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Les pieds-noirs cherchent à fonder un - ÉTAT- en France ou en Algérie

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C’est une démarche pour le moins insolite que celle que sont en train d’entreprendre les Pieds-noirs, ces rapatriés français d’Algérie. Ils viennent de créer leur «gouvernement provisoire» et autres «institutions étatiques», en attendant d’acheter un «bout de terrain» pour y fonder leur entité.

Les Pieds-noirs sont un patchwork d’Européens (à grande majorité français mais aussi maltais, espagnols, belges…) ayant vécu en Algérie pendant plusieurs décennies, mais qui ont été rapatriés par la France, en 1962, dans la foulée de l’indépendance et de la fin de la guerre d’Algérie. Au même titre d’ailleurs que les Algériens de souche qui collaboraient avec les colons, à savoir les Harkis, et que la France a été obligée d’emporter dans ses valises pour leur éviter la vindicte populaire. 

Le cas catalan en Espagne ayant fait des émules, dès le début de cette année, plusieurs intellectuels et activistes français du dit «peuple pied-noir» ont décidé la création d’un «gouvernement provisoire pied-noir en exil», qui vient d’ailleurs d’être nommé à Lattes, près de Montpellier. Un acte, pris dans un café-restaurant, qui se veut une réminiscence du passé voire une tentative de légitimation en calquant les historiques gouvernements provisoires du général de Gaulle à Londres et algérien des Ferhat Abbas et Ben Bella exilé au Maroc.

 Toutes les institutions «formelles», nécessaires pour cet hypothétique nouveau-né, appelé «Fédération des deux rives» (de la Méditerranée et de la Mer noire), et dont le président est un astrophysicien du nom de Pierre Granès, ont été prévues (drapeau, hymne, parlement, services secrets –Eh oui !...). Il ne reste plus qu’à nommer les «ambassadeurs», le temps de trouver un «terrain à vendre» (200 à 300 hectares suffiront à ce «peuple» qui revendique 5 millions d’âmes). D’ailleurs deux missives ont été adressées aux présidents français Emmanuel Macron et algérien Abdelaziz Bouteflika, par le gouvernement pied-noir, pour lui octroyer un lopin de terre où aménager sa future entité.

 Interpellé par le quotidien régional Midi Libre, le constitutionnaliste français, Dominique Rousseau, ne voit dans cette démarche que du pipeau.

À moins que les Pieds-noirs ne cherchent à créer un «territoire privé», qui n’aura tout simplement aucune once de légitimité juridique. Autre argument massue du professeur Rousseau : «Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne conduit pas à revendiquer automatiquement un État.» Un argumentaire à méditer par les Algériens qui ne jurent que par le prétendu «peuple sahraoui», en attendant de connaître la suite qu’ils donneront à la demande du «peuple pied-noir».

Une demande qui n'est pas aussi ubuesque qu'il ne le paraît, compte tenu du fait que le mot même "Algérie" est l'œuvre de ces Pieds-noirs.

Par Mohammed Ould Boah

05/11/25017

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Le nouvel État, baptisé “Fédération des deux rives”, est présidé par Pierre Granès, astrophysicien. Il comprend une assemblée nationale, composée de trente-cinq “députés désignés”. Elle est présidée par Christian Schembré, président montpelliérain de l'Association pour la promotion du peuple pied-noir.

Son gouvernement est composé de 13 ministres, dirigé par Jacques Villard, cofondateur, en 1973, du Cercle algérianiste, également porte-parole.

"Ils ne constituent pas un peuple"

Professeur de droit constitutionnel, Dominique Rousseau analyse les éléments sur lesquels s’appuient, au travers de différents courriers, les promoteurs de l’initiative pour motiver la création d’un “gouvernement provisoire pied-noir en exil”.

Ils revendiquent dans leurs missives le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Soit, mais encore faut-il que les pieds-noirs soient juridiquement reconnus comme un peuple à part entière, comme les Kurdes par exemple qui en ont les éléments caractéristiques.

À mon sens, ce sont des citoyens Français qui se sont installés à un moment donné en France”, commente-t-il.

Pas un peuple “comme les Kurdes”

Son décryptage s’attache ensuite sur un second élément, “induit par le premier point”. “Les pieds-noirs n’ont pas de territoire. Parce que, précisément, ils ne constituent pas un peuple. Leur territoire est celui de leur nationalité, la France. Ils ne peuvent donc pas se dire en exil.” Le juriste poursuit : “Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne conduit pas à revendiquer automatiquement un État.

Dominique Rousseau trouve la démarche de créer un gouvernement provisoire “surprenante”. “Le gouvernement en exil, c’est de Gaulle, à Londres, lorsque son propre territoire est occupé. La première chose qu’il avait faite, ça a été de montrer qu’il avait un territoire. Là, il n’y a de base ni constitutionnelle, ni juridique, ni territoriale. Certes, les initiateurs de ce gouvernement en exil précisent bien qu’ils n’ont pas de territoire, puisqu’ils parlent de négociations pour en acquérir un.

Tout au plus un “territoire privé”

D’ailleurs, l’acquisition d’un territoire, selon lui, ne ferait de celui-ci qu’un “territoire privé”. Un territoire qui n’aurait “aucune compétence juridique pour édicter des règles, un code civil, un code pénal. C’est à mon sens juridiquement impossible.

La création de notre État s'appuie sur la Convention de Montevideo du 26 décembre 1933 qui officialise le droit des peuples à se constituer en État. Or, le peuple pied-noir est une réalité de 5 millions d'âmes, dont 1,3 million résidant en France”, explique Jacques Villard, installé à Faugères, dans l'Hérault.

L'initiative est poussée très loin. Le nouvel “État” s'est doté d'un Service de renseignement et de sécurité (Seres). Des “ambassadeurs” seront progressivement nommés. Il est doté d'un drapeau et d'un hymne. Et s'apprête même à disposer d'un premier territoire. “Un État peut se créer s'il y a unité d'esprit, de langue, d'histoire et de territoire”, rappelle en préambule le porte-parole du gouvernement provisoire pied-noir en exil. “Concernant le territoire, nous sommes en train de l'acheter. Notre recherche se concentre entre Gênes et Alicante. Nous travaillons sur plusieurs propositions. Nous souhaitons nous installer sur au moins une centaine d'hectares.

“Nous recherchons un territoire”

 

Le territoire, c'est l'enjeu majeur. “Nous venons de signer un compromis de vente pour l'acquisition d'un terrain de 285 ha au nord de Montpellier, du côté de Viols-le-Fort. Ce sera notre première ambassade”, commente Jacques Villard. Un “premier bout de terre”, ajoutera un participant à la réunion de Lattes. Pourrait-il se trouver en Algérie ? “Si l'État algérien l'accepte, je prends tout de suite l'avion pour Alger !

Un courrier a été adressé, le 30 mai dernier, via son ambassadeur à Paris, au chef de l'État algérien, Abdelaziz Bouteflika. Une missive a également été envoyée, le même jour, à Emmanuel Macron, le Président français. “Nous leur avons officiellement transmis une demande de rendez-vous afin de présenter notre initiative.Jacques Villard y insiste : “La création d'un État pied-noir n'est pas faite pour regarder vers le passé, malgré les années de souffrance et l'exode. Nous regardons devant. Notamment vers deux pays : la France, notre mère patrie, et l'Algérie, notre berceau.

Par KARIM MAOUDJ

31/10/2017

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Leray 08/08/2018 02:17

Algériens de souche...cela ne veut rien dire..Et les juifs berbères et séfarades là dedans.
Le mot collaborer avec les colons est scandaleux...On rappellera que c'etaient des départements Français à l'époque.
Les pieds noirs sont en exil ici comme les harkis...Ce juriste raconte n'importe quoi...Ils sont de lointains cousins aux Français...avec des coutumes qui n'ont rien à voir avec les Français...Le mot ethnie semble approprié...

1962 08/11/2017 23:57

Petite supposition.
Si ce gouvernement provisoire pieds noirs s'installe dans un terrain acheté en France, il pourrait demander que son petit État soit reconnu comme celui de la principaute de Monaco ou d'Andorre. Ensuite, il pourrait envisager d'intégrer l'Europe. Enfin, s'il obtenait sa souveraineté il serait libre d'accorder ses propres visas. On aurait alors une déferlante d'algériens qui iraient jusqu'à demander la nationalité "pieds noirs" comme ils sont actuellement des millions à réclamer celle française. Quel retournement de l'histoire!!