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Guerre d’Algérie : Mémoire des traumatismes du 11 octobre 2017 à Paris

«Traumatisme des mémoires et mémoire des traumatismes. Autour de la guerre d’Algérie», tel était le thème d’un colloque récemment organisé à l’hôpital européen Georges Pompidou (Paris).

 

A chaque anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne, dont nous célébrons, ce 1er Novembre 2017, le 63e anniversaire, le thème de la violence et du déchirement humain a une résonance particulière. Les conséquences brutales de la spoliation que représente la colonisation sont appréhendées jusque dans des catégories sociales insoupçonnées, au-delà des colonisés proprement dits, tant l’asservissement joue sur des ressorts subtils de domination.

 

La Société franco-algérienne de psychiatrie a organisé un colloque dans le but de «contribuer à mieux comprendre pourquoi cette guerre continue de produire des effets particuliers sur la mémoire. Quels en sont les mécanismes, les processus en cause  ?» Ses initiateurs ajoutaient qu’«il semble assez clair que la mémoire individuelle interagisse en lien étroit avec les représentations collectives et la manière dont sont traités les événements historiques par le corps social tout entier».

 

Et qu’«il est probable qu’elle soit également soumise à de nombreuses influences, évolutions et modifications que lui imprime ‘‘la conscience’’ (et/ou l’inconscient) collective. Il y a intrication entre traumatismes, mémoire individuelle, mémoire collective et mémoire historique dans des interactions et enchevêtrements multiples».

 

«Ces phénomènes peuvent être appréhendés en tenant compte des mécanismes neuro-psychologiques de la mémoire mais, à l’inverse, il est difficile de comprendre ces mécanismes sans prendre en compte les influences sociales et collectives». Il est donc d’emblée essentiel de «souligner la nécessité d’aborder ces questions de manière pluri et interdisciplinaire.

 

Une lecture qui consisterait à réduire les traumatismes de la mémoire à une configuration personnelle singulière ou celle encore qui relèverait d’une démarche exclusivement sociale et politique, au risque de dissoudre l’expérience subjective personnelle dans une approche historique globalisante, risque d’être restrictive et réductrice».

 

Aussi «au même titre que l’existence d’une problématique individuelle en rapport avec les états post-traumatiques, pourrait-on invoquer une forme de traumatisme propre à la société toute entière pour expliquer certaines manifestations de souffrance individuelle. On voit là toute la complexité de ces questions auxquelles la psychiatrie est soumise».

 

«Un silence général embarrassé»

 

Il s’agissait d’avoir les avis des analystes et regards d’historiens, de neuro-psychologues, psychiatres, universitaires, écrivains... pour «tenter de comprendre un peu mieux les particularités liées à la guerre d’Algérie et pourquoi elle demeure l’objet d’un silence général embarrassé». Et pour illustrer cette forme «d’amnésie collective» (NDLR : en France), il est assez significatif de constater la rareté des travaux des psychiatres des deux pays sur cette question essentielle, «contrairement à d’autres guerres ou conflits qui ont donné lieu à une littérature scientifique plutôt abondante».

 

Parmi les interventions, «L’articulation mémoire individuelle/mémoire collective», par Denis Peschanski (directeur de recherche au CNRS-France); «Lien entre le traumatisme colonial, son omniprésence dans le présent et l’impossible mémoire collective», par Pascal Blanchard (chercheur LCP/CNRS et Groupe de recherche Achac) ; «La guerre de Libération nationale (1954-1962) dans la mémoire des Algériens», par Mohand-Amer Amar (historien, chercheur au Crasc, Oran).

 

Ou encore, «Les immigrés algériens en France pendant la guerre d’Algérie. Traumatismes et identités», par l’historien Benjamin Stora ; «Retour sur le modèle du traumatisme historique, à propos du vote Front national chez les pieds-noirs» ; enfin, «Harkis : rapatriés ou réfugiés  ? L’épreuve d’une identité singulière» par Fatima Besnaci-Lancou (historienne).

Nous reviendrons dans ces colonnes sur quelques-unes de ces interventions.

31/10/2017

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lisem 08/11/2017 14:38

Quel est l’objectif de ce colloque ? Et surtout de ces « franco-algériens », beaucoup plus algériens nationalistes que Français convaincus. Sans remettre en causes leurs traumatismes liés plutôt à la politique algérienne de leur pays gouvernés par des tyrans et des usurpateurs de la révolution Algérienne, il est curieux que le réel traumatisme subi par les harkis et leurs familles notamment par le massacre en Algérie de plus de 150 000 personnes, et le traitement lié à une politique de négligence de l’Etat français, deviennent aux yeux de Mme Benasci-Lancou, fille de Harki, un problème de statut de« réfugiés ».
Et n’oublions pas que jusqu’à ce jour les insultes de la communauté algérienne à l’égard des harkis « collabos, traites » font partis également du traumatisme que subi aujourd’hui les enfants et petits enfants de harkis. !
Ces franco-algériens ont déjà usurpé les dispositifs d’emploi et de formations professionnelles ainsi que les postes à tous les niveaux (Ministre, députés, préfet…). Aujourd’hui ils veulent aussi la Réparation ?
La question du traumatisme de la communauté Rapatrié Musulmane n’a aucun rapport avec ce type de rencontre-débat qui consiste clairement à vouloir usurper « financièrement » le combat actuel des harkis sur la question de la « réparation ». Soyons très vigilants !!!!

1962 05/11/2017 22:27

Ce colloque sur les traumatismes de la guerre d'Algerie organisé par des algériens ou des Franco algérien devenus français sur le tard ne concerne pas la comunauté des Rapatriés souvent maltraitée par ces gens. Le journal nationaliste algérien El Watan qui relate cette rencontre nous informe qu'une intervention a porté sur les harkis intitulée: «Harkis: rapatriés ou réfugiés? L’épreuve d’une identité singulière» par Fatima Besnaci-Lancou.
Voilà un sujet qui semble inutile voir déplacé dans ce genre de réunion fait par des algériens. Qu'ils commencent à reconnaître le drame des Harkis livrés désarmés au massacre et qu'ils cessent de les insulter de "traîtres".
C'est là un préalable non négociable.