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Un rassemblement «vivant» samedi, à Agen

Adda Moualkia

    Adda Moualkia   

 Le rassemblement national des harkis, qui s'est tenu ce samedi à Agen, avait des accents méditerranéens.  

Discours enflammés, vives réparties dans la salle, relents politiques et incantations pour la perpétuation de la mémoire…

Par nature, les harkis ne ressembleront jamais à personne. Ce ne sont pas des Arabes comme les autres (ce sont d'ailleurs pour la plupart des Kabyles, mais qui, ici, se rend compte de la différence) et encore moins des «Français» comme les autres dans le sens où on peut l'entendre en Lot-et-Garonne, à savoir des Gascons issus d'une seule terre… Les harkis ne sont en fait «qu'une» population originaire d'Algérie, attachée à la France par le sang de leurs pères qui, cinquante ans après, réclame à l'Histoire de lui rendre son honneur. Et ce samedi, au théâtre municipal d'Agen où se tenait le rassemblement national du comité de liaison (CNLH), toute cette histoire a été une nouvelle fois déroulée avec l'espoir qu'enfin, elle soit entendue.

Dans un discours enflammé, le Saint-Vitois Boaza Gasmi, qui préside ce CNLH, a ainsi harangué l'assistance: «Aujourd'hui, tout le monde obtient des droits, les juges qui manifestent, les avocats qui protestent, les diverses professions qui revendiquent, même les mariés de l'an 2013 qui réclament «leur droit», mais nous, rien… Ouallou!». Avant lui, la conseillère municipale agenaise, Baya Kherkhache, elle-même fille de harki, a insisté sur le devoir mémoire dû «à nos grands-pères et à nos pères, à nos héros». La jeune élue s'est également publiquement interrogée sur le devenir de ce combat: «Encore combien d'années devront nous protester pour que notre honneur soit officiellement reconnu, combien de harkis vont devoir s'éteindre avant que cela n'arrive, combien de fils devront -ils prendre la relève?».

Une centaine de personnes ont participé à ce rendez-vous agenais, un chiffre modeste qu'a regretté Boaza Gasmi qui en espérait au moins le triple. «Bien sûr, beaucoup n'ont pas eu le temps ou les moyens de se déplacer», reconnaissait-il après coup. Le leader harki s'avouait en revanche plus perplexe sur l'absence des élus, les seuls maires d'Agen, Jean Dionis du Séjour et de Fumel, Jean-Louis Costes, ayant répondu présents. «J'ai adressé des invitations aux députés du département, au président du conseil général, au maire de Marmande… à tout le monde. Et je vois le s sièges vides. C'est décevant».

La présence massive des élus aurait-elle apaisé la teneur de certains débats? Rien n'est moins sûr. Dans l'après-midi, le ton est monté. Les «mots» ont fusé et certaines comparaisons hasardeuses avec des événements de la Seconde Guerre mondiale ont choqué une partie de l'assistance. Le combat des fils et filles des anciens supplétifs reste douloureux et incertain.

 


Rendez-vous à Paris

Ce prochain dimanche 12 mai, le Collectif de la journée de l'abandon organise un rassemblement national à partir de 10 heures face au Palais de justice de Paris pour réclamer «la reconnaissance de la responsablilité du gouvernement français dans l'abandon et les massacres des harkis en 1962». De nombreuses associations y participeront dont Générations Harkis , que préside la Casseneuilloise Adda Moualkia.

Contact au 06.68.00.61.34.

 

«Une intrusion politique qui n'avait pas lieu d'être»

On avait compris qu'une certaine incompréhension régnait entre les différentes composantes représentant la «communauté» harkie dans le département. Et le rassemblement de ce samedi à Agen n'a rien fait pour infirmer ce sentiment, même si les oppositions ne se sont pas fait directement entendre.

De fait, et pour résumer, les jeunes générations, souvent entraînées par des femmes, ne partagent pas l'inclinaison politique assumée par certains anciens. Générations Harkis, dirigée par la Casseneuilloise Adda Moualkia, une ancienne du CNLH qu'elle a quitté parce qu'«elle ne pouvait pas s'y exprimer», insistait ainsi sur la nécessité de «laisser chacun décider pour lui-même».

Et Zeitoun, la nouvelle structure agenaise, revendique son caractère «apolitique». L'une de ses membres le signifiait bien, en commentant l'intervention de Jean Dionis à propos de Jean-Louis Costes : «Une intrusion politique qui n'avait pas lieu d'être»…

B.S.

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l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux 

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