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Agen. Le leader harki se met en grève de la faim et réclame un entretien «avec le Président»

Le Saint-Vitois Boaza Gasmi, président du comité national de liaison des harkis, installé depuis lundi soir devant la préfecture, affirme vouloir mener son combat «jusqu'au bout». / Photo Jean-Michel Mazet

Le Saint-Vitois Boaza Gasmi, président du comité national de liaison des harkis, installé depuis lundi soir devant la préfecture, affirme vouloir mener son combat «jusqu'au bout». / Photo Jean-Michel Mazet

 

Boaza Gasmi, président du comité national de liaison des harkis, a entamé lundi une grève de la faim. Installé devant la préfecture, il réclame une rencontre avec François Hollande. Rien de moins.

Avec ses amis lot-et-garonnais du comité national de liaison, il avait pourtant été reçu au printemps dernier par Kader Arif, le ministre délégué en charge des Anciens Combattants, mais cette entrevue ministérielle, accordée grâce à l’intervention de la députée Lucette Lousteau, n’a visiblement pas suffi. Depuis lundi soir, Boaza Gasmi, le président du comité, a entamé une grève de la faim. Il réclame rien de moins que de rencontrer le Président de la République «en personne» pour lui faire part des revendications de sa communauté.

Le café et le jus d'orange de Kader Arif

Installlé sur la place Armand- Fallières, à deux pas du Monument aux morts qui rend hommage aux victimes de toutes les guerres, le Saint-Vitois assure qu’il ira «jusu’au bout». Epaulé par des compagnons du comité qui lui ont laissé un fourgon en guise d’abri pour la nuit, Gasmi pose devant une affiche sur laquelle le ministre concerné est égratigné : «Arif, démission... tu sers à rien».

«Ce que l’on retient de notre entrevue avec lui ? Le café et le jus d’orange qu’il nous a servis. Arif devait en référer au Président mais rien n’a suivi, absolument rien..».

De fait, le comité national de liaison ne cesse de réclamer la «reconnaissance» par la France du drame des harkis . «Ensuite, si Hollande veut bien prendre en compte nos revendications comme il l’avait promis avant son élection, alors nous pourrons parler du préjudice que nous avons subi et des mesures à prendre pour le réparer».

«Hollande a reçu tout le monde... sauf nous»      

Pour l’heure, le leader harki poursuit : «La France donne des leçons à tout le monde, notamment à la Turquie pour le génocide arménien. Elle veut faire la loi en Syrie. Et, à l’intérieur, le Président a reçu les homos, les paysans, les avocats, les familles des otages... Bref, tout le monde, sauf nous ! Or, on a envie de lui poser la question : est-ce que le gouvernement a un projet pour les harkis et, si oui, lequel ?». Et si l’on dit à notre homme que, grève de la faim ou pas, sa demande d’entretien avec le Président «en personne» a peu de chances d’aboutir, il rétorque : «Que faut-il alors faire ? On ne va pas quand même pas casser des voitures ou briser des vitrines. L’opinion se retournerait contre nous...» Après avoir reçu dans la journée la visite de la directrice de cabinet du préfet,Michèle Lugrand, puis de l’attachée parlementaire de Lucette Lousteau, Boaza Gasmi se préparait hier soir à passer une seconde nuit dans son fourgon...

 

Quatre harkis au tribunal

 Ce vendredi, quatre fils de harkis seront jugés par le tribunal correctionnel d’Agen pour avoir, en juin dernier,   incendié des pneus devant la sous-préfecture de Villeneuve. Un procès qui ne concerne pas le gréviste Boaza Gasmi.

 

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