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L’engagement de Mireille Brun pour la mémoire des Harkis Rigny-sur-Arroux (71)

Lundi, Mireille Brun a été élevée au grade de Chevalier de l’ordre national du Mérite en raison de son engagement en faveur de la mémoire des Harkis.

Messaoud Guerfi épingle l’insigne de Chevalier de l’ordre national du Mérite à Mireille Brun. Photo Alain Lardy

 

La cérémonie a eu lieu lundi matin, à la salle multi-activités de Rigny-sur-Arroux. Habitant le village depuis 1983, Mireille Brun s’est fait épingler l’insigne de Chevalier de l’ordre national du Mérite, des mains de Messaoud Guerfi, président de l’Union nationale des Harkis.

 

En 1993, un ancien Harki meurt de froid à Digoin

Née le 10 janvier 1955 à Sail-sous-Couzan (42), Mireille Brun s’investit bénévolement au sein de l’association locale des Harkis Sud Saône-et-Loire : elle en assure la présidence depuis 1994.

L’année précédente, c’est une histoire tragique qui l’amène à se mobiliser : un ancien Harki habitant Digoin, M. Beloufa, meurt de froid alors qu’il réside dans des logements d’urgence, rue du Bac.

Pourtant honorablement connu, cet homme est inhumé dans la fosse commune du cimetière local. « Une situation inadmissible pour moi et les compatriotes de cet ancien soldat, s’indigne encore Mireille Brun. Des démarches administratives nous ont enfin permis d’offrir à M. Beloufa, une sépulture digne de ce nom. »

 

Récompensée à la suite d’une initiative citoyenne

Messaoud Guerfi a estimé que cet investissement devait être récompensé : un dossier a ainsi été transmis au préfet de Saône-et-Loire, qui a ouvert une enquête administrative. Grâce à cette initiative citoyenne, la proposition pour le grade de Chevalier de l’ordre national du Mérite a été classée recevable.

 

Vice-président de l’ordre national du Mérite, Jean-Henry Lautrey était également présent à cette cérémonie.

 

L’ordre national du Mérite est un ordre universel français institué le 3 décembre 1963 par le Général De Gaulle. Il récompense les mérites distingués acquis soit dans une fonction publique, civile ou militaire, soit dans l’exercice d’une activité privée.

 

Du fait de son investissement, Mireille Brun a été proposée à cette nomination à la suite d’une initiative citoyenne : il s’agit d’une procédure française introduite en 2008, stipulant que tout citoyen estimant qu’une personne devrait bénéficier de cette nomination, peut indiquer son nom en informant le préfet du département.

Alain Lardry (CLP)

23/08/2017

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Cliquez sur l'Origine de l’ordre national du Mérite

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Guy REGAZZACCI 24/08/2017 22:34

Bonjour, Je connais de très nombreuses personnes qui ont été décorées de cette médaille, parmi elles, des Pieds Noirs et des Harkis bien sur. Je suis sur que la plus grande majorité de celles-ci ne savent pas que c'est 2 gol qui a initié cette création. En partant de la réflexion de "Mamoune34" il faudrait donc refuser tout ce que 2 gol a créé en 1945 et ensuite de 1958 à 1968. De nombreuses lois sociales dont bénificient les Pieds Noirs et les Harkis, encore de nos jours. Que l'on soi anti-2gol ou pas c'est ainsi.

Mamoune34 24/08/2017 14:30

Accepter cette décoration c'est comme l'accepter du Général lui-même dont certains ne veulent même pas prononcer son nom.
Les Pieds-Noirs et les Harkis ont été trahis par le Général et ses sbires.
La situation est amusante.
Ce qui n'enlève rien au mérite de tous ceux qui oeuvrent pour la solidarité, la paix, l'amour fraternel.

sadouni 24/08/2017 14:08

Ah ! Cette nuit là, celle du vingt-cinq au vingt-six février 1964, je me rappelle comme si c'était hier. À deux heures du matin, je descendis du train et longeais le quai de la gare de Dijon. Il faisait froid, très froid, il y avait un brouillard glaçant, habillé d'une légère veste pour me couvrir. J'étais sonné par un long voyage de trois jours et trois nuits sans dormir ! Par manque de sommeil, je me suis mis à marcher au hasard dans les rues de la grande ville encore endormie. Face au froid si vif, je perdais toute réaction et m'assoupis deux longues heures dans un coin d'une petite rue. Le froid mordant me pénétrait le corps et me glaça les pieds et les mains. J'essayais de luter contre cet hiver de la Bourgogne. Il gelait dur ce matin-là !
J'ai dû errer de longues heures ici et là dans ces petites ruelles pour me réfugier enfin dans un café.
La patronne qui avait remarqué mon état physique affaibli par la fatigue et le froid me réconforta avec un grand bol de lait chaud et des croissants en cette matinée du 26 février 1964.