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La reconnaissance pour panser les plaies des petits-enfants de harkis à Beaucaire (30)

- Mis à jour, le 27 Octobre 2019 à 16 h 00 ' -

Léila (gauche) et Aouda (droite, cheveux tirés)

Deux petites-filles de harkis militent en souvenir de leur héritage familial.

Des démarches, des hommages, comme la journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives commémorée le 25 septembre, ravivent les plaies toujours à vif d’Aouda et de Leïla, deux Beaucairoises de 49 et 58 ans, petites-filles de harkis.

Leur héritage familial renferme les souvenirs de leurs grands-parents, de leur arrivée en métropole à l’indépendance de l’Algérie vers 1962. Elles partagent avec les autres descendants de harkis la certitude que ces souffrances sont pratiquement occultées dans la mémoire historique alors qu’elles voudraient les voir intégrées aux événements étudiés et débattus à travers l’éducation et la culture.

Aouda se rappelle sa mère, son image d’une France propre, puis l’installation familiale dans un camp réservé aux Français musulmans d’Algérie. Tous n’ont pas choisi l’exil, parfois subi sous la menace, mais tous, avant le signe salvateur de la Croix-Rouge à l’arrivée, craignent le pire.

Dans les guitounes des camps de transit, c’est "la discipline, le pouvoir hiérarchisé, la promiscuité, l’insalubrité, la précarité sanitaire, sociale et économique. De nombreux enfants sont déscolarisés, les familles souvent séparées". Leïla évoque les recherches effectuées pour retrouver les quelques sépultures identifiables des occupants des camps décédés de malnutrition et d’épidémies, fréquentes vu les conditions propices à leur propagation.

Avec de nombreux chercheurs, elles constatent que le rapatriement des combattants algériens n’a pas été anticipé par la France, qui les a alors accueillis dans des conditions temporaires.

Les difficultés d’une survie aléatoire s’ajoutent à l’humiliation larvée figurée par l’image de trahison attachée à leur communauté. Aouda et Leïla déplorent le silence qui entoure ces événements, gomme ces souffrances et porte ombrage aux descendants de cette génération. Même si la communauté harkie se fond peu à peu dans le métissage, elles veulent, par leur témoignage et celui de tous ceux qui partagent le même héritage, déclencher la reconnaissance de cette souffrance humaine.

Aouda insiste, "c’est l’ignorance qui induit la méfiance et le mépris, c’est la connaissance qui pansera les plaies". La reconnaissance des épreuves subies par les combattants algériens et leurs familles contribuerait à effacer de l’inconscient collectif une image pernicieuse pour leurs descendants, et viendrait définitivement estomper leur amertume.

 "C’est l’ignorance qui induit la méfiance et le mépris, c’est la connaissance qui pansera les plaies" Aouda (petite-fille de harki)

26/10/2019

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Guy Regazzacci 29/10/2019 11:16

Bonjour à tous,

Simple détail, il me semble que vu leur âge, ce sont des filles de Harkis et non des petites filles de Harkis qui s'adressent au journaliste.

Sinon, ce qui est relaté est l'exacte vérité, hélas, pourront nous dire...

Par ailleurs, il mes semble que nul n'est besoin de "chercheurs" pour savoir que rien n'avait été anticipé pour le rapatriement des Harkis et de leurs familles.

C'est 2 gol et ses sbires -fidèles serviteurs zélés- qui avait décidé de ne plus avoir affaire à (dixit 2gol) "Ce boulet d’auxiliaires qui n'ont jamais servi à rien".
Pour en être convaincu, il suffit de lire les 2 télégrammes des ministres Messmer et Joxe, dont le premier est du 12 mai 1962.

Toutes les déclarations autres de 2 gol laissent à comprendre que tous les habitants d'Algérie ne le préoccupe plus; qu'il s'agisse des Pieds Noirs, des Juifs, des Arabes en général, fidèles à la France ou pas.

Pour ce qui est de désigner les Harkis comme "Traîtres", cela provient du gouvernement algérien et de quelques Français d'extrême gauche ou d'anciens porteurs de valises du F.L.N

Pour ce qui est de l'état Algérien, il ne changera jamais de position sur ce problème, c'est pour cela que nos dirigeants ou certains pseudos historiens comme Stora ou Daum qui parlent de mémoire apaisée se trompent lourdement.
Tant que cette position tranchée sera maintenue, il sera impossible de s'entendre selon moi.

Harkamicalement.

revoltes75 29/10/2019 11:12

Ces braves femmes mènent un combat pour la reconnaissance et contre l'ignorance de l'histoire des rapatriés musulmans. Elles méritent d'être encouragées.