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Article de la Dépêche du Midi, sur (coeurs de harkis) interview du lycée georges leygues de villeneuve-sur-lot à bergerac.

    Les trois lycéennes de Georges-Leygues avec Louiza et Hocine Mouhoubi, Sabrina et Hamid Khemache, à Bergerac, lors de leur rencontre en février dernier.

Les trois lycéennes de Georges-Leygues avec Louiza et Hocine Mouhoubi, Sabrina et Hamid Khemache, à Bergerac, lors de leur rencontre en février dernier.

Durant l'année scolaire et dans le cadre d'un travail d'étude et de recherches, Léna Marchal, Audrey Philippe et Manon Vignaud, élèves de première ES au lycée Georges-Leygues, ont préparé un ouvrage et un film sur la communauté harkie dans la région, s'intitulant « Cœurs de harkis», Un ancrage qui les a conduits à partir à la recherche des épisodes de leur histoire pour parler de la guerre d'Algérie, de l'indépendance et de ses suites. Elles ont été accompagnées et conseillées dans leur travail par trois professeurs d'histoire et de français du lycée Georges-Leygues et du collège Jean-Boucheron de Castillonnès.

«Sortir des carcans classiques»

 

Après avoir pris contact avec Hamid Khemache, président de l'Association départementale des harkis de Dordogne, sa fille Sabrina, et Gérard Gente, qui réalise le film, elles ont pu converser, le temps d'un après-midi avec une famille de rapatriés, Hocine et Louiza Mouhoubi, à Bergerac.

Une interview qui permet de revenir sur les étapes d'un parcours mouvementé, l'arrivée dans le Sud-Ouest, les camps, les zones de travail, l'intégration, la vie avant et après la décolonisation.

Avec des mots et des images parfois fortes, des souvenirs parfois encore délicats sur certains épisodes de la guerre civile, le rôle des autorités, la torture, l'exil, le manque de reconnaissance, et les difficultés liées au statut, à la langue et à la culture, Hocine Mouhoubi et Hamid Khemache ont raconté… «Nous voulions sortir des carcans classiques de la guerre d'Algérie, de l'après-1962, des camps… Avec Hocine et Louiza Mouhoubi, nous avons vu une famille qui est restée fière de ses origines, de son parcours, de la réussite de ses enfants ; qui n'a jamais perdu son honneur, qui a su s'ouvrir pour partager tout ce qu'elle avait et s'intégrer, expliquent Léna, Audrey et Manon.

Nous avions pour objectif de rapprocher la vie des rapatriés d'hier et d'aujourd'hui pour faire un travail sur l'histoire et l'identité, pour faire vivre la mémoire des harkis.

Nous avons vraiment senti cette volonté et le besoin de transmettre leur histoire, de partager avec le cœur, de faire vivre le souvenir au sens le plus riche du terme… Louiza a parlé de son histoire «contrariée», de ceux qui ont survécu au drame et des amis morts dans la misère, d'intégration, de respect, de tolérance, de religion et de droits humains fondamentaux… Quant à Sabrina Khemache, 17 ans, elle nous a dit que les enfants, petits-enfants sont convaincus qu'il est de leur devoir de contribuer, avec leurs moyens, à la lutte familiale de chaque instant pour la reconnaissance des harkis et de leurs familles. Elle a repris le flambeau…».

Un témoignage émouvant et consistant, passerelle intéressante entre l'histoire générale que les lycéennes apprennent en classe et l'histoire locale, qui doit être connue et partagée par tous.

Le travail des trois lycéennes de Georges-Leygues donnera lieu à la production d'un mémoire et d'un petit film intitulé « Cœurs de harkis», monté et réalisé par Gérard Gente.

 

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