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L'atelier de tissage de tapis avait été créé pour accueillir les épouses de Harkis, en mai 1966.

Lodève : il y a 50 ans, l’atelier de tapis intégrait le Mobilier national

Une belle aventure pour l’ancien directeur administratif Charles-Louis Foulon (à d.) A. M.

 

L 'atelier de tissage de tapis avait été créé pour accueillir les épouses de Harkis, en mai 1966.

 

Le 1er mai 1966, l'atelier de tissage de tapis installé à Lodève à la fin de la guerre d'Algérie, pour donner du travail aux femmes de Harkis, passait sous la responsabilité du ministère des Affaires culturelles et, spécialement, de l'administration générale du Mobilier national et des manufactures nationales de tapis et tapisseries.

Une belle aventure allait commencer, sous l'autorité de Jean Coural, son administrateur de 1964 à 1991.

De vieux baraquements, puis de nouveaux bâtiments en 1989

 

"Il avait été installé dans d'anciens baraquements militaires en tôle, sous la charge du ministère de l'Intérieur", raconte Charles-Louis Foulon, directeur administratif du Mobilier national de 1982 à 1999, qui est revenu dans un lieu qu'il connaît bien, il y a quelques jours, avec beaucoup de souvenirs et d'anecdotes :

"Pour le ministre d'État chargé des Affaires culturelles de l'époque, l'écrivain André Malraux, le rattachement de l'atelier aux manufactures - et spécialement à la manufacture de tapis de la Savonnerie - allait de soi." Dès 1962, heureux de la fin du conflit algérien, Malraux avait dit devant des journalistes américains : "Ce n'est pas parce que la France a choisi la justice qu'elle doit abandonner les fidèles."

"Il a donc fallu préparer l'évolution professionnelle d'ouvrières tisseuses pour qu'elles puissent accéder, elles ou leurs enfants, à un statut de fonctionnaires, dans des emplois de lissières au sein de la filière des métiers d'art du ministère de la Culture."

À cette époque, l'État prit aussi en charge le fonctionnement de la crèche associée à l'atelier, où furent accueillis les enfants des personnels mais aussi de toutes les familles de la ville dont les mères voulaient travailler.

 

"Moins de 20 ans après des débuts difficiles, un autre combat commençait avec la construction de bâtiments neufs"

 

"Outre cette intégration au niveau des berceaux et la dignité du travail, comme le disait Jean Coural, la fabrication de copies de tapis historiques, destinées à se substituer aux tapis originaux dans des palais nationaux et des bâtiments de prestige, s'est mise progressivement en place."

Au fil des ans, s'ajoutèrent à cette fabrication de copies, des mises sur le métier de créations nouvelles, d'après des cartons élaborés par des artistes contemporains.

"Moins de vingt ans après des débuts difficiles, un autre combat commençait avec la construction de bâtiments neufs." Appuyés par deux ministres de la Culture, Jack Lang qui choisit l'architecte Philippe Dubois, puis François Léotard qui débloqua des crédits avant de venir poser la première pierre d'un site actuel entouré d'oliviers et de lavande à l'entrée de ville. Avec le soutien des collectivités locales, et en dehors du contrat de plan État-Région, le projet de 20 millions de francs à l'époque put être concrétisé.

"Pour avoir livré la bataille de ces constructions, souvent contre les réticences des bureaux du Trésor public, Jean Coural a été fait citoyen d'honneur de Lodève", explique l'historien Charles-Louis Foulon, qui a reçu cette même distinction avant de quitter ses fonctions de directeur administratif et financier des Manufactures.

"Le délégué administratif local, Guy Blasco, avait aussi dépensé toute son énergie pour persuader sa hiérarchie parisienne de la nécessité de mettre fin aux dangers des baraquements." Depuis 1989, et bien que les bâtiments de la nouvelle Manufacture n'aient jamais été inaugurés, le travail s'y poursuit.

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harkis les premiers mots du souvenir, la communauté en attend plus

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