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Hollande et les harkis : un 25 septembre 2012 pour rien !

Fatima Besnaci-Lancou, fille de harki 2-copie-1 Intervention de Fatima Besnaci-Lancou : le 25 septembre 2012 sera à nouveau un coup pour rien ! Source Article : harkis et droits de l’Homme.

A l’issue de l’intervention de K. Arif, certains des participants se sont exprimés. Fatima Besnaci-Lancou est intervenue au nom de l’Association Harkis et Droits de l’Homme, au nom de l’AVACRA (Association Vendéenne des Anciens Combattants et Rapatriés d'Algérie, présidée par Ahmed Mestar), du Collectif des Associations de Harkis des Alpes-Maritimes  (présidé par Ali Amrane), de l’AASAF (Association des Anciens Supplétifs de l’Armée Française, présidée par Abdelkader Benameur).

Fatima Besnaci-Lancou a repris les différents points évoqués par le ministre. D’emblée, elle a rappelé l’obligation pour F. Hollande de tenir son engagement du 5 avril 2012 : « reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France ».

Au sujet de la mémoire officielle, elle a précisé qu’il n’était pas question d’écrire une mémoire officielle, en indiquant que le travail des historiens, nationaux et internationaux, a validé l’abandon des harkis par la France en 1962, avec les conséquences que l’on sait.

Sur la question de la repentance, elle a déclaré que le groupe qu’elle représentait ne demandait pas une repentance, mot qui a une connotation religieuse, mais simplement la reconnaissance de la responsabilité.

Sur le blocage de la circulation d’anciens harkis vers l’Algérie, elle a marqué son total accord sur cette question qui touche, comme le ministre l’a précisé, la dignité humaine, tout en soulignant que cette dignité est aujourd’hui fortement impactée par la reconnaissance de la responsabilité de la France dans le drame des harkis, reconnaissance qui tarde à venir.

Kader Arif

 

Sur l’emploi, elle a marqué son total désaccord avec le ministre lorsqu’il propose de relancer le processus démagogique et illusoire du Plan emploi qui s’est révélé un échec sous le quinquennat de Sarkozy. Elle estime que cette orientation est néfaste à plusieurs niveaux alors que des interventions ponctuelles classiques auprès des autorités locales ou auprès de Pôle Emploi sont suffisantes : à l’heure où la majorité des Français sont confrontés à une crise difficile, privilégier de manière officielle et ostentatoire des descendants de harkis de la deuxième et troisième génération pour l’accès à l’emploi ne peut que desservir les harkis et leurs familles, freiner leur intégration dans la Nation et ne pas favoriser le « vivre ensemble ». 50 ans après leur arrivée, il est temps, aujourd’hui, d’effacer l’étiquette d’ « assisté » qui est parfois collée à leur peau. Il en va, là aussi de leur dignité.

Conclusion

Ainsi, le 25 septembre 2012 sera à nouveau un coup pour rien. Il ne restera que les lots de consolation comme les petits fours et des médailles imprégnées de bromure comme au bon vieux temps de Sarkozy. Il serait fort malvenu que cette reconnaissance, déclarée de manière solennelle et exhaustive, n’intervienne pas avant des paroles apaisantes à destination du peuple algérien (que nous pourrions approuver par ailleurs) qui seraient prononcées lors d’un prochain voyage officiel du Président à Alger.

Informations complémentaires

Concernant les lois mémorielles, l’association harkis et droits de l’Homme est en accord avec la position du ministre : elle demande qu’on s’aligne sur ce qui a été demandé par le président de la LICRA (voir ci-dessous) le 9 septembre 2012, en référence à la déclaration officielle et solennelle de Jacques Chirac en 1995, au Vélodrome d’Hiver*.

Extraits du discours prononcé par Alain Jakubowicz, président de la LICRA, lors des universités d’été de la LICRA au Havre, le 9 septembre 2012 :

« (..) Si le message ne vient pas du plus haut niveau il n’est pas entendu. C’est pourquoi je souhaite m’adresser au Président de la république et lui demander solennellement de ne pas laisser l’année 2012 s’achever sans avoir saisi l’occasion historique de rendre justice à nos concitoyens harkis.

Le président Chirac, en 1995, 50 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, a tenu au vélodrome d’hiver, le discours qu’on attendait d’un Chef de l’Etat* . Il ne s’agissait pas de repentance, il s’agissait de refermer une page d’histoire. Le président Chirac a eu les mots justes en disant ce qui a été. Il n’a pas stigmatisé la France, il lui a au contraire rendu son honneur ; 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, justice doit à présent être rendue (…). 1945-1995, 1962-2012, j’espère monsieur le président de la République, que vous m’entendrez. J’espère surtout vous entendre. Ne manquez pas ce rendez-vous avec la Justice et avec l’Histoire. »

* À l'occasion des cérémonies commémorant le 53 ème anniversaire de la rafle du Vel d'HIV, le président de la République, Jacques CHIRAC, a pour la première fois reconnu la responsabilité de l'État français dans la déportation et l'extermination de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. 

*******

    l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux

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