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Au Sénat, le samedi 30 juin 2012 Un colloque difficile, mais porteur d’enjeux fondamentaux pour les harkis

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Un colloque était organisé au Sénat le samedi 30 juin 2012, sur le thème « Algérie-France, comprendre le passé pour mieux construire l’avenir ». La présidente de l’association harkis et droits de l’Homme (Fatima Besnaci-Lancou), était invitée à l’une des 4 tables rondes de la journée : « 1962-2012 : comment réconcilier les mémoires ». A l’évidence, les passions ne sont pas apaisées, son intervention, intitulée« Les harkis : au-delà des idées reçues » ayant été interrompue à plusieurs reprises par une perturbatrice.

En effet, le déroulé de son intervention a été interrompu par une personne qui a proféré à plusieurs reprises des injures, violant ainsi les dispositions de la loi n° 2012-326 du 7 mars 2012 relative aux formations supplétives des forces armées.

Les interventions furent nombreuses dans la salle pour tenter, finalement avec succès, de faire taire cette personne. Les encouragements de la salle, des anciens harkis et des enfants de harkis, bien sûr, mais pas seulement, ont permis à la présidente de l’association de terminer son exposé.

Comment accepter que de telles injures et insultes soient proféré envers les harkis et leurs familles, qui plus est dans l’enceinte du Sénat, symbole de la République où nous vivons aujourd’hui ?

A l’évidence, toutes les passions ne sont pas apaisées et les aprioris n’ont pas disparu chez certaines personnes de l’immigration algérienne. Ces aprioris se sont traduits soit par des insultes, comme c’était le cas avec les interventions de la perturbatrice, soit pas par une fausse compassion lorsque la veuve d’un ancien président de la république algérienne déclare en « off », en fin de colloque, à des enfants de harkis « vous n’êtes pas responsables de ce qu’ont fait vos parents », rouvrant ainsi une nouvelle page d’incompréhension et déclenchant une salve de protestations.

De cette expérience, il convient de tirer les leçons : fallait-il aller à ce colloque ? La réponse est oui, définitivement oui. L’association harkis et droits de l’Homme refuse la fausse sécurité de l’entre soi, le faux confort à court terme, l’illusion qui ne mènent à rien. Des rencontres, des confrontations, des dialogues peuvent être difficiles mais n’en sont pas moins nécessaires. Une condition toutefois : respecter l’autre, refuser l’invective et l’insulte. Oui il y a des limites, et elles ont été franchies ce samedi 30 juin…

Sur le fond, la présidente de l’association harkis et droits de l’Homme a conclu son exposé en posant les conditions d’une véritable réconciliation des mémoires :

-Du côté français, reconnaître la responsabilité de la France, dans l’abandon, le massacre des harkis et la relégation dans les camps à leur arrivée en France.

-Du côté algérien :

·     L’abrogation de la loi qui empêche les personnes issues de familles de harkis de participer pleinement à la vie sociale et politique du pays ;

·     La libre circulation des anciens harkis, l’arrêt des humiliations et des renvois en France lors de l’arrivée en Algérie alors même que les anciens harkis sont munis d’un visas d’entrée ;

·     La liberté absolue pour les anciens harkis de se faire enterrer en Algérie pour ceux qui le souhaitent.

Oui, il fallait être là pour dire cela.

En fin de colloque, dans sa conclusion, le président de séance, Claude Domeizel, sénateur des Alpes de Haute-Provence, évoque la question des harkis :

Nous voilà arrivés au terme de cette journée, parfois mouvementée (…). Le temps est venu de regarder l’histoire en face et de tenter pour autant que ce soit possible de réconcilier les mémoires. (…) Je voudrais aussi, saisir l’occasion de ce colloque pour m’adresser au Président de la République. Il est dans mon rôle de président de groupe d’amitié de lui dire combien il est important d’être clair sur le sujet de l'Algérie. Beaucoup de nos compatriotes attendent des mots d'apaisement et de réconciliation. Nombreux sont, parmi nos concitoyens, ceux dont l'histoire personnelle a été bouleversée par la grande Histoire tumultueuse : pieds noirs, anciens appelés, Français issus de l'immigration algérienne, harkis». Juste une parenthèse à propos des harkis :

J’ai été pendant ma carrière professionnelle enseignant dans un camp de harkis et j’ai eu la chance et l’honneur de répondre à leur soif de savoir. Je continue à m’adresser à eux pour faciliter l’intégration aujourd’hui des enfants et petits-enfants Au sujet de ces harkis, je souhaite rappeler ce que François Hollande disait le 6 avril dernier: « La mémoire des Harkis est une mémoire vive et souffrante. Elle impose à la France un retour sur elle-même et sur son histoire». (…)

Nos amis algériens aussi attendent un message de la France. Pas une repentance, pas une contrition. Simplement une reconnaissance des erreurs que nous avons pu commettre. Et je salue à cet égard les mots que le candidat à la présidence de la République a prononcés durant sa campagne, je le cite : « Il faut que la vérité soit dite. Sans repentance ni mise en accusation particulière. Reconnaître ce qui s’est produit » fin de citation. (…) Au niveau national ensuite, la lucidité sur son passé est le fondement de la réconciliation de la France avec elle-même. Il n’est nul besoin d’attendre un geste symétrique des autorités algériennes pour que la France choisisse d’assumer aujourd’hui ses responsabilités. C’est important d'entendre la voix de la France dire les choses telles qu'elles sont parce que les conséquences en seront considérables, au niveau international comme au niveau national (…) »

Article Source: Harkis et Droits de l'Homme 

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l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux 

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