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Commémoration des harkis du 12 mai 2018, à Angers (49) Photos

Une première dans le Maine et Loire le 12 mai 2018 : commémoration de l’abandon des harkis à l’hôtel de ville d’Angers.

Moment très émouvant avec de nombreux participans.

Président de l' Association Départementale des Harkis du Maine et Loire Veuves et Orphelins Tayeb Kacem

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firech 16/05/2018 20:29

Dommage que les membres des français musulmans harkis brillent par leur absence.
Pas mal la photo des 7 drapeaux réunis.

memoire des Camps 15/05/2018 14:59

BONJOUR
Par devoir de Memoire.....chaque Association doit organisé une cérémonie "télégramme du 12 mai 1962"
faire de la Communication...information....Conférence....débat...le 12 Mai de chaque année...

le devoir de Memoire doit passé par la....PAS par les salons doré de la République

Guy Regazzacci 15/05/2018 10:25

Bonjour,

Nous nous doutions que Tayeb saurait organiser une telle commémoration.

Bravo Tayeb, ton association est sur les rails, n'en doutons pas.

Très cordialement.

sadouni 15/05/2018 07:30

Je me suis réveillé très tôt en ce mois de décembre 1962, un froid terrifiant s’était saisi de notre région les Aurès. La neige commençait à voltiger saupoudrant la seule route étroite d’une poussière blanche et glacée.
Ce jour-là, j’avais rendez-vous avec Salah qui m’attendait sur la place où stationnaient tous les véhicules de transport reliant Arris à Batna. Désormais, ma vie ici n’était plus que cauchemar, je ne pouvais plus vivre dans mon propre pays, comme avant !
Les bouleversements de la guerre avaient accentué ce genre de circonstances et mon destin allait changer d’horizon.
Pour la dernière fois dans un froid vif crucifiant les visages, je descendis de ma décherra, située sur le haut plateau. J’étais à l’heure, sept heures tapantes. Mon nouvel ami était déjà là sur la place où il y avait un bon nombre de camions et de voitures qui s’étaient garées comme d'habitude, leurs moteurs ronronner à tout-va. Je pris place devant ce grand arbre majestueux, le plus vieux noyer du village d’Arris, plusieurs fois centenaire, il fut témoin à la fois de notre histoire, mais aussi de tous ces bouleversements endémiques.
Comme prévu, Salah était au rendez-vous, après nos salutations fraternelles, lui aussi avait servi dans les harkis, il semblait avoir la quarantaine. Il m’avait promis de me trouver du travail avec son fils Sebti comme mécanicien dans la grande ville de Batna (capital des Aurès) où il possédait un modeste garage racheté pour une bouchée de pain à un pied-noir, après l’exode précipité. Mon aîné me remit d’abord en main propre mon laissez-passer pour pouvoir circuler librement entre Arris et Batna. Désormais depuis l’indépendance tout harki ne pouvait plus voyager sans ce fameux sésame, un laissez-passer, délivré par la nouvelle directive administrative du FLN, fraîchement installé.
Après une bonne demi-heure d’attente dans un froid pénible, nous avions fini par négocier le prix de notre trajet, cela faisait partie de la règle du business malgré tout. Comme convenu, nous sommes montés à l'arrière d’un camion auprès d’autres personnes qui avaient déjà pris place pour un voyage de 60 km sur les routes exécrables et cahoteuses. Salah et moi avions réussi à nous caler dans un coin de la benne pour mieux supporter ce froid mordant et les secousses agressives que provoquent les nids de poules. Hélas ! C’était le seul moyen pour payer le moins cher possible le trajet.
Le véhicule démarra vers huit heures environ avec une dizaine de personnes à bord. Je connaissais la route pour l’avoir déjà faite plusieurs fois pendant la guerre, mais cette fois-ci ce long voyage paraissait être le dernier pour moi, un aller sans retour ? Je sentais qu’ici la vie m’avait tourné le dos à l’âge de mes 20 ans. Soulagé et mélancolique à la fois, partir pour moi devenait la solution, je ne pouvais plus continuer à vivre ainsi. Trop de mépris, trop d’injustice, cela devenaient un cauchemar pour tous les harkis, je n’avais plus rien où m’accrocher ! La vie foutait le camp, ce monde était cruel, plus d’espoir, je remis mon destin à Dieu ?
Le lourd camion roulait lentement dans un bruit d’acier et de moteur assourdissant, il accompagnait ma tristesse, je laissais derrière moi mon village où j’avais grandi, les yeux peinés et le cœur lourd, je ressentais ce profond déchirement écartelé ma poitrine. Tandis que la route commençait à défiler doucement devant moi, je réfléchissais à ce qui pouvait m'attendre dans ce Nouveau Monde, devenu tout à coup inconnu.
Je quittais ces belles montagnes toujours grandioses, elles m'ont vu naître et semblaient maintenant me rejeter injustement. Même le soleil commençait à se lever timidement, timide à cause de l’hiver, sa lumière chancelante et blafarde recouvrait doucement les cimes blanches des Aurès, plongeant ses rayons dorer dans la vallée d’Arris. J’avais la sensation de voir aussi ce soleil pour la dernière fois, je pensais qu’il pouvait tout voir de là-haut.
Guidé par une immense vague de nostalgie et de chagrin, je quittais pour toujours mon beau paysage austère, celui de mes ancêtres que mes yeux n’ont jamais rien perdu de sa beauté ou de son décor.
Mais les secousses répétées du véhicule me firent rappeler laborieusement mes déplacements antérieurs de Bouzina à Arris, une période sombre d’une sale guerre.
De temps à autre, je fixais longuement Salah, lui aimait parler avec les autres voyageurs, contrairement à moi, son gai visage semblait bien plus relax que le mien. Je savais qu’il avait beaucoup d’amis parmi les gens du FLN avec lesquels il avait coopéré en tant que harki. L’homme imposant par sa grande taille, le visage joyeux, un doux sourire embelli par toutes ses dents blanches, comme tous les chaouis il arborait fièrement sa longue gandoura. Salah parlait fort avec un vieux monsieur, la face brunit recouverte d’une mince barbe grise. À mi-parcours, un barrage de la nouvelle armée algérienne nous ordonna de nous arrêter. Environ une dizaine de soldats, très bien armés, contrôlaient la circulation.
Devant notre camion, l’un des soldats sortit du groupe agitant son fusil de sa main droite, il demanda au chauffeur de stopper.
Aussitôt, il nous fit signe de descendre pour procéder à la fouille du véhicule et effectuer un contrôle. Par un geste rapide de la main, il nous invita à aller vers un petit parking caillouteux recouvert par la poudreuse blanche, nous devions nous asseoir en attendant ! « Contrôles d'identités, simple formalité », nous avait-il dit avec autorité !
Tout près, à une vingtaine de mètres je voyais un homme à genoux, il gémissait de tout son corps, ses mains étaient attachées derrière le dos, la peau de son visage lacérée par des coups, ses joues ensanglantées, de sa bouche béante coulait un long filet de bave et de sang sur l’épaisse couche de neige fraîchement tombée. Juste à ses côtés, quatre petits bambins, le visage effrayés, traumatisés par la violence. Ils pleuraient comme des nouveau-nés, se blottissant tels des chatons avec leur mini corps autour de leur mère impuissante.
Ils avaient l’air tétanisés par la peur, leurs joues humidifiées par les larmes, le plus jeune avec ses petites mains s'agrippait à la gandoura de sa mère.
L’un des djoundis était déchaîné, il agitait sa mitraillette de haut en bas, face à la femme il déversait son flot d’injures.
— N'as-tu pas honte ? D'avoir épousé un traître, ce chien ? Vendre votre culture et votre religion ne vous dérange pas le moins du monde ? Hier, ton mari était fier de nous mépriser comme harkis, aujourd'hui il nous implore à genoux.
— Vous cherchiez à vous enfuir à Télaghema pour rejoindre la France, avoir la nationalité française pour devenir des mécréants.
— Non, il n'y a pas de pitié pour les salauds ! Criait l’homme avec rage.
Plus je voyais cela, plus le dégoût me gagnait, je ressentais une sève pleine de colère qui remontait le long de mon corps. J’avais envie de hurler devant ces brutes, pour qu’ils arrêtent de s’acharner comme des fous sur un homme à genoux. Leur dire il y a eu trop de sang qui avait coulé dans ce pays et que seule la justice pouvait reconstruire une société humaine. Je voulais crier pour que cesse cette haine. Sans détourner mon regard de la scène, j’observais avec compassion l'aîné de ces enfants.
Le garçonnet avait une douzaine d’années, il avait un regard accusateur, il voulait me prendre à témoin de cette tragédie. Devant sa mère, il se tenait droit comme un homme pour la protéger de son petit corps, serrant ses poings très fort, mais en même temps, il ne pouvait retenir ses larmes qui perlaient sur ses joues. Il cherchait à comprendre les raisons pour lesquelles son père subissait toutes ces humiliations. Quel crime avait-il commis donc ?
Moi, je le comprenais et compatissais à son malheur, une boule vint me serrer subitement la gorge, je sentis le liquide chaud remplir doucement mes yeux malgré le froid d’hiver. Moi aussi, j’avais eu douze ans avant l'attaque de ce car reliant Arris à Biskra, cela avait contribué à bouleverser tout mon univers. Son père est frappé devant lui et tout geste de secours lui était interdit. J’aurais tant aimé lui dire qu’à son âge, moi aussi j’avais vécu des scènes aussi dramatiques de cette mauvaise guerre. Mon père nous avait quittés pour aller travailler en France, lui qui était mon protecteur m’avait légué ce rôle du fils ainé, celui de chef de famille ? Une tradition légendaire chez les chaouis. Avec mes frères et ma mère, nous avions vécu seuls, nous avions lutté contre toute la misère du monde, face à la peur qui nous hantait chaque jour.
Le djoundi venait subitement de me rappeler à la réalité, il me demanda mon laissez-passer. Avec un regard menaçant, il me toisa avec des yeux arrogants qui imposent la soumission !
— toi aussi tu es un traître, me lança-t-il froidement !
J’espère que toi non plus tu ne vas pas t’enfuir ?
Étrangement, je revoyais en lui, le même comportement d'un soldat français qui s’était adressé à moi, un jour de la fouille de notre gourbi. Lui aussi avait un regard insupportable. Il était plein de haine. Je ne voulais pas lui répondre, car il savait ce que je pensais vraiment de son attitude.
Il y a eu d'autres scènes similaires durant cette longue guerre où certains hommes aimaient faire souffrir leurs semblables. Le plaisir qu'ils éprouvaient s’est figé complètement dans leurs gènes. Malheureusement, pour cet homme mis à genoux, la guerre n'est pas encore finie, il devra payer pour les autres, pour ceux qui sont venus d'ailleurs et l'ont enrôlé pour faire la besogne à leur place. Et puis, ils sont repartis sans aucune conscience, l’abandonnant pour qu'il soit humilié devant ses enfants. Je pensais à toute civilisation venue de loin avec ces belles choses et à la fin fuir avec autant de lâcheté ?
Le djoundi venait de finir le contrôle et me laissa repartir. Je respirais enfin ma semi-liberté, il ne s'intéressait plus à moi.
Je remontais dans le camion avec mes compagnons de route et repris ma place dans le bahut, il y avait derrière moi de l’amertume avec cette famille abandonnée dans un désarroi total. Je ne pouvais rien faire pour eux. J’avais mal pour eux, mal de voir un tel spectacle. La femme continuait de supplier son bourreau, pendant que les enfants hurlaient sans rien comprendre. Cette horrible scène restera à jamais dans ma mémoire. Je ressentais une colère mélangée à de la haine, mais que pouvais-je faire à part prier ?