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Nîmes : même les harkis n'épargnent pas Fillon

François Fillon a rencontré à Nîmes une douzaine de harkis et rapatriés d'Algérie

Présidentielle 2017 - Politique - Nîmes : même les harkis n'épargnent pas Fillon

Jeudi après-midi à Nîmes. François Fillon se pensait en terrain conquis avec les représentants des rapatriés d'Algérie. Photo Bruno Souillard

 

François Fillon a soigneusement évité la foule jusque-là. En entrant dans la petite salle d'un hôtel du centre-ville de Nîmes, où l'attend une douzaine de harkis et rapatriés d'Algérie, les applaudissements nourris lui arrachent un sourire.

Sans détendre l'homme, à cran. Pas sûr que les "bon courage" laconiques, qui se succèdent lors de la séance de présentation, le renforcent dans ce parcours du combattant que le candidat LR s'est imposé. Mais François Fillon durcit chaque jour son cuir.

 

Fougue

 

"Je suis un ami, encore plus solidaire depuis hier", cajole Yves, un pied-noir, évoquant cette intervention où l'ancien Premier ministre annonçait sa probable future mise en examen. "On essaie de vous soutenir dans la mesure de nos possibilités. Pour ce qui s'est passé cette semaine, bon, on oublie", sourit délicatement son voisin.

 

L'atmosphère de cette escale en électorat conquis se voulait douce, amicale. Elle reste indiciblement contractée. Avec sa fougue, ses mots qui viennent d'instinct, Mathieu Arrag n'arrange rien. "La communauté harkie souffre, explique son représentant dans le Gard.

Nous attendons beaucoup de vous. Je ne vais pas mentir, je n'ai pas confiance en vous. À vous de nous faire confiance." Toussotements dans l'assistance. François Fillon est impassible, il en encaisse tous les jours.

 

Le terrain, maladroitement miné par Emmanuel Macron qui, en Algérie, a fait hurler les rapatriés en comparant la colonisation à un "crime contre l'humanité", lui est pourtant favorable. Mais ses mots mécaniques ne balaient qu'en partie le malaise. "Nous avons une dette qui n'a été assumée qu'en partie par les générations précédentes", note-t-il avant un piqué sur Macron et "sa faute majeure".

 

Larmes

 

Face à lui, une rapatriée d'Oran laisse filer ses larmes en convoquant "mon père docker, ma mère cigarière. Quel mal a-t-on fait pour faire de nous des barbares ?" Aux questions qui se pressent, cette reconnaissance, ce travail de mémoire réclamé comme on ferait son deuil, François Fillon répond proposition de loi "non suivie par la majorité parlementaire de gauche" et promesse de confiance mutuelle.

 

"Le projet de loi Teissier n'a même pas été signé par l'ensemble des députés de droite, lui oppose Yamina Chalabi, enseignante venue des Alpes-de-Haute-Provence.

 

Cela pose question. On nous dit divisés pour ne pas nous répondre. Non, c'est comme dans votre parti, nous sommes une polyphonie de voix." Même là, François Filon n'aura pas trouvé quelques minutes de bienveillance.

François Tonneau

LaProvence.com

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Honore 06/03/2017 23:40

Francois Fillon ne connait rien a la problématique des harkis je vous le dis tranquillement. J'ai eu l'occasion de le rencontrer il y a quelques mois à l'invitation de son conseiller qui vient de remplacer Stephanini. Franchement si les harkis croient encore la gauche et la droite vous pouvez encore révez! Pour une simple raison beaucoup de députés ne veulent pas se mettre à dos les immigrés algériens car il pense à juste titre ou non que les immigrés algériens seraient en colére si des mesures spécifiques etaient prises en faveur de la communauté