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Abattage clandestin de moutons dans l'Eure : les harkis indignés

Une partie des moutons sauvés du sacrifice clandestin mardi matin à Alizay

Farid Moussaoui 

Une partie des moutons sauvés du sacrifice clandestin mardi matin à Alizay

Religion. Les harkis dénoncent le comportement du propriétaire qui a accueilli un abattage clandestin de moutons, mais aussi l’attitude des pouvoirs publics autour de cette question.

 

Farid Moussaoui est un homme en colère. « Ce qui s’est passé est un spectacle affligeant. Je condamne totalement ce genre de pratique ». Le président d’AJIR (Association justice information réparation) pour les harkis a été appelé mardi matin par des membres de son association pour se rendre à Alizay. C’est ici au bout d’un long chemin, dans une carrière, que les gendarmes et les agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l’Eure ont constaté, à quelques heures de l’Aïd-El-Kébir, l’abattage clandestin de moutons.

 

« Impensable à notre époque que cela se passe comme ça »

 

Au moins une dizaine de bêtes ont été tuées, une trentaine d’autres s’apprêtaient à être sacrifiées. « Dans cette affaire, les gendarmes ont été des plus compréhensifs, mais sur le fond c’est impensable à notre époque que les choses se passent encore comme cela, de manière illégale. Cela est d’autant plus déplorable que cet abattage a été fait en dehors des règles d’hygiène et certains moutons ou agneaux n’étaient pas « bagués ». C’est-à-dire qu’il n’y avait aucune traçabilité sur certaines bêtes, cela pouvait donc être potentiellement dangereux pour les musulmans venus chercher un animal pour le manger le soir même à l’occasion de l’Aïd ».

 

Farid Moussaoui condamne la pratique illégale, « mais aussi » l’attitude des pouvoirs publics concernant l’abattage du mouton. « Chacun sait l’importance que les musulmans accordent à la fête de l’Aïd-El-Kebir et au sacrifice rituel du mouton, tout comme l’agneau pascal qui est un symbole dans les religions juive et chrétienne. Dans certaines régions de France, c’est le cas notamment à Marseille, la réorganisation des abattoirs a vu apparaître des abattoirs mobiles. En Allemagne, cela existe aussi d’ailleurs. Tout le monde y trouve son compte, y compris les éleveurs ! » Le représentant des harkis est d’autant plus amer qu’il propose cette solution aux pouvoirs publics depuis 2002. « Mais elle n’a pas trouvé écho… C’est regrettable, car cela aurait permis d’éviter le triste spectacle de ce mardi à Alizay pour ne parler que de celui-ci… » D’après Farid Moussaoui, chaque année dans l’Eure, des personnes se livrent à l’abattage clandestin. « Le problème est loin d’être nouveau.

     

Il n’y a pas assez de lieux d’abattage agréés. Il faut quand même savoir que dans l’Eure, il n’y a qu’un seul abattoir agréé par la préfecture, il est situé au Neubourg. Vous croyez que cela suffit lorsque tous les musulmans d’un même département souhaitent, le même jour, presque à la même heure, égorger un mouton pour répondre à un précepte religieux ? Moi, je ne crois pas… »

 

Un groupe de travail mis en place l’an prochain

 

Contactée hier, la préfecture de l’Eure n’a pas souhaité faire de commentaires. Cependant, comme chaque année, elle a été le cadre d’une réunion de préparation entre le Conseil Régional du Culte Musulman (CRCM) de Haute-Normandie et les abatteurs afin de rappeler que les normes d’hygiène doivent être scrupuleusement respectées. Mais l’augmentation de la capacité d’abattage n’était pas à l’ordre du jour. Selon nos informations, un groupe de travail serait constitué l’an prochain afin que les musulmans de l’Eure et les abatteurs trouvent un terrain d’entente. Leur regard se tourne vers le département des Yvelines où, semble-t-il, la solution de l’abattage mobile satisferait tout le monde.

Article Source :   

*******   

  l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux 

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