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LA DRÔLE DE TRAQUE DES HARKIS À BARBEZIEUX

La drôle de traque des harkis à Barbezieux

Larbi Bouzaboun (à droite) et André Azni (au centre) pensent avoir retrouvé la trace de celui qui fut le directeur du camp de Bias. Photo CL

 

Deux fils de harkis sont persuadés que le directeur du camp où ils ont été enfermés à Bias (dans le Lot-et-Garonne) se cache à Barbezieux. Ils y étaient hier.

 

La mémoire est si vive qu’elle les a aiguillonnés jusqu’en Charente. Larbi Bouzaboun et André Azni, deux membres actifs du Comité de liaison national des harkis (CLNH), étaient hier à Barbezieux. Venus exprès de Villeneuve-sur-Lot et de Sainte-Livrade (47) pour "faire sortir du bois" le directeur de l’ancien camp de Bias, une structure d’enfermement du Lot-et-Garonne dans laquelle ils ont grandi, internés avec d’autres familles de harkis dans les années 1960.

Ils sont en effet persuadés d’avoir localisé dans la commune charentaise celui qu’ils considèrent comme leur "bourreau". Alors hier, ils ont déployé une banderole devant la mairie et passé la matinée à distribuer des tracts à Barbezieux, divulguant en toutes lettres le nom de ce Maurice, qui aurait 82 ans aujourd’hui et à qui ils veulent demander des comptes. Ils n’hésitent pas à faire le parallèle avec la traque des nazis après la guerre.

 

Les harkis de Charente pas prévenus

 

"De 1962 à 1973, il a eu le droit de vie et de mort sur les 1 200 personnes du camp. C’est notre Klaus Barbie à nous", avance Larbi Bouzaboun, 55 ans, enfermé à Bias de 1962 à 1975.

Lui raconte, entre autres humiliations et exactions, avoir été éloigné de sa famille et envoyé en centre de redressement entre 1972 et 1974 sur décision de ce directeur de camp, alors qu’il n’avait que 10 ans.

André Azni, de son côté, affirme que ce Maurice aurait fait signer à sa mère analphabète une décision de faire interner son père dans un asile. "On veut qu’il soit reconnu comme le bourreau des harkis", martèlent-ils. Ils ont retrouvé sa trace par hasard il y a deux ans et croient savoir qu’après avoir dirigé Bias, il s’est installé comme assureur à Barbezieux. "S’il passe là dans la rue, on le reconnaîtra sur le champ", n’en démordent-ils pas.

Pourtant, André Meuraillon, maire de la commune, n’a nulle part eu vent de cet homme: "Les gendarmes ont également fait des recherches mais cela n’a rien donné", ajoute l’édile qui a reçu hier Larbi Bouzaboun et André Azni. Mais qui reste circonspect sur la méthode employée: "Ils veulent faire du bruit et alerter la population." Cette façon de faire n’est pas non plus du goût d’Allaoua Reb, président de l’Association nationale des anciens supplétifs rapatriés d’Algérie (Anasra) qui vit à Cherves-Richemont: "Je les connais très bien tous les deux. Ils ne m’ont pas prévenu parce qu’ils savaient qu’ils n’auraient ni mon accord, ni mon soutien." Pour Alloua Rebaï, l’action de Larbi Bouzaboun et André Azni est cependant compréhensible: "Nous, les harkis, sommes victimes de notre sagesse.

Nous ne brûlons rien, nous ne cassons rien mais rien ne bouge pour nous alors l’action menée à Barbezieux, de mon point de vue, n’est qu’un début. Pour ce qui est de ce directeur de camp, c’est une histoire très ancienne. Il doit être très vieux, le bon Dieu se chargera de son cas." Jean-Claude Chaoua, délégué Poitou-Charentes de l’association Harkis et Pouvoirs publics n’avait pas non plus été prévenu.

Larbi Bouzaboun et André Azni sont repartis hier après-midi dans le Lot-et-Garonne.

Ils assurent être en train de monter un dossier chez un avocat d’Agen. "Nous portons plainte contre l’administration française et contre l’ancien directeur du camp de Bias", disent-ils. "Nous avons les preuves de tout ce que nous avançons." A l’approche du 25 septembre et de la journée nationale d’hommage aux harkis, le CLNH a décidé de frapper fort pour se faire entendre.

23/08/2016

 LA DRÔLE DE TRAQUE DES HARKIS À BARBEZIEUX

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