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L’histoire des « harkis » de Mirande devant la Société archéologique du Gers (32)

Le 2 août dernier, la Société archéologique, historique et littéraire du Gers tenait à Auch sa réunion mensuelle.

Parmi les communications présentées au public figurait une intervention d’Henri Calhiol en charge du secteur mirandais, portant sur une page d’histoire locale gersoise qui se confond avec l’histoire nationale : celle des « harkis » du hameau de forestage de Mirande.

 

Malgré des progrès notables, la question des « harkis » reste encore insuffisamment connue de nombre de nos concitoyens, raison pour laquelle les gouvernements successifs multiplient les initiatives mémorielles.

Si la connaissance du drame qu’a constitué ce volet de la guerre d’Algérie a bien évolué depuis quelques années grâce à la recherche, il restait à écrire l’histoire de ceux qui vécurent à Mirande de 1962 à 1971.

 

 C’est donc une synthèse de ses recherches qu’a présenté l’orateur, son travail final devant être publié dans un prochain bulletin de la SAHG. Il a répondu à quatre questions essentielles :

Qui étaient donc précisément ces réfugiés ?

Comment étaient-ils arrivés à Mirande et pourquoi Mirande ?

Comment vécurent-ils là ? Que sont-ils devenus ?

 

Il a mis plusieurs points saillants en exergue : il s’agissait bien de citoyens français qui furent accueillis dans l’impréparation la plus totale, au Larzac comme à Mirande, sous des statuts individuels variés qu’on englobera sous le qualificatif commode mais inexact de « harkis ».

 

Les hameaux de forestage ne furent qu’un des moyens utilisés pour le reclassement de ces réfugiés qui passèrent au second plan lors de l’arrivée massive de « Pieds-Noirs » au cours de l’été 1962. 

 

La population de ce bien singulier quartier connut un perpétuel brassage  et les plus jeunes s’intégrèrent plus rapidement à la société métropolitaine que les adultes, peut-être parce que ce hameau fut un des deux seuls sur les 75 qui ont existé en France à avoir été implanté en agglomération et peut-être également parce que Mirande accueillait ainsi, après les épisodes de 14-18 et de 39-45, une troisième vague de réfugiés, eux aussi déplacés pour fait de guerre.

Tous ne partiront pas en Corse lors du démantèlement survenu en 1971 et plusieurs familles feront souche, parfaitement intégrées et devenues gasconnes, à Mirande et dans la région.  Une lacune dans la connaissance de l’histoire locale gersoise et mirandaise est ainsi comblée.

En septembre 2016 une cérémonie du souvenir s'est déroulée à Mirande et à Berdoues.

A cette occasion plaque et stèle commémoratives ont été installées sur les lieux.

Michel Hamon - Le 11 août 2017

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