Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Saint-Martin-de-Valgalgues (30) salle comble pour les pieds tanqués ( harkis et l'engagement de certains Français )

Pétanque et Guerre d’Algérie ?

La salle Adrienne Horvath de l'espace La Fare-Alais s'est dotée dernièrement d'un terrain de pétanque à l'occasion de la représentation théâtrale "Les pieds tanqués" proposée par la compagnie Artscenicum dans le cadre des Atypiques.

Devant une salle comble, les quatre acteurs ont échangé autour

d'une partie de pétanque sur les problèmes les plus complexes de la mémoire de l'Algérie tels que les harkis et l'engagement de certains Français en faveur de l'Algérie tandis que

portrait JL

Jean-Louis Todisco

l'accordéoniste ménageait des pauses dans la discussion.

Ce travail de mémoire a été apprécié par le public et s'est achevé par le verre de l'amitié avec des conversations autour de la guerre d'Algérie.

*******

4 personnages, joueurs de pétanque, seront en scène dans cette partie  de boules de tous les dangers :

Un Français provençal de « souche » – Loule

Un Francilien fraîchement arrivé en Provence – M. Blanc

Un Français d’origine algérienne – Yaya

Un Français rapatrié d’Algérie –

boule gravée

Le terme pétanque vient des mots de l’occitan provençal  pè « pied » et tanca «pieu», donnant en français régional l’expression « jouer à pétanque » ou encore à « pés tanqués », c’est-à-dire avec les pieds joints et ancrés dans le sol, par opposition au jeu provençal où le joueur peut faire des pas et prendre de l’élan.

Ce jeu, dont la règle impose d’être silencieux pour ne pas déconcentrer l’adversaire, est paradoxalement un lieu de la parole : une parole d’initié avec son vocabulaire propre, au second degré quand on est dans le Sud,parfois moqueur ou plus sérieux pour celui qui se prend au jeu.  L’échange est en effet quasi permanent, dans le geste ou  dans les silences qui en disent long, mais surtout dans le verbe.

Yvan Audouard, grand conteur du Sud a dit du jeu de boules qu’il était à la Provence ce que le théâtre de Delphes était la Grèce antique, un lieu de Tragédie. Il terminait cependant en disant qu’à la fin d’une partie tout le monde meurt … de rire !  Au théâtre, on se relève aussi après la mort et on en rit. Car c’est aussi la fonction du théâtre : rire de la mort parce que ça nous tient en vie.

Dans ce spectacle l’image du pied « tanqué » (au delà de la règle qui définit ce jeu) signifie celle du pied enraciné; le jeu lui-même, les rapports humains qui sont l’œuvre dans une population de déraciné ou d’enraciné  et le terrain , le territoire dans lequel les protagonistes se retrouvent et s’enracinent.

Un jeu donc pour évoquer les problématiques d’appartenance à un territoire, de déracinement  et d’enracinement, d’identité. Une partie de boules avec ses bons mots, ses galéjades, mais aussi ses coups bas, pour évoquer les blessures de l’exil, de la culpabilité, des rancœurs mais aussi des pardons.

*******

- Les commentaires, qui ne sont pas accompagnés d'adresses Email valide... ne sont pas retenus -

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article