents ont grincé, en 2014. En plus d’être DGS, Djamel Aït-Ouali était directeur de cabinet… et très impliqué dans la campagne des élections municipales.

Il s’agissait, pour lui, d’éviter que l’ère Duval, du nom de l’ancien maire, ne recommence. « Je n’allais pas renier mes convictions pour raisons professionnelles. C’était un choix personnel, assumé. Je suis devenu adhérent socialiste, plutôt de centre gauche. Il fallait reprendre la section PS.

C’était un risque assumé. J’avais jusqu’alors fait preuve de neutralité, mais avec Géry Duval, je me suis dit qu’il fallait que je sois honnête avec moi-même. » Pierre-Michel Bernard le reconnaît lui-même : « C’était un peu particulier, il avait une jambe de chaque côté, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux. Mais c’était aussi une marque de loyauté. »

La méthode Aït-Ouali.

« C’est une méthode collective. Ce sont mes collègues qui me l’ont dit. Je leur ai demandé de m’évaluer ! Ils ont été marqués par une méthode des ressources humaines collective. Tout le monde a droit à la parole, et sur tout.

J’essaye un maximum de faire monter en compétence les agents. On m’a dit que j’étais juste et équitable. En matière de promotion, j’ai mis des outils en place, pour ne pas que ça soit à la tête du client. »

La raison de son départ.

Là où il va. « La raison de mon départ, c’est l’obtention du concours d’administrateur territorial. Pour l’exercer, il faut une commune d’au moins 40 000 habitants ou une communauté d’au moins 80 000 habitants pour devenir directeur. » C’est donc à la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, dont le président est Alain Bocquet, qu’il deviendra directeur général adjoint, à Raismes (dans les locaux de l’ancienne Franco-belge), le 4 janvier.

Celui qui le remplace. Pierre-Michel Bernard l’a annoncé vendredi, c’est Yvan Thumerel qui devient DGS à Anzin. Il était l’adjoint de Djamel Aït-Ouali. « Je pars tranquille », a-t-il dit à son successeur.

Article Source : La Voix du Nord

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l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins, et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux

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