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Khira veut réhabiliter la mémoire des harkis

Une nouvelle... venue

CHALONS-EN-CHAMPAGNE (51). Riche de sa famille qui la soutient dans son beau projet, Khira Taam crée la Sikrah.

Son père a 73 ans. Il s’appelle Abdelkader Taam. Il est arrivé comme des milliers d’autres en 1962 sur le sol français après avoir combattu aux côtés des forces françaises pendant la guerre d’Algérie. Lui, s’est installé à Châlons avec sa sœur, à la Bidée. Il y a rencontré sa femme et ont eu sept enfants. Khira est l’aînée. Khira, l’anagramme de harki. Un hasard ? Peut-être.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, à 45 ans, cette fille de harki crée une association dédiée à ces combattants méconnus, laissés pour compte à leur arrivée en France, incompris par certains, méconnus par d’autres. Sa condition, Khira ne s’en est pas rendu compte jusqu’à ses treize ans. L’âge auquel son père lui a demandé de l’accompagner à la préfecture, au bureau des rapatriés. « L’histoire des harkis, je ne la connaissais pas, commence la jeune femme. Mon père ne savait ni lire ni écrire, il m’a emmenée pour que je lui lise les textes de loi que je ne comprenais pas. C’est là que je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose de pas normal. »

 

Pour autant, l’adolescente ne pose pas de questions. « J’avais une certaine retenue, je sentais mais je ne voulais pas savoir. Avec mes parents, c’était tabou, j’avais peur de réveiller une douleur. » Mais en 2010, une rencontre bouleverse sa vie. « J’ai assisté à un colloque à Châlons, confie Khira Taam. La conférence était donnée par Fatima Besnaci-Lancou. Ce jour-là, j’ai ouvert les yeux. J’ai compris. » Fatima Besnaci-Lancou, fille de harki, comme elle, a vécu dans les camps en arrivant en France dans les années soixante. Auteur de plusieurs ouvrages, elle n’a de cesse de mettre en avant l’histoire et la mémoire des harkis. Khira Taam peut alors mettre une histoire sur le passé de ses parents et décide, avec ses moyens, de consacrer du temps à cette cause.

Faire entrer les harkis dans le programme scolaire

« Je me lance, sourit la jeune femme. Je fais cela pour mes parents qui me soutiennent. » Le plus important pour Khira Taam est de mettre en avant la communication car « il faut être stratégique et logique, pour moi, la communauté n’est pas au courant de tout par manque de communication ». Elle veut aussi travailler sur la mémoire des harkis, faire des recherches de photos de leur arrivée à Châlons et dans l’agglomération, pour ensuite proposer une belle exposition. Mais ce qui lui tient surtout à cœur, c’est la reconnaissance sur l’abandon de ces hommes. Elle souhaiterait également voir naître un devoir de mémoire et faire entrer l’histoire des harkis dans le programme scolaire.

Pour son association, Khira est soutenue, par l’Onac et par des personnes qui adhèrent à son projet et se sont proposées. « Je viens d’avoir l’aval de deux personnes que j’attendais. Un président et un trésorier, précise-t-elle. Mes frères et sœurs me soutiennent aussi. »

Le nom de l’association, c’est sa nièce qui l’a trouvé. Ce sera la Sikrah. Encore une anagramme, le mot harkis à l’envers.    

Contact : association.sikrah@hotmail.com

Bénédicte Tisserand 

  

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  l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux

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