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Sainte-Livrade (47) : les harkis obtiennent l’annulation de la projection du film « Résistantes »

- Samedi 23 Novembre 16 h 30' Article Complet -

Le film devait être présenté ce samedi à 17 h 30 à l'Utopie, en la présence de Fatima Sissani, la réalisatrice. Propos recueillis par Julien Pellicier.

Le film « Résistantes », de Fatima Sissani, devait être projeté ce samedi à 17 h 30 à l’Utopie, en la présence de la réalisatrice.

Les harkis, avec leur discours menaçant des derniers jours et mobilisés sur place, ont obtenu l’annulation de la projection du film « Résistantes », de Fatima Sissani, qui devait être présenté ce samedi à 17 h 30 à l’Utopie, en la présence de la réalisatrice.

L’œuvre évoque le parcours de femmes proches du FLN durant la Guerre d’Algérie. Vendredi, en fin de matinée, après une réunion avec la gendarmerie et des représentants de la communauté harkie, le cinéma a pris la décision de céder à la pression, par principe de précaution.

« L’Histoire encore trop douloureuse »

« Nous souhaitions donner la parole à des femmes engagées, d’hier à aujourd’hui. Mais il semble malheureusement que l’Histoire soit encore trop douloureuse pour pouvoir engager un dialogue serein. Nous n’avions pas d’autre objectif que d’ouvrir un espace de dialogue, respectant la dignité de tou.te.s, et surtout pas d’encourager des discours haineux, encore moins des actes de violence. »

André Asni, très menaçant dans nos colonnes cette semaine, s’est dit « satisfait » que le film ne soit pas projeté.

23/11/2019

Réaction de Fatima Sissani

Lot-et-Garonne. Interview avec Fatima Sissani : « Je veux plus que jamais débattre de ce film »

Fatima Sissani : « La communauté harkie, elle, ne me fait pas peur car je ne nourris aucune haine envers elle. Au contraire. » ARCHIVES "SUD OUEST"

Fatima Sissani réagit aux menaces des harkis qui pèsent sur la projection de son film « Résistantes » à Sainte-Livrade, ce samedi

Les Apéros d’Origine Contrôlée (AOC) de l’Egalité, organisés par lAfils en Nouvelle-Aquitaine, font étape au cinéma l’Utopie de Sainte-Livrade aujourd’hui à 17 h 30 (1).

La programmation de ce documentaire donnant la parole à trois femmes ayant rejoint le FLN durant la Guerre d’Algérie a fait réagir des représentants des harkis qui se sont montrés clairement menaçants (note édition de jeudi 21 novembre). La réalisatrice, Fatima Sissani, réagit à son tour.

De quoi traite votre film, « Résistantes », qui sera diffusé samedi à l’Utopie de Sainte-Livrade ?

De la colonisation de l’Algérie par la France et de la Guerre d’Algérie à travers l’itinéraire de trois femmes : une femme d’origine française qui est fille de colon, une femme appartenant à la communauté juive et une ‘‘algéro-algérienne’’ qui ont rejoint le FLN pendant la guerre d’Algérie.

Avez-vous été surprise par l’hostilité affichée par la communauté harkie en apprenant cette projection ?

Je ne sais pas si Monsieur Asni représente toute la communauté harkie… Je suis très choquée par la violence incroyable de ses propos alors même qu’il n’a pas vu le film dans lequel, d’ailleurs, il n’est jamais question des harkis…

Ça, je ne comprends pas. C’est complètement délirant. Je ne comprends pas non plus quand il dit « Ici, chez nous, en France » car c’est aussi chez moi.

Je suis franco-algérienne depuis plus de 43 ans. Je vis en France. Je suis Française et Algérienne. Et quand bien même je ne serais qu’Algérienne, je considère que l’on peut travailler et faire les documentaires que l’on souhaite.

Que l’on en débatte ensuite me paraît naturel… S’ils veulent opérer une OPA sur la Guerre d’Algérie, ce n’est pas possible. Cet épisode fait partie de l’histoire de France.

Le traitement réservé par la France aux Harkis est par ailleurs absolument honteux. Et je ne vois pas comment on peut parler de la guerre d’Algérie sans parler du FLN qui en a été un acteur incontournable. Que ces gens regardent le film avant de tenir des propos d’une telle violence.

Au cours de votre carrière de réalisatrice, avez-vous déjà connu de telles menaces de censure ?

Jamais.

Dans quel état d’esprit viendrez-vous à Sainte-Livrade aujourd’hui ?

Je veux plus que jamais débattre de ce film. Il est hors de question que je réponde aux tentatives d’intimidations et de censure de qui que ce soit.

La seule chose qui m’inquiète est l’éventuelle présence de sbires du Front national en ces temps de racisme décomplexé.

La communauté harkie, elle, ne me fait pas peur car je ne nourris aucune haine envers elle. Au contraire, j’éprouve une très grande compassion pour ce que ces personnes ont subi.

J’espère donc qu’ils et elles viendront nombreux, nous avons une histoire en commun. Et ils et elles pourront ainsi se rendre compte que ce film n’est en aucun cas contre eux.

(1) Projection à 17 h 30 (5 euros) suivie d’un débat. Elle ne sera pas accompagnée d’invités, comme initialement prévu.

23/11/2019

 

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SALEM BOUAKKAZ 24/11/2019 10:29

ne laissez pas cela se dérouler,qu'elle aille passer et debattre de son film ailleurs qu'a ste Livrade,d'ailleurs il n'y a plus que la communauté Marocaine à Ste Livrade,tout le monde a fuit ce patelin,même les commerces sont Marocains,pas de soucis ,je n'y vis pas mais les Harkis de la région ne doivent accepter cette provocation,ce film doit être subventionné par la région, le département,l'état alors que ceux ci nous dénigrent depuis 60 ans .

revoltes75 23/11/2019 22:30

La réalisatrice qui a le part belle dans 'la presse locale contrairement aux associations de rapatriés harkis parle d'une des Résistantes comme étant une ‘‘algéro-algérienne’’. Ça veut dire quoi?

mémoire des camps 23/11/2019 21:56

Bonjour,

Merci pour cette information.

Mais les premières victimes de la guerre d'Algérie sont les familles de harkis et LEURS ENFANTS

Ne pas oublier les créations d'unités de supplétifs de l'armée française, au service d'armée française avec une solde de civil, des civils au service de l'armée française.

Ne pas oublier les fameux télégrammes de Joxe et de Mesmer du 12 mai 1962, ordre d'abandon et massacre.

Ne pas oublier que les familles de harkis sont entrées en métropole "France" dans les cales des bateaux.

Merci aux officiers qui ont désobéi AUX ordres du gouvernement français.

Merci d'avoir sauvé ces familles de harkis, du massacre.

Vous avez oublié l'accueil dans les camps de transit et reclassement.

LE LARZAC, ST MAURICE, LA RYE, BOURG-LASTIC, RIVESALTES, BIAS
Vous avez oublié les 146 morts du camp de rivesaltes de la métropole.

Les 70 morts du camp de st Maurice L'Ardoise, en Métropole.

Les 11 morts du camp de Bourg-Lastic, en Métropole.

Les 6 morts du camp de la Rye, dans des camps en Métropole "France"

Ne pas oublier les conditions indignes du camp de Bias en lot et Garonne" Métropole" le Centre Accueil Rapatries d'Algérie l'abandon, l'enfermement, l'internement, les échecs, le scolaire, la précarité l'alcoolisme, la drogue, la violence des chefs de camp.

Ne pas oublier la révolte de 1975 de l'honorable Laradji "paix à son âme", pour la fermeture du camp de Bias "lot et Garonne "en 1975 15 ans après les télégrammes du 12 mai 1962.

Oui, la fermeture des camps d'internements et de reclassement.

Lire et faire lire, aussi l'ouvrage" du docteur James Patrick médecin du camp de Bias pendant 30 ans, un juste de la mémoire des harkis, on n'oubliera jamais son dévouement pour les familles du camp de Bias en métropole, Lot et Garonne.

Ne pas oublier la relégation, oui la politique de relégation dans les 70 camps de la honte des hameaux de forestage.
Ne jamais oublier que les victimes de la guerre d'Algérie, sont les familles de harkis en Métropole "France".

revoltes75 23/11/2019 22:41

Les harkis désarmés et abandonnés ont été victimes du FLN dont ces Résistantes qui parlent dans le film sont des militantes engagées dans la guerre aux côtés de ces assassins. Même le peuple algérien qui manifeste contre leur pouvoir et qui en a aussi payé le prix n'en veut pas. Ils sont des millions a avoir fui l'Algérie depuis l'indépendance comme la famille de cette cinéaste qui vit en France depuis 43 ans comme elle le dit dans l'article.

Rime 23/11/2019 18:13

Ce qui vient de se passer permet de rappeler le drame et l'histoire tragique des Harkis. De plus, on apprend que l'immigrée algérienne réalisatrice de ce documentaire, qui donne la parole a de prétendues résistantes sans contradiction, s'est naturalisée française. Elle est donc devenue du point de vue idéologique du FLN une "harkie tardive" intégrant la Nation, le drapeau tricolore et l'hymne de l'ancienne puissance coloniale "La Marseillaise". Pour cette raison il lui est interdit comme à ses semblables franco-algériens d'insulter les Harkis de "traîtres". Car à l'époque du FLN en 1962 qui avait torturé et massacré les Harkis (abandonnés et désarmés) ainsi que leurs familles, elle aurait été égorgée pour avoir pris la nationalité française que les révolutionnaires combattaient tout comme les "résistantes" de son film. Aujourd'hui encore en Algérie elle serait mal vue d'avoir demandé l'intégration aux valeurs de la Nation de France dont elle possède les papiers d'identité. Les autorités devraient exiger que tout cela soit précisé en avertissement de toute prochaine diffusion et que "La Marseillaise" soit jouée dans les salles. Ça ne devrait pas gêner Mme Fatima Sissani qui dit être "devenue française", que la France c'est "chez elle" et qu'elle a des papiers bleu blanc rouge. Si cette femme a choisi la France où elle vit ainsi que les "résistantes" de son film c'est que les Harkis avaient raison de s'opposer a une indépendance sanguinaire. Même s'ils l'ont payé cruellement de leur vie par un massacre perpétré par le FLN et des nationalistes de la dernière heure dont peut être appartenait la famille de Mme Sissani. L'Etat français devrait le vérifier pour toute demande de naturalisation. A suivre.