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Macron veut “le même statut qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995” pour la guerre d'Algérie

Emmanuel Macron. Photo © Chine nouvelle/SIPA

Le président de la République a indiqué vouloir mettre un terme à ce qu’il nomme le “conflit mémoriel” le plus “dramatique” de l’Histoire de France.

Macron persiste et signe. En 2017, celui qui n’était alors que simple candidat à la présidence de la République avait cru bon de qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité ». Une définition qui avait fait jaser à droite, mais que le désormais président de la République « ne regrette pas » aujourd’hui, comme il l’a confié au Figaro à bord de l’avion présidentiel qui le ramenait d’Israël. « J’ai crispé des gens. [Mais] je pense que je les ai ramenés, maintenant dans une capacité à dialoguer », a-t-il aussi estimé.

Reconnaître la responsabilité de la France dans la guerre d’Algérie

Au cours d’un entretien fleuve, Emmanuel Macron a voulu revenir sur cet épisode marquant de sa campagne. « Je suis très lucide sur les défis que j’ai devant moi d’un point de vue mémoriel et qui sont politiques. La guerre d’Algérie, sans doute, est le plus dramatique d’entre eux. […] Je le sais depuis ma campagne », a-t-il affirmé. Aujourd’hui, il confie au Figaro vouloir mettre un terme au « conflit mémoriel » qui « rend la chose très dure en France ». S’il admet « avec beaucoup d’humilité » ne « pas [avoir] la réponse », il en est persuadé : s’il y parvient, ce sujet aura « à peu près le même statut que ce qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». Une posture de culpabilisation et d’autoflagellation, donc, puisque le 16 juillet de cette année, le chef d’Etat d’alors avait reconnu, pour la première fois, la responsabilité de la France dans la déportation vers l’Allemagne des Juifs de France au cours de l’occupation du pays par les nazis.

« Il n’y a pas eu de travail politique mémoriel »

Pour le président de la République, « on n’en a pas parlé [de ce sujet, ndlr], on a écrasé. […] Il n’y a pas eu un travail politique mémoriel », seulement un travail d’historiens, regrette-t-il, estimant que la France « ne peut pas » se permettre « de ne pas revisiter cette mémoire » de la guerre d’Algérie. Il liste aussi d’autres complications. « D’abord, il y a une histoire officielle de la relation à l’Algérie. Il y a une histoire d’Etat. […] C’est une histoire très particulière, d’ailleurs, qui a toujours été au cœur d’une histoire militaire héroïque. C’est ensuite un dialogue très particulier avec l’Algérie. […] Et, ensuite, c’est un traumatisme dans l’histoire d’Etat. Je veux dire : la guerre d’Algérie, c’est ce qui fait la 5e république. […] Et donc c’est, dans la vie institutionnelle, politique, militaire française, quelque chose qui pèse », a-t-il fait valoir.

24/01/2020

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Rime 27/07/2020 12:04

Le travail mémoriel devra aborder la question des Harkis désarmés et abandonnés par la France puis massacrés en masse par le FLN et des foules hystériques surtout dans les villages. Leur assassinat s’est perpétré en violation des Accords d’Evian et du cessez le feu du 19 mars 1962 qui interdisait tout acte de représailles.
Les algériens devront apprendre en dehors de la propagande officielle qui sont ces Harkis, comment ils avaient été recrutés et quel a été leur rôle exact et quels crimes ont-ils commis et pourquoi ont-ils été massacrés sans jugement de justice d’un tribunal ?
Certains disent que le traitement qui leur fut réservé était injuste et que l’Algerie paye cette injustice encore aujourd’hui.
Des dizaines de milliers de Harkis et leurs familles furent torturés, les femmes et les filles violées et éventées, les vieillards égorgés et des enfants tués. Un crime contre l’humanité comme plus récemment pour les Toutsis en Afrique. Il faudrait crever l’abcès une fois pour toute.