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Harkis : entre confiance et vigilance dans la salle de la rotonde au Stadium d’ Agen (47)

Une communauté attentive aux propos de Boaza Gasmi, président du comité national de liaison./ Photo DDM Morad Cherchari

«Le candidat Emmanuel Macron avait promis, le Président Macron tient ses promesses». Les harkis, qui se sont rassemblés samedi à Agen, parlent désormais de confiance… mais aussi de vigilance.

«On attend toujours, 55 ans après…» Pour la communauté harkie, le temps n'est plus à la reconnaissance. Des harkis qui avaient choisi le camp de la France, qui se sont battus aux côtés des soldats français et qui ont payé cher, par l'exil, ou la mort violente pour celles et ceux qui sont restés en Afrique du Nord, cet engagement au nom de la République française.

Une journée nationale, un monument à Paris, des propos prononcés par Jacques Chirac ou François Hollande ne suffisent pas à atténuer sinon la colère du moins l'amertume d'une communauté qui entend, enfin, que soit prononcé le mot, «réparation».

Une commission avant la fin 2017

«C'est une des raisons de ce rassemblement à Agen», explique Boaza Gasmi, en accueillant les fils de harkis des 2 e et 3 e générations dans la salle de la rotonde au Stadium d’ Agen. «Nous sommes là pour dire aussi que, pour la première fois, un Président de la République commence à tenir ses promesses.» Et s'il affiche une réelle confiance dans la présidence Macron, Boaza Gasmi, comme Baya Kherkhach, élue agenaise mais fille et petite-fille de harki, parlent aussi de vigilance. «La réparation ne peut pas être que financière», ajoute Boaza Gasmi.

Même si lui, comme les autres membres de la communauté harkie, aligne les biens abandonnés de l'autre côté de la Méditerranée. «Comment chiffrer d'autres dommages, comme l'oubli, la vie dans les camps, les carrières que nous n'avons pas pu embrasser ?» Et comment, encore, ajoute Baya Kherkhach, «trouver une réponse à la nécessaire réparation émotionnelle ?» Il n'y a rien «qui rappelle au camp de Bias ou dans les autres camps cette histoire, notre histoire qui est un des épisodes de l'histoire de France», rajoute Boaza Gasmi.

Ce travail de réparation sera celui de la commission qui sera mise en place dès cette fin d'année. «C'est la conséquence de la rencontre que nous avons eue avec Emmanuel Macron à l'Elysée en septembre», précise Boaza Gasmi.

Le président du Comité national de liaison a le sentiment que le nouveau Président de la République veut régler le problème une fois pour toutes. «Il nous appartient maintenant de désigner celles et ceux qui participeront à cette commission», poursuit Boaza Gasmi.

Et la communauté est suffisamment riche de personnalités qui comptent et qui sont autant de «consciences» que l'on peut croire que le travail de «réparation» sera fait. «Comptez sur nous, pour rester vigilant quand même», conclut Boaza Gasmi.

J.-L. A.

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lisem 18/12/2017 16:24

Je partage les interventions de 1962, Harki62, Mémoire des camps, j’entends prudence, déception, et déficit de confiance. Si dans le passé, la 1ère génération est restée fidèle à une politique que l’on considère comme « coloniale », car ils n’ont connu que ce traitement, la génération dit « 62 » connait depuis plus de 55 ans une politique basée sur la promesse non tenue et jouant avec le temps pour éteindre le « résidu » de mouvement qui se mobilise encore. Je salue le courage de Boaza de mettre en péril sa santé pour se battre encore et encore pour une communauté dont une grande partie reste attentiste à la moindre mesure ou financement possible, et un G12 qui ces dernières années n’a jamais transmis aucune information sur leurs travaux, ni produit aucun résultat. Ce qui a créé la suspicion, colère et le désengagement de beaucoup de famille harkis.
Ce futur groupe de travail doit évidemment rendre des comptes à l’ensemble de la communauté. Mais en retour la communauté rapatriée musulmane Harkis doit également appuyer ce groupe dans son travail, manifester son soutien et sa mobilisation si nécessaire. Car la critique dans cette communauté est facile mais agir collectivement pour l’intérêt de tous et pas uniquement pour soi-même est vecteur d’échec.
La responsabilité d’obtenir justice et réparation nous incombe à tous. Et si l’aspect financier reste une priorité d’indemnisation difficilement à atteindre dans un contexte gouvernemental qui « cherche à gagner du temps et à faire des économies », il faut aussi penser qu’il est possible aujourd’hui d’exiger un statut juridico-institutionnel qui nous protège vraiment à long terme.
Notre unité et la communication sont les défis qu’il va falloir relever dès la mise en place de ce groupe qui sera respecté dans les institutions car soutenu par toute une communauté qui doit absolument démontrer sa solidarité et ainsi restaurer le respect des institutions vis à vis d’elle.

1962 04/12/2017 22:54

Tout d’abord, une erreur dans cet article. Il est écrit: «On attend toujours, 55 jours après…»
Non c’est 55 ans càd plus d’un demi siècle.
C’est énorme!
Ensuite, on notera que notre ami Boaza dans son discours ne parle que du président Macron. Apparemment, Darrieussecq n’aurait plus trop son utilité vue la manière hautaine voir hostile quand elle s’exprime avec ses interlocuteurs. Peut être faudrait-il réclamer son retrait sur la question des Harkis comme le demande certaines associations.
Enfin, il importe que le futur groupe de travail annoncé soit constitué de personnes nouvelles intègres, hommes et femmes, sérieux, instruits, compétents et œuvrant pour l’intérêt général et non pour eux mêmes comme cela s’est malheureusement déjà vu par le passé dans les HCR où le G12. Grave.

harki62 04/12/2017 22:21

Franchement Mr Boaza Gasmi , j'admire votre optimisme et j'aimerai juste vous rappeler 2 points :

1 - le 30/10/2017 sur le site de l'ancien camps harki de Bias , la secrétaire d'état Geneviève Darieussecq vous à dit sur un ton assez autoritaire " c'est moi qui décide " alors que vous l'interpelliez aimablement à propos du nombre de participants au futur groupe de travail et quant à sa direction qu'elle a décidée unilatéralement de confier à un " non harki " .
- A-t-elle jugé , à ce moment là , qu'il n'existe aucun harki capable de prendre cette direction ? je ne le crois pas car s'il faut être énarque pour avoir la capacité de gérer ce dossier , Mme la secrétaire d'Etat et le Président Macron ont la liste des enfants de harkis passés par l'ENA , et il n'y en a pas qu'un(e) ou deux !
- la vérité est qu'elle veut garder la main mise sur ce groupe de travail et que derrière elle le président macron manipule le joystick pour faire en sorte que l'issue de ce groupe soit exactement celle qu'il souhaite car son plan est prêt depuis longtemps ( c'est l'avantage d'avoir les moyens de l'Etat à sa disposition )

2 - le 21/11/2017 , devant une assemblée d'anciens combattants à Périgueux , Mme la secrétaire d'état
en remet une louche en affirmant à ces derniers :
- " je ne veux pas vous promettre des choses que je ne pourrai pas tenir " et de rajouter " nous allons travailler sur 4 ans "

Si l'on décortiques ces 2 propos , on comprends très vite les choses :

- le premier propos veut clairement dire " l'Etat français n'a rien à vous offrir , soyez donc prêts à l'entendre et à l'accepter car c'est la seul issue que nous vous proposons "

- le deuxième propos veut clairement dire " le président Macron a été élu pour 5 ans , il reste en gros 4 années à tenir , nous allons donc vous balader pendant 4 ans , dans le meilleur des cas , en 2022 nous vous demanderons de voter Macron pour vous rebalader pendant 5 ans et dans le pire des cas , le bébé sera refourgué au prochain Président si d'aventure ce dernier n'était pas Macron .

Si elle parle ainsi , c'est qu'elle est autorisée à le faire .

Donc Mr Boaza Gasmi , au vu du peu que j'ai pu voir ou entendre par ci par là à propos de la réparation due aux Harkis , je suis très pessimiste car trop de mauvais signaux nous sont parvenus et ce n'est pas un hasard car rien n'est hasard dans le milieu politique français , tout est calcul .

J'espère du fonds du coeur me tromper et ne pas briser votre optimisme et qu'enfin notre communauté obtienne ce qui lui reviens de droit .

Restez juste optimiste sans pour autant faire confiance à vos interlocuteurs .

memoire des Camps 04/12/2017 15:21

bonjour
Vivement la création d'un groupe de travail homogène
sur le plan nationale.....la transparence des débats...
Des comptes rendu des réunions de travails....et avoir les noms et coordonnés des membres du groupe de travail.....faire des réunion de travail dans chaque région...audition et concertation ...ET LA PRESENTATION de leurs travail....et les propositions....la transparence....

Fusion Harkis 05/12/2017 09:40

Bonjour mémoire des Camps ,
J'adhère parfaitement à votre analyse qui dénonce ces répétitions politiques présentés sous la forme de ceux qui se présentent devant notre communauté et qui disent , je suis là pour écouter vos doléance , mais ce n'ait pas moi qui pourra régler la situation des Harkis