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Achour Baali : C'est une loi de réparation que les Harkis attendent

 

Politic Région : Comment avez-vous accueilli le discours prononcé par François Hollande hier aux Invalides ?

Achour Baali : Nous ne sommes qu'à moitié satisfaits. Le président Hollande a rappelé que les harkis ont été « privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d’Algérie" et que leur "abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République ». Il s'agit là d'un premier pas. Mais c'est insuffisant. Les Harkis attendent maintenant une véritable loi de réparation des préjudices que nous avons subis.

Rien n'effacera le souvenir des souffrances  

PR : Pourquoi une loi est-elle nécessaire ?

AB : Les mots s'envolent avec le temps. La réparation par la République des souffrances et des préjudices subis par les harkis passe obligatoirement par une loi qui en fixera le cadre, les modalités, les moyens. En 1962, des Français - je pense au prince Philippe de Mérode et à son épouse, au commandant Guy Caniot et à d'autres - se sont conduits admirablement. Mais tous les Harkis n'ont pas eu la chance de rencontrer de telles personnes. Rien n'effacera le souvenir des souffrances vécues à Rivesaltes, à Saint-Maurice-L'Ardoise et dans les autres camps. Mais la République doit aujourd'hui les réparer symboliquement et matériellement.

PR : Quand cette loi doit-elle être votée ?

AB : De toute urgence et sans tarder. Nicolas Sarkozy s'était engagé en 2007 à reconnaître la responsabilité de la France dans l'abandon des Harkis. Pendant cinq ans, il n'avait rien fait de concret. C'est seulement quelques jours avant l'élection présidentielle qu'il avait prononcé un discours en ce sens au camp de Rivesaltes. François Hollande ne doit pas faire la même erreur.

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L'hommage national au sacrifice des Harkis

Achour Baali, membre du Haut Conseil des rapatriés Harkis./T. G.

Achour Baalimembre du Haut Conseil des rapatriés Harkis./T. G.

 

Ce dimanche, à Toulouse et dans de nombres villes de France avait lieu la «journée nationale d'hommage aux harkis». Frédéric Rose, sous-préfet, directeur de cabinet de préfet de région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, préfet de la Haute-Garonne, assisté du Général Bellot des Minières, ont accompagné devant le monument de Philippeville Achour Baali, membre du Haut Conseil des rapatriés Harkis et président de l'association «mémoire d'hier et d'aujourd'hui pour demain».

Le cortège était composé de nombreux élus, la députée Catherine Lemorton, le conseiller régional et départemental, Michel Boussaton etJean-Jacques Mirassou, Jean-Luc Moudencmaire de ToulouseRayan Guenour procédait ensuite à la lecture d'un poème de Marie Quilichini.Achour Baali rappelait que la reconnaissance de l'abandon des Harkisdemeurait le combat du Haut Conseil des rapatriés harkis, précisant entre autre «Le gouvernement d'alors a livrés les Harkis en toute connaissance de cause à leur sort, à un massacre pour ceux restés en Algérie.» Frédéric Rose lançait ensuite le message du secrétaire d'État aux anciens combattants et à la Mémoire, auprès du ministre de la Défense, suivi du dépôt de gerbes devant la plaque commémorative. La cérémonie se terminait après le salut des autorités aux porte-drapeaux des associations au son du chant des Africains.

                                                                                                                             Th. G

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