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Les Harkis et leurs descendants ont toujours la plaie à vif

Une vue des tentes sur le terrain militaire de Bourg-Lastic qu’occupèrent pendant quatre mois quelque 5.000 hommes, femmes et enfants, dont onze décédèrent. Leurs tombes sont toujours visibles sur les lieux. © archives La Montagne

Le Cessez-le-feu en Algérie est une date maudite pour les Harkis. Abandonnés par l’armée française, 60.000 à 70.000 d’entre eux furent massacrés après le 19 mars 1962. Le 24 juin, pourtant, 5.000 miraculés débarquèrent au camp militaire de Bourg-Lastic

Cinquante-six ans après, la plaie est toujours à vif. Le 12 mai 1962, Pierre Messmer expédiait aux autorités françaises d'Alger un télégramme d'une inhumanité confondante, lourde de conséquence. Le ministre des Armées du général De Gaulle ordonnait « le rapatriement sans délai » en Algérie de tous les harkis réfugiés en France pour fuir les représailles du FLN (Front de Libération Nationale). Quant à ceux qui n'avaient pu saisir l'opportunité de gagner la France, pas question de faire ce que l'on refusait aux premiers. 60.000 à 70.000 furent exécutés par le FLN.

« Le dossier est toujours épineux », confie aujourd'hui Mohamed Taiffour, président régional d'Ajir pour les Harkis (*).

Comprendre que le 19 mars 1962, date officielle du Cessez-le-feu en Algérie, ne signifie rien, sinon le pire, pour les survivants et les descendants des 200.000 à 400.000 supplétifs autochtones de l'armée française. C'est plutôt le 12 mai 1962, « jour d'abandon », jour du terrible télégramme qu'Ajir entend commémorer.

Mohamed Taiffour, fils de harkis et ouvrier d'État aux ateliers militaires des Gravanches, s'est assigné le « devoir de mémoire » mais, reconnaît-il, les 50 adhérents de son association ont fort à faire pour contrebattre l'oubli ou l'indifférence des jeunes générations.

42.500 hommes, femmes et enfants parvinrent à rallier le rivage français, dirigés vers sept camps dits « de transit et de reclassement », dont 5.000 sous les tentes du camp militaire de Bourg-Lastic, de juin à septembre 1962.

On y déplora le décès de onze enfants. Une tragédie qu'Ajir rappellera le dimanche 24 juin, à partir de 10 heures, dans l'enceinte du camp militaire en organisant un dépôt de gerbes et un repas en présence du général François Meyer, du 23 e régiment de Spahis.

(*) Association Justice Information Réparation pour les Harkis.

Jean-Paul Gondeau

20/05/2018

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firech 25/05/2018 23:57

L'article du journal régional La Montagne écrit: " Abandonnés par l’armée française, 60.000 à 70.000 d’entre eux furent massacrés après le 19 mars 1962.".
Non, ce n'est pas 60 à 70000 morts mais bien plus, au moins 150000 selon les chiffres officiels.