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Fuveau (13) : les harkis veulent racheter leurs maisons

Ils souhaitaient présenter hier leur requête au sous-préfet, qui a annulé sa venue

Fuveau (13) : les harkis veulent racheter leurs maisons

Les harkis de Brogilum sont arrivés à Fuveau en 1962. Photos SERGE MERCIER

Madame Zinji, originaire d'Oran, est arrivée à Fuveau en 1962 avec sa mère. Son mari, aujourd'hui décédé, était de Chlef, en Algérie, cité qui se nommait Orléansville avant l'indépendance. "Il était militaire, caporal dans l'armée de terre française. Il a fait la guerre d'Indochine, puis celle d'Algérie. Ici, on est mal vu par les Français, on est mal vu par les immigrés. Quand on est venu, on était considéré comme des chiens", soutient Madame Zinji.

Feu le mari de Madame Zinji était donc un harki, ces supplétifs algériens restés loyaux à la France. En 1962, au lendemain des accords d'Évian du 18 mars qui marquent la fin de la guerre et l'indépendance de l'Algérie, 90 000 d'entre eux sont rapatriés sur le sol français. Beaucoup sont dirigés vers des camps de transit, comme celui qui existait à Fuveau, à l'extérieur du village, le long de la RN 96.

"Je suis arrivé en 1962, j'avais 6 mois, j'ai 54 ans aujourd'hui, détaille Rachid Bensot, qui habite cette cité dite Brogilum. Aujourd'hui, nous demandons de pouvoir racheter nos maisons un euro symbolique, nos parents et nous-mêmes avons payé des loyers pendant 40 ans."

À leur arrivée, les harkis de Fuveau ont été installés dans des baraquements détruits en 1975, quand ont été construites leurs habitations actuelles, maisons de plain-pied, au toit plat, faites à la va-vite. Ce sont ces bâtiments que les trente-deux familles harkis de Brogilum souhaiteraient pouvoir acquérir aujourd'hui.

"Il y a trois ans, nous avons fait un courrier, tout le monde avait signé, mais ils ont refusé de nous vendre." "Ils " ? A priori la société HLM Unicil, qui gère les lieux. "Nous avons renvoyé un courrier à Unicil en décembre, assure Chériet Aquila, présidente de la toute nouvelle Association Sauvegarde du Camp de Harkis Fuveau.

Mais nous n'avons pas eu de réponse." Chez Unicil, la chargée du patrimoine qui gère la cité de Brogilum assure ne pas avoir eu connaissance de cette missive. Quant au directeur, il était hier soir injoignable.

Arrêté de fermeture sur la salle commune

"Au camp de Bias, dans le Lot-et-Garonne, nous avons pu racheter nos maisons un euro symbolique en 1996", assure un harki qui avait fait hier le déplacement pour rencontrer le sous-préfet Serge Gouteyron. Celui-ci, occupé par ailleurs, a annulé sa venue à la cité de Brogilum dans la matinée. Il aurait toutefois reporté la rencontre à mardi prochain, 14 h 30.

Sera sûrement abordé lors de ce rendez-vous un autre souci soulevé par l'association présidée par Chériet Aquila : "Notre salle commune est sous le coup d'un arrêté de fermeture depuis le 30 septembre, le toit risquant de s'effondrer. En janvier, nous avons eu un décès dans la cité, nous avons dû nous recueillir sous une tente provisoire, par moins trois degrés", affirme-t-elle.

"La toiture s'effondre, nous allons faire des travaux, assure le maire Hélène Lhen. Nous avons déposé un permis pour aménager l'intérieur. Mais il y a un délai d'instruction, il faut lancer un appel d'offres... Nous ne pouvons garantir la date de la fin des travaux." Quant à l'acquisition des maisons par les trente-deux familles harkis de la cité Brogilum, le maire assure "être tout à fait d'accord, mais cela ne nous appartient pas, c'est l'office HLM qui est propriétaire".

Peut-être que, mardi prochain, la venue du sous-préfet permettra de faire avancer ce dossier.

Fuveau (13) : les harkis veulent racheter leurs maisons

François Rasteau

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