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Tourcoing: Alain Mezrag pose la question du devoir de mémoire concernant les Harkis

Ce week-end, pour la première fois, les associations de Harkis de Tourcoing sont parties ensemble visiter le camp de Rivesaltes, dans le Languedoc-Roussillon. Un retour pour certains, une première pour d’autres. Mais, dans les deux cas, un voyage chargé en émotion. Un voyage derrière lequel il y a tout le travail de l’élu Alain Mezrag. L’adjoint au maire en charge des relations avec la communauté rapatriée qui pose la question du devoir de mémoire concernant les Harkis.

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  Visages fermés, ils se recueillent devant la stèle érigée en hommage aux Harkis, non loin du camp de Rivesaltes. Là où, au début des années 60, des milliers de familles d’Algériens ayant combattu aux côtés de l’armée française pendant la guerre d’Algérie ont vécu en transit dans des conditions plus que difficiles. À l’époque, on parlait de camps de reclassement. Un drôle de mot pour une vie de misère. Et pour des hommes montrés du doigt, qui ont ensuite fait leur vie ailleurs. Comme à Tourcoing, où les Harkis représenteraient encore 2 000 familles.  


La visite a Rivesaltes a duré trois jours. Trois jours durant lesquels la délégation a pu prendre des contacts, mais aussi se replonger dans le temps. Avant le départ, nous avions rencontré Mohamed Bouchekoua, qui a vécu à Rivesaltes, également appelé le camp Joffre. Cet ancien militaire, qui ne manque jamais une commémoration à Tourcoing, avait préparé l’arrivée des rapatriés au début des années 60. « On faisait 40 tentes par jour, se souvient-il. C’était triste. Peut-être que je vais pleurer… » En effet, de l’émotion, il y en a eu beaucoup ce week-end. Ali Mamenia, autre Tourquennois, témoigne à son retour : « C’était très fort, parce que là-bas, on imagine encore très bien les conditions de vie de l’époque. Et puis, on était accompagné de gens qui ont vécu là-bas dès le départ… »

 

« Il faut le refaire »

Ali Mamenia raconte avoir vu des hommes pleurer. Lui n’est pas un ancien militaire, mais il est né dans un camp comme celui de Rivesaltes, à Saint-Maurice l’Ardoise, dans le Gard. Alors, la question des Harkis le concerne, autrement, mais le concerne. Ce qui l’intéresse, c’est le devoir de mémoire. « Ce type de voyage est important pour la mémoire. Il faut le refaire. » Et pas seulement pour les Tourquennois qui ont vécu dans ces camps de transit. « Il faut que les jeunes connaissent cette histoire. »

 

La transmission de cette histoire, longtemps taboue, fait partie des objectifs d’Alain Mezrag. Ce week-end, la délégation tourquennoise était accompagnée de l’association Etouchane, qui a déjà réalisé plusieurs documentaires en Algérie. On ignore encore ce qu’il adviendra de son travail. En 2007, l’adjoint Alain Mezrag avait organisé un colloque et une exposition sur les Harkis en mairie. Un moment important. « Là, ce qu’on veut, c’est dire que c’est une richesse », résume l’élu qui sait très bien que la question est encore compliquée. Mais un long chemin a déjà été parcouru.

 

Déjà élu à l’époque de l’ancien maire Jean-Pierre Balduyck, Alain Mezrag a pris à bras-le-corps la question des rapatriés en 2006. Très vite, il a monté un comité de pilotage pour faire travailler ensemble les associations de Harkis de Tourcoing – de gauche comme de droite – avec la Ville. « Les orientations du comité de pilotage se sont vite tournées vers l’objectif du vivre ensemble par la reconnaissance des droits mais aussi par des moments d’animation collective. » Outre l’accompagnement des familles pour des démarches administratives, des temps forts – fêtes des parents, goûters pour les enfants – ont ainsi été mis en place au foyer de la rue de Menin.

 

Puis, « le travail de mémoire est apparu rapidement important pour transmettre, mais aussi faire comprendre à l’ensemble des Tourquennois la complexité de l’histoire des rapatriés. Car il existe encore beaucoup de résistance face à une histoire complexe, fantasmée… » A ce sujet, il reste du travail. Comme, par exemple, pour que l’on arrive à parler des Harkis dans les écoles. Mais pas seulement.

 

« Dans ma famille, on en parle. Mais ce n’est sans doute pas le cas partout, rapporte Ali Mamenia. Je ne dirais pas que c’est encore tabou parce qu’il y a des reportages, que l’information circule. Mais je pense qu’il faut en parler davantage parce que c’est notre histoire, et puis c’est la vérité… »    

Article Source :Par Jean-François Rebischung  La Voix du Nord

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  l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux

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Marc Blondet 13/12/2013 11:28


Ce devoir de mémoire est essentiel, il concerne des faits qui appartiennent à l'Histoire, c'est-à-dire à notre patrimoine commun sur lequel s'appuie normalement une solidarité nationale.
Nous sommes tous concernés impliquons nous dans un rassemblement unitaire pour peser suffisamment lourd et prétendre avec force figurer dans les "lignes éditoriales" des  organes de presse
de large diffusion.