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Montoulieu. . L'adieu au camp de harkis

Témoignage.

Une page d'histoire va se tourner au hameau de Ginabat, à Montoulieu. Une habitante de toujours témoigne

Djemaa, est aujourd'hui une super mamie qui prend soin des nouvelles générations de la famille. Photo DDM, Christian. Poncini

Djemaa, est aujourd'hui une super mamie qui prend soin des nouvelles générations de la famille. Photo DDM, Christian. Poncini.

 

Une fois fermé le camp de Ginabat, les bâtiments ont servi pendant plusieurs années de logements sociaux ou étaient loués pour les vacances. « Construits pour durer 30 ans, ils ont été occupés au moins 10 ans de plus, se souvient Christian Delsol ancien maire de Montoulieu.

 

Aussi au vu de leur vétusté, ces bâtiments, sous la municipalité de Gérard Desclos ont été déclarés inhabitables. Deux des sept bâtiments ont, alors été démolis et on envisageait de réaliser un nouvel aménagement.

Le projet de reconstruction a vraiment pris forme avec la municipalité actuelle qui a décidé de se lancer dans une opération mixte de restructuration urbaine avec l'OPH de l'Ariège. « Il s'agit, explique le maire Éric Donzé, de réaliser un lotissement comprenant 19 logements sociaux, des pavillons individuels, et deux en accession à la propriété ; l'idée est de conserver à l'endroit de ce qui fût le village harki, une zone de vie agencée autour d'une place ; on conservera aussi la stèle des harkis et les deux chênes qui l'encadrent car bien sûr il est hors de question de gommer l'histoire du lieu. »

 

Les six familles qui vivaient encore dans ce hameau ont pu être relogées notamment dans des appartements de l'OPAC ; elles seront prioritaires pour occuper les nouveaux logements si elles le souhaitent. La démolition des cinq bâtiments restant commencera à la fin du printemps. la reconstruction suivra.

 

Fondé en 1964, le camp accueillait une vingtaine de familles

L'histoire officielle du camp de Ginabat tient en quelques chemises cartonnées, soigneusement serrées sur les rayonnages des archives départementales, à Foix. L'administration y résume dans son langage si particulier une histoire humaine complexe, souvent dramatique, qui transpire entre les lignes.

Année après année, après l'ouverture du camp, en 1964, les fonctionnaires des eaux et forêts font la comptabilité pointilleuse des travaux effectués par les harkis dans les forêts domaniales de Brassac, de Ganac ou de Montoulieu : débroussaillement, pose de buses, nettoyage des fossés, entretien des chemins.

 

C'est la voie choisie, dès 1962, par le ministère de l'Agriculture, pour l'emploi de ces familles arrivées de l'autre rive de la Méditerranée : « Mille six cents harkis sont employés à des chantiers ouverts spécialement par l'Administration des Eaux et Forêts, écrit un haut fonctionnaire dans une note de service. Il s'agit d'une solution transitoire jusqu'à ce qu'ils soient intégrés dans l'activité générale de la population ».

À Ginabat, une école est ouverte, grâce à l'action du maire de Montoulieu, qui prendra également la défense des harkis malmenés par le chef du camp forestier, visé par une pétition ! Selon les notes internes de la sécurité intérieure, ce chef de camp, ancien sous-officier, avait détourné le matériel de l'école primaire, bousculait les habitants du camp, voire leur demandait de « petits cadeaux » pour pouvoir aller travailler. Le camp, finalement, sera fermé en 1969.

L.G.

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