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Le déroulé de la réunion du lundi 25 Septembre 2017 des Harkis, avec le Président de la république Emmanuel Macron

La délégation reçue à L’Élysée lundi matin 25/09/2017

Déroulé réunion Harkis avec le Président de la république Emmanuel Macron

M. Emmanuel Macron :

Je suis heureux de vous voir ici, pour reprendre avec vous le cours d’un dossier comportant de multiples blessures et présentant des complexités.

Comme vous le savez, tout à l’heure il y a la cérémonie.

Je souhaite pouvoir mettre le dossier sur la table, comme on avait commencé à le faire ensemble, en regarder toutes les complexités, toutes les demandes et ce que nous pouvons faire dans les prochaines semaines.

J’ai fait le choix de ne pas aller aux cérémonies pour ne pas avoir à faire de longs discours, j’en ferai un, oui, mais je préférerais d’abord qu’on ait un instrument de travail.

Je veux qu’on sorte des automatismes qu’on avait construits, qu’on ne prenne pas des choses comme des évidences. C’est un peu l’esprit de ce premier échelon, pour être bien ensemble.

Mme  Geneviève Darrieussecq

M. le Pdt, mesdames, messieurs,

Je suis heureuse de ce nouvel échange avec la communauté harkie. Nous devons établir un bilan de ce qui a été mis en œuvre pour les Harkis, continuer d’avancer, voir avec les Harkis et le Président de la République la façon de leur apporter appui et reconnaissance.

Nous sommes conscients de la nécessité d’organiser un groupe de travail représentatif pour établir un bilan précis de ce qui a été fait dans les différents domaines, notamment sociologique, connaître les besoins pour améliorer et aller dans une évolution de ce qui pourra être fait avec eux et pour eux.

M. Boaza Gasmi

M. le Président, Madame la Ministre,

Aujourd’hui est un jour très important pour notre communauté et pour le gouvernement.

Nous sommes d’abord très honorés d’être reçus aujourd’hui dans ce très haut lieu symbolique de l’Élysée, par le Président, c’est un lieu d’échanges très important pour notre communauté. M. le Président, il est très important de prendre en considération cette population qui depuis 55 ans souffre et attend une réparation, une justice. Il faut avoir vécu notre souffrance pour en parler. Il n’y a que ceux qui ont vécu cette souffrance qui peuvent en parler.

Je suis le Pdt du Comité National de Liaison des Harkis, et Monsieur le Président, je vous demande vraiment de prendre à bras le corps ce problème qui fait partie de l’Histoire de la Nation française, c’est aussi l’Histoire de notre communauté, de ces Soldats.

Parce que moi, quand je parle des Harkis, je parle d’abord de ces Soldats qui ont fait un choix. Et ce choix c’est de défendre la Nation, la République, la laïcité, la démocratie. On l’a chèrement payé.

Aujourd’hui, il est grand temps de prendre ce problème par le bon bout.

Aujourd’hui, si je suis là, c’est bien sûr pour tracer les grandes lignes, les grands axes sur lesquels nous devons travailler :

La Réparation, la Mémoire, l’Histoire, et en parallèle, bien sûr, des mesures spécifiques etc...

C’est pourquoi Monsieur le Président, Mme la Ministre, il est grand temps de former un groupe compétent, un groupe qui aura la compétence pour porter ce projet à bras le corps.

Les personnes qui composent le CNLH se battent depuis 1975. Ce combat a commencé dans le camp de Bias, nous aimerions être reconnus en tant que tel.

Assez de mesurettes, nous ne voulons plus de mesurettes, nous ne voulons plus de droit commun : Nous avons souffert, nous avons été enfermés dans des camps, privés de tous nos droits. Nous n’avons pas pu aller à l’école de la République. Oui, ces camps ont existé. Nous avons été spoliés de nos droits, de l’emploi, des retraites, etc…

Alors aujourd’hui, il est grand temps de soulever ces problèmes.

Moi je souhaiterais la création d’une structure composée de gens compétents, qui peut se mettre en place avec le Comité National de Liaison des Harkis, c’est-à-dire avec des gens compétents qui m’entourent là, et il n’ y a rien à voir d’autre.

Je vais revenir à ce G12 :

Ce G12 s’il existe, c’est un peu grâce à moi Mme la Ministre. Puisqu’en 2013, j’avais fait une grève de la faim. Cette grève de la faim avait un sens. Toutes mes grèves de la faim avaient un sens, c’est-à-dire que je voulais aller rencontrer le Président de la Nation.

M. Le Président, vous êtes le Président de tous les français et je pense qu’il est de votre devoir de prendre en considération cette partie de la Nation. Aujourd’hui, il est de votre devoir, Monsieur le Président, de prendre à bras le corps ce problème là.

Aujourd’hui, je m’en tiens donc à vous pour prendre ce problème à bras le corps.

Si vous avez accepté de nous recevoir aujourd’hui à l’Élysée, en ce jour mémoriel d’hommage aux Harkis, c’est pour nous une marque de reconnaissance.

Il est grand temps de mettre ce groupe autour du Comité National de Liaison des Harkis.

Pourquoi ce Comité ? Vos me direz pourquoi nous et pas quelqu’un d’autre ?

Le CNLH a réuni les revendications des quatre coins de France. Le CNLH l’a prouvé par ses rassemblements. Le CNLH est légitime. Nous avons plusieurs Présidents d’associations qui se sont greffés sur notre Comité. Je peux même vous prouver que le CNLH n’est pas seulement national, mais international. Je peux vous prouver que je reçois des contacts d’Algérie. Je peux vous montrer des messages ici, qui sont dans mon portable. Le rapprochement entre la France et l’Algérie est très important pour nous. Nous voulons que la France ait une grandeur avec l’Algérie dans l’Histoire. Malgré tout ce qui s’est passé, nous voulons être des facteurs de ce rapprochement car l’Algérie est notre terre natale. Nos aïeux sont enterrés là-bas.

Dans l’intérêt de ces deux nations, ce rapprochement est souhaitable, il faut dire la vérité des deux côtés.

Ce que je demande aujourd’hui, c’est que le Comité National de Liaison des Harkis puisse jouer un rôle, et ce n’est pas moi qui le demande M. le Président, c’est tous les Harkis de France et de Navarre qui le demandent. Ils me disent « M. GASMI, c’est à vous de nous représenter dans les plus hauts lieux de la Nation ».

Quant au bilan des 5 dernières années, personne ne pourra me dire le contraire, rien n’a été fait. Je défie quiconque de me dire ce qui a été fait au cours de ces 5 et même 10 dernières années : RIEN. Je suis désolé de le dire, c’est une vérité. Le bilan c’est une feuille blanche. Des promesses et rien d’autre !

Je passe la parole à M. SACI, mais avant ça, j’insiste auprès de vous M. le Président, la communauté a besoin de se sentir bien représentée et bien défendue.

M. Mohand Saci

M. le Président de la République,

Nous vous remercions de nous recevoir aujourd’hui en cette journée nationale d’hommage aux Harkis, une journée déterminante pour notre engagement à défendre notre dignité.

Il y a un an jour pour jour votre prédécesseur le Président François Hollande a reconnu publiquement à l'occasion de la journée nationale d'hommage aux harkis, les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis».

En ces termes !

«Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans (...) les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France.

« La France a manqué à sa promesse, elle a tourné le dos à des familles qui étaient pourtant françaises », a-t-il déploré.

Pour donner un sens aux propos de François HOLLANDE et illustrer notre vécu, permettez-moi de vous montrer ces quelques photos.

Mohand SACI présente les photos au Président de la République et commente chaque photo. (archives Harkis / BIAS).

Pour répondre à la question de M. GASMI : « pourquoi le CNLH est-il légitime à défendre la cause des Harkis ? »

C’est parce que nous avons été les premiers à faire des manifestations, des manifestations pacifiques.

Nous organisons des réunions, nous avons fait des travaux, ces travaux là par exemple, ont été remis à Kader ARIF, qui était ministre chargé du dossier des rapatriés. Ces travaux n’ont pas été suivis, pourtant dans ces travaux du CNLH, il y avait de la matière. Or, rien n’a été fait.

On nous a toujours fait de la politique africaine sans présence d’africains… C’est-à-dire qu’on ne nous concerte pas.

On nous dit : « voilà, prenez ça » ; ceci dure depuis trop longtemps.

Ils ont fait le « plan emploi pour les enfants de Harkis », c’était en 2008. Je suis allé rue de Bellechasse, mal rasé. J’ai dit : Monsieur le Ministre, c’est quand même inadmissible ce que vous êtes en train de faire : un plan pour les enfants de Harkis. Ce n’est pas par hasard que je suis mal rasé, c’est pour vous montrer que nous sommes déjà grands pères ; qu’on a été exclus du monde du travail et que demain on va être exclus du monde des retraites.

Actuellement, on parle de retraites, d’emplois, mais nous, les enfants des camps, on a été exclus. Beaucoup d’enfants du camps de Bias ont été touchés psychiquement. Ils sont à la dérive. Ils n’ont pas construit leur vie, pas construit de foyer. On ne leur a pas donné des moyens. J’ai échappé à cela, heureusement.

Pourquoi la légitimité du CNLH ?

Eh bien voilà le travail du G 12, il est là !

Sur deux pages.

En plus, ils sont allés piocher quelques éléments dans nos travaux, sans prendre la peine de les étudier.

Le CNLH a travaillé dans plusieurs domaines. Mme VION va vous remettre un dossier résumant notre travail. Nous avons d’autre part travaillé sur un projet de loi. Car il y a des députés qui ont déposé des projets de loi, mais c’est toujours pareil, leur travail c’est de la politique africaine sans la présence d’africains.

C’est-à-dire sans nous concerter. Ils proposent toujours des choses qui ne vont pas dans le sens où on veut aller. Ils parlent parfois d’indemnisation, nous on ne parle pas d’indemnisation, on parle de réparation. Parce que les Harkis ont subi un drame. Nous avons été spoliés, certes, mais nous, nous voulons parler de réparation.

Si on parle d’indemnisation, la communauté pieds noirs va s’accaparer de notre dossier et nous avons toujours été des sous-fifres peut-être de cette politique là.

Les lois d’indemnisation qu’il y a eu en 1970, 1975, etc… Nous on veut passer à une loi de réparation.

Le CNLH a travaillé sur ce dossier, le CNLH est prêt à faire des réunions, même à Paris, nous viendrons.

Voyez, j’ai ici une liste de toutes les associations qui ont rejoint le CNLH. Ce sont toutes les associations que nous réunissons.

M. Emmanuel Macron

J’ai bien entendu vos arguments en ce qui concerne la représentativité et la légitimité du CNLH. Je vous remercie, mais nous allons à présent passer la parole à M. Serge CARREL, afin que chacun ait le temps de s’exprimer aujourd’hui :

M. Serge Carrel

Je vous remercie de l’attention que vous portez à l’égard de nous nous. De nous faire l’honneur de nous recevoir en ce jour national au palais de l’Élysée.

Je ne suis pas ici pour refaire l’histoire, je ne veux pas abuser de votre temps qui est précieux. Vous avez dû lire des témoignages dans la presse, dans les colloques, ou dans les établissements scolaires.

M. le Président, le 19 avril 2017, vous avez reçu des représentants du CNLH à votre siège de campagne. Vous avez pris des engagements par rapport à la question Harkie. Nous avons attesté de votre qualité d’écoute, M. BERNOS nous a dit que si vous étiez élu à la présidence, vous feriez une action dans les 6 mois qui suivront. Nous sommes dans cette attente.

Nous devons travailler à la réparation financière estimée par les Harkis et leurs familles ; la réparation financière estimée par les enfants de Harkis par rapport à leurs pertes de chance.

Nous attendons un plan massif pour l’emploi des enfants de Harkis : le chômage de cette population est le triple de celui de la population nationale. S’ajoute la question des retraites pour les Harkis.

Les Harkis sont peu représentés dans la haute fonction publique, notamment dans les commissions de la Cour des Comptes.

Ils ne sauront se contenter de promesses non tenues, il est temps de trancher, de prendre des décisions. Le problème Harki est une question politique qui devrait être réglée sur le plan politique.

La cause des Harkis se résume en trois points :

1 ) Nous devons agir contre les injures, les discriminations, etc…

2 ) Reconnaissance : Jamais de toute l’Histoire, un chef d’État n’a livré ses propres soldats à l’ennemi. La réparation doit être faite à la hauteur du préjudice subi.

(souffrances, déracinement, internement dans les camps, etc…)

3) M. le Président, les Harkis ….. (M. CARREL se met à pleurer)

M. André AZNI

M. le Président,

Moi je vais être direct car je sais que vous êtes direct et que vous aimez bien les gens directs.

Moi j’ai toujours cru en vous. J’ai été le premier fils de Harki à venir vous voir après votre discours sur la guerre d’Algérie, avec Messieurs DAMAIZIN et SOUBIRAN.

J’ai même vu beaucoup de fils de Harkis me faire des réflexions quand j’étais à votre permanence, quand j’ai pris votre défense, quand j’ai collé pour vous, j’ai été dans les rues la nuit et le jour, je peux apporter des preuves photographiques. J’ai mis des drapeaux dans mon restaurant pour vous à Villeneuve-sur-Lot. J’ai aidé Olivier, il peut vous le confirmer.

J’ai fait mon contrat, alors j’attends de vous que vous remplissiez le vôtre envers la communauté Harkie.

J’ai rencontré M. BERNOS, je pense que M. BERNOS est incontournable pour la communauté Harkie ; c’est un homme de valeur, de convictions, sûr, il manque à la République.

M. Michel BERNOS est un grand homme, pourquoi ?

Parce que tout d’abord, il a été votre représentant le 18 mars à AGEN. C’est lui qui vous a représenté. Avec le discours qu’il a tenu, et la pacification qui a été faite auprès de notre communauté, je crois que le courant entre M. BERNOS et notre communauté est passé, et je crois qu’il est indispensable à la République.

M. Kader Tamazount

Moi je suis né à Rivesaltes. Il faut savoir qu’il y a des enfants enterrés à même ce camp. J’ai compris qu’il fallait trouver une responsabilité dans notre drame. J’ai grandi au camp de Bias. J’ai créé une fondation pour que soit reconnue la date du 12 mai 1962, date de l’abandon des Harkis. Je vous ai apporté les télégrammes de Messmer et Joxe.

Ensuite, devant l’incapacité des politiques à régler le problème des Harkis, nous avons saisi la justice. Nous avons réussi à prouver la responsabilité de l’État français dans le drame des Harkis. Les seules solutions proposées par le gouvernement dans le cadre de la réparation sont des mesures de droit commun. Cela fait 30 ans que les mesures faites pour nous par les gouvernements, sont des mesures de droit commun.

M. le Président, je suis convaincu que les grandes réformes que vous allez préparer en faveur des Harkis, vous aurez à cœur de les faire durant votre quinquennat. Je pense que cette fois-ci, il faudra mettre en oeuvre cette grande loi de réparation en faisant des propositions devant le parlement afin de juger les préjudices et la réparation.

M. Charles Tamazount

Le principe de réparation est reconnu par la justice. Le seul problème que pose cette réparation, c’est le problème de la diversité des situations. Il faut approfondir afin de pouvoir répondre à chacun au regard de la diversité des parcours. Nous avons été convaincants devant les tribunaux et nous avons étudié les situations diverses.Le problème de la réparation ne concerne pas que uniquement les enfants de Harkis. Il y a un décalage entre ce que je vois et la vie quotidienne. On ne peut pas, par un texte de loi, répondre de manière « uniforme » à des situations qui sont diverses. La réalité, c’est celle des enfants de Harkis qui ont vécu dans le camp de Bias ou de St-Maurice l’Ardoise, dans des situations dérogatoires du droit commun, dans des structures en-dehors de celles du droit commun.

Un texte de loi qui tenterait de répondre de manière uniforme « ça ne marchera pas ». Il y a des enfants de Harkis qui n’ont pas connu le parcours de tous ces gens.

L’enjeu est là. Le problème des Harkis suppose un dispositif qui permettra d’aboutir à la réparation et pourra peut-être aussi d’alimenter un dispositif, par exemple une fondation (à l’image de la CIVS), qui travaillerait sur un fonds de Mémoire, mais à travers ceci, travaillerait aussi à la réparation sur la base de témoignage de Harkis qui ont vécu dans ces conditions, ainsi que vous l’a montré Mohand SACI. Cela répondrait à cette soif de reconnaissance, et de réparation. Cela permettrait d’aboutir à une réparation juste et efficace. Non à des dispositifs de droit commun non adaptés.

Il faut travailler à approfondir. Il faut que les Harkis aient la même égalité des chances que tous les français. Il faut réparer par un geste pour leur redonner les chances qu’ils n’ont pas eues.

Mohammed Adouch

Pour les anciens Harkis, le temps presse.

Au-delà des querelles de représentativité, il y a des attentes partagées par tous :

- reconnaissance, mémoire, réparation juste et équitable.

François Hollande a tout reconnu.

Nous souhaitons la constitution d’une commission d’évaluation des préjudices subis par les parents et par les enfants.

Nous n’avons pas eu l’égalité des chances comme tous les autres français.

Nous vous demandons un geste pour réparer la chance que nous n’avons pas eue.

S’agissant du plan emploi, les enfants de Harkis ont plus de 50 ans aujourd’hui. Il faut donc plutôt faire un geste pour les retraites.

Il faut réunir un groupe élargi de personnes compétentes pour travailler sur ce dossier, à des solutions acceptables par tous.

Peut-être faudrait-il séparer ce groupe en deux : un groupe qui travaillerait sur la mémoire, un groupe sur la réparation.

M. Emmanuel Macron 

Si vous vous divisez entre vous, ce n’est pas bon.

Mme Kadra SAFRIOUNE

M. le Président, je voudrais avant tout vous remercier de nous recevoir ici, en cette journée d’hommage aux Harkis. Vous êtes le premier Président à nous recevoir ici. Ce rendez-vous fait suite à notre rencontre du 19 avril dernier. Nous avons abordé les différents sujets, l’état des lieux, le mémoriel, la réparation. Nous sommes tout à fait d’accord avec tout ce qui vient d’être dit ici. Monsieur le Président, nos Harkis se meurent.

Je pense que nous sommes dans une urgence plus que jamais.

Et nous vous avons fait confiance, M. le Président.

Si vous le faites, je pense que cela permettra à ceux qui restent de retrouver leur dignité et de partir en paix dans la sérénité, et nous de pouvoir travailler ensuite sur le devoir de mémoire.

Le temps presse sur le dossier de la réparation.

Si vous le faites, vous grandirez la France M. le Président, et vous rendrez l’honneur et la dignité à tous les Harkis.

En ce qui concerne les enfants, autour de cette table il y a les enfants, nous n’avons pas eu les mêmes chances, nous avons porté la souffrance de nos parents, donc ce que nous souhaitons, M. le président, afin de votre bienveillance, alors si vous faites quelque chose, M. le Président, ce qui aurait dû être fait avant, nous souhaitons que ce problème soit réglé une bonne fois pour toutes.

Je vais vous le dire très sincèrement, M. le Président, cette Histoire n’a jamais été prise en compte, cela n’a jamais été fait avant, alors M. le Président, faites ce qui n’a jamais été fait. Et croyez-moi que dans l’Histoire des Harkis cela restera.

Nous vous en remercions M. le Président.

 

M. Emmanuel Macron 

Est-ce que si, nous, on ouvre ce chantier dans ces termes, pourrons-nous travailler tous ensemble ? Ce que je veux dire, c’est que ce Comité reconnu dans sa pleine représentativité pourra-t-il travailler avec le G 12, parce que je vais vous le dire franchement, là c’est le G 12 qui est en bas, mais c’est très possible de retrouver des enfants de Messmer dans cette tour de 10 étages…

C’est important à un moment donné que vous puissiez tous vous retrouver pour travailler ensemble, chacun portant sa voix, on ne peut pas travailler en parallèle…

M. Mohand SACI

M. le Président, le G 12 a été créé suite à la grève de la faim de Boaza Gasmi. Nous faisions partie de ce G 12 au début, mais lorsque nous avons vu que ce G 12 n’était pas compétent, nous sommes partis.

M. Kader TAMAZOUNT

Il y a des personnes qui ne sont là que pour les revendications. Le G 12 n’est là que pour les revendications. C’est pour cela qu’on a fait la fondation du 12 mai 1962 : pour séparer d’un côté les revendications, l’histoire et la mémoire, de l’autre, une structure qui pourrait travailler à cette loi de réparation. Le G 12 pourrait travailler par exemple à ce qui concerne la mémoire, le G 12 on ne sait pas exactement ce que c’est. C’est quoi le G 12 ?

M. Boaza GASMI

M. le Président, si dans vos ministères les dossiers n’avancent pas, qu’est-ce que vous allez faire ? Vous faites un remaniement, vous changez les gens ou vous gardez toujours les mêmes ?

M. Emmanuel Macron 

Je suis d’accord, mais derrière cela, il est important que tous se réconcilient. Vous ne les trouvez pas assez ambitieux, très bien, pourtant, est-ce que cela justifie de ne pas vouloir les voir, ne pas vouloir travailler avec eux, ce n’est pas envisageable.

Je ne suis pas en train de vous dire que je vais me caler sur le moins ambitieux de la bande !

Si vous êtes là, c’est parce que j’ai envie de travailler avec vous. Mais ce qui est indispensable, c’est de faire converger l’ensemble de cette équipe qui représente la même cause. Moi ce que je vous demande, c’est de prendre cet engagement.

Ce que je voudrais :

On va lancer dans les prochaines semaines ce projet de réparation avec la volonté de définir les cas mais aussi les missions.

Il y a pour moi une partie historique, historiographique, c’est la mémoire, qui est importante. Il y a une partie réparation, surtout pour la première génération, et celle qui en sont les enfants. Il faut bien distinguer ces deux volets.

Sur la réparation, il y a des situations individuelles, il faut bien regarder les choses. Il faut qu’on arrive à déconcentrer le débat. Il faut qu’on arrive à le découper, c’est comme un bloc. Il faut avoir la réparation la plus intelligente et la plus fine possible. Il faut, sous l’autorité de la Ministre, avoir la possibilité de commencer cette mission très vite, qu’on y associe des députés pour travailler sur le sujet, comme M. DAMAIZIN, et connaître l’ensemble des structures qui veulent y participer. De toute façon, c’est toujours celui qui est compétent qui l’emporte. Il faut mettre tout le monde autour de la table, entrer dans une « granularité ».

Je suis prêt à travailler dans les prochaines semaines avec ce groupe très concret, qu’on va mettre en place, ainsi que je m’y suis engagée, pour aboutir à des projets concrets et à cette réparation.

Mme Claire TASSADIT HOUD

En effet, si nous voulons faire un travail sérieux, nous avons besoin de toutes les instances, non seulement le CNLH mais avec toutes les instances légitimes pour le faire. Dans l’exclusion nous n’arriverons à rien.

Boaza GASMI

Je sais on n’arrivera à rien comme ça, mais nous ça fait 6 ans qu’on est exclus. TASSADIT, je me permets de dire au Président de la République que nous avons été exclus. Notre représentante a remis à vos conseillers des dossiers de travail sur lesquels on peut se baser. Je crois qu’aujourd’hui, je vous le dis sincèrement M. le Président, je suis aussi homme direct, si vous reprenez le G 12 ça ne marchera pas. Pour nous, avec tout mon respect, c’est des papis…

M. Emmanuel Macron 

Mais il faut les respecter les papis… (sourires et tollé)

M. Serge Carrel

Vous dites que les papis c’est des bons à rien non ?

Vous parlez des papis, c’est moi qui a porté le fusil, c’est moi qui a combattu pour la France, je suis fier en tant que papi d’avoir servi la France

M.Rachid DRIDI

Aujourd’hui, moi ce que je voudrais dire à M. le Président, c’est qu’envers les jeunes générations, celles qui incarnent la jeunesse, je voudrais que vous preniez une décision politique, et arrêter avec les décisions administratives qu’on a eues, qu’on a subies depuis plusieurs années. Le courage politique, la décision politique, doit émaner du Président de la République et elle doit être courageuse. Pourquoi, parce que c’est la France et elle a une Histoire qu’elle doit assumer, voilà ! M. MACRON.

10 h : La séance est levée.

Après avoir posé pour quelques photos, M. Emmanuel Macron disparaît.

17 Pages au format PDF

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Honore 07/10/2017 00:46

Merci pour l'auteur de ce compte rendu. Il a demontre la faiblesse de certains une fois de plus et ce n'est pas des papis qui ont ete les moins ridicules. Qu'en 2017 des gens se permettent de se mettre en avant, "moi je", j'ai colle des affiches pour vous c'est sombrement ridicule. D'autre comme Charles Tamazount ont deja outrepassant ses prerogatives limitent la reparation aux seuls enfants de harkis restes dans les camps. Erreur historique et politique. On a l'impression comme avec Gasmi qu'ils sont de concert avec Macron jouant les epiciers sur la douleur, la souffrance. Sachez celles ci n'ont aucun prix! Heureusement des gens comme Haddouche, Carel...la dame avec des simples mots ont pu retablir la situation. Macron leur donne une lecon de savoir vivre qu'ils meditent sur cette lecon.

Abd El Kader 05/10/2017 20:36

Bonsoir. MS, je ne sais pas si votre message s'adressait à moi mais je tiens tout de même à vous préciser que je ne faisais que répondre à 1962 (ces pseudos m'agacent beaucoup...) qui a affirmé : "Jamais par exemple un membre du triste G12 n'en a produit un seul et rien sur leur dernière rencontre avec la secrétaire d'Etat Mme Darrieusecq le 11/9/17". Ceci dit, notre "élite" n'a jamais montré beaucoup d'empressement à défendre la cause Harki (j'en connais deux ou trois qui n'ont pas eu peur de se mouiller). La plupart de ces hauts-fonctionnaires, médecins et autres avocats ont une belle carrière et n'ont pas envie d'aller "prendre des coups". Vous savez, il y a des vrais militants qui n'ont pas un Bac + 5 et qui maîtrisent sûrement mieux le sujet au plan historique voire juridique que ces "compétences" dont on entend parler...S'il est important de maîtriser son sujet pour apporter la contradiction aux représentants de l'Etat, il est surtout primordial que le discours porté par les représentants Harkis soit cohérent et unitaire. Et là, c'est pas gagné !

Abd El Kader MOKHTARI 04/10/2017 20:02

Bonsoir. Petit rectificatif pour la personne sous le pseudo 1962 ; le Collectif National Justice pour les Harkis et leurs familles, créé par notre regretté Abdelkrim Klech, a fait un compte-rendu de la réunion qui s'est tenue le 11 septembre. Nous vous invitons à aller sur le site du Collectif pour en prendre connaissance. Ce que vous appelez un "excellent compte-rendu" ressemble plutôt à de la diarrhée verbale où nos brillants représentants ont passé leur temps à critiquer tous ceux qui ne les suivent pas et en clamant leur prétendue légitimité. PATHÉTIQUE !!! Et si vous prenez le temps de regarder d'un peu plus près ce qui a été dit au sujet de la réparation, vous constaterez que ces messieurs et la dame qui les accompagnait semblent d'accord avec l'idée du Président de réparer au cas par cas et de manière très restrictive. Un compte-rendu de la seconde réunion qu'a eue le Président avec les Harkis va être mise en ligne.

MS 05/10/2017 12:48

Bonjour

Mais pourquoi parlez vous donc de la réunion du 11/09 , nous en sommes à celle du 25/09 qui n'a à ce jour pas été mis en ligne par le CNLH ?

Quand à " 1962 " qui parle de " compétences si possible universitaires et connues pour leurs actions au sein du monde associatif " , moi je confirme clairement , haut et fort , que les compétences doivent IMPERATIVEMENT être universitaires ( personnes ayant fait des études supérieures à l'université ou en écoles d'ingénieurs ou autres ) afin de donner les bonnes répliques à leurs interlocuteurs politiques issus eux de science po , de normale sup ou de l'ENA .

"connus pour leurs actions dans le monde associatif " : OK , pourquoi pas mais cela me semble un peu restrictif , il y a dans notre communauté , des chefs d'entreprise issus de grandes écoles , des avocats ou des médecins , complètement anonymes et dont la compétence et très certainement bien plus grande qu'un président d'association qui n'a de président que le nom .

Pardon de vous apporter une contradiction , mais je suis sur que vous l'accepterez , car notre communauté est une communauté démocratique qui accepte et comprends les vertus de la contradiction dans le débat d'idées .

sadouni 04/10/2017 12:45

« Pour nous, avec tout mon respect, c’est des papis… » Aï ! Monsieur Gasmi, sachez que le Papi a mis autrefois sa vie en danger pour défendre la France en portant le fusil comme soldat avant d'être désarmé et abandonner. Pour cette remarque, je rejoins Serge. Moi aussi, j’ai beaucoup donné à une époque pour dénoncer l'injustice qui nous a été faite. Attention, quand même au mot réducteur, même si j'ai beaucoup de respect pour ce que vous faites monsieur Gasmi !

1962 04/10/2017 19:18

Ne faisons pas un mauvais procès à notre ami Boaza qui a utilisé ce terme assez gentil de "papys" pour qualifier l'inutilité du G12. C'était sa façon de faire comprendre à M.Macron qu'il valait mieux faire appel à d'autres compétences. Nous savons que dans le G12 il y avait des personnes plus jeunes responsables de son échec dont certains introduits par Boaza lui même. Maintenant le problème c'est de trouver au sein de la Communauté Rapatriés Harkis les éléments capables ayant des compétences si possible universitaires et connus pour leurs actions au sein du monde associatifs. Ils œuvreront ainsi à l'intérêt général pour le bien de tous dans la discrétion sans chercher à paraître sur les selfies ou sur les photos comme celle qu'on voit prise après la rencontre du 25 septembre 2017 à l'Elysée au point de cacher le président M.Macron et de relégué Boaza à l'arrière. "Pousse toi que je m'y mette"!
Cette photo paraît tout simplement lamentable quand on sait l'enjeu de l'effroyable drame harkis et le sérieux qu'il requière surtout qu'il continue encore à faire des victimes chez nombreux de ceux qui ont vécu dans les camps.
C'est dommage de gâcher la solennité qu'aurait dû avoir une telle rencontre au sommet de l'Etat.
C'est d'autant plus triste qu'on ne comprend pas quel est l'intérêt chez certains de toujours vouloir se mettre en avant sans aucune raison et sans avoir rien obtenu de concret.
N'ont-ils pas honte?

1962 03/10/2017 23:47

Excellent compte rendu même s'il est anonyme car on ne sait pas qui l'a rédigé. C'est vraiment dommage car ce travail non signé est à saluer. Merci à son auteur qui semble avoir reproduit fidèlement les prises de parole. C'est la première fois que nous avons un retour d'une réunion sur la cause harkis. Jamais par exemple un membre du triste G12 n'en a produit un seul et rien sur leur dernière rencontre avec la secrétaire d'Etat Mme Darrieusecq le 11/9/17. D'ailleurs, il semble que ce même lundi 25/9/2017 Macron aurait aussi rencontrés le G12 en aparté séparément du CNLH.
D'après ce qui est rapporté dans cette publication, il semble que ce sont pratiquement les mêmes personnes qui avaient rencontré M.Macron candidat qui ont retrouvé M.Macron président et que finalement ils auraient encore répété chacun le même discours. À quoi ça aura servi? On aurait aimé plutôt qu'ils posent une seule question à savoir : "maintenant que vous êtes elu à la tête de l'Etat que comptez vous faire de nos demandes quand vous étiez candidat?". Et c'était à lui de répondre sur ce qu'il comptait faire et décider en faveur de la communauté des rapatriés harkis.
Et basta!
Car il connaît bien le dossier et il n'ignore pas le travail et le résultat de toutes les commissions et les propositions existantes il y a plusieurs années. L'Etat possède des fonctionnaires qui font ce travail pour l'exécutif. Et sont aussi répertoriées toutes les actions revendicatives portées par la multitude d'associations sérieuses ou non depuis des dizaines d'années maintenant.
Quand au rapprochement avec l'Algerie rien n'empêche la France de le faire. Par contre, ça n'effacera pas l'horrible drame subi par les harkis et leurs familles et le gouvernement algérien doit reconnaître sa responsabilité dans leur massacre en violation des Accords d'Evian jamais respectés comme l'ont fait les présidents français Sarkozy et Hollande.
Quand à l'engagement de M.Macron on attend de voir puisque ceux qui l'ont rencontré semblent satisfaits. On verra bien dans les jours et les semaines à venir. InchaAllah.

Badri m'hamed 03/10/2017 21:35

Bonjour
Merci pour le bilan pour cette première réunion
Hate de voir la suite
Et surtout une concretisation

Cdlt

BOUALAM 03/10/2017 20:29

Certes comme l'a dit monsieur le Président il y a deux volets et pour cela ils faut associer les papis qui ont battu pour la France et que c'est grâce à ces derniers que la France doit réparer pour ceux des camps et ceux restés en Algérie,car les papis de France et d'Algérie se connaissent parfaitement bien quant aux papis qui ont étaient lynché et exécuté sommairement en laissant une veuve et 3 enfants de bas age avec un pécule trimestriel humiliant de 250 FF pour 4 personnes et qui continues toujours d’être considérés comme exclus du droit commun !
Unissez vous sans tiraillement et penser à tous les harkis et supplétifs qu'ils soient en France ou en Algérie car il s'agit d'une réparation totale et non partielle en pensant aux pupilles de la nation en Algérie auxquels leurs droits minimes sont bafouaient ils n'ont aucune considération particulière de la nation pour laquelle leurs pères ont laissé leurs vies.
je souhaite un bon courage et une bonne réussite à ceux qui pensent pour l'ensemble de cette communauté .

MS 03/10/2017 18:35

Un grand merci à harkisdordogne d'avoir publié ce compte rendu qui permettra à tout un chacun de se faire son opinion .
Permettez moi de vous donner la mienne .
Je suis partagé entre la colère et la honte , Messieurs les " représentants " de la communauté harkie , vous aviez face à vous la plus haute instance de l'Etat français et le minimum eut été de vous concerter au préalable afin de convenir de quelques règles déontologiques , de vous partager la parole mais surtout les thèmes à aborder ce qui aurait pu éviter des doublons et des propos déplacées tels que " c'est grâce à moi que le G12 a été créé " ou alors " ce sont des papis " ou encore " je suis fier d"être un papi " ou que sais-je d'autre .

Pour être tout à fait franc , je suis aterré par le niveau intellectuel de certains représentants qui me donnent l'impression de ne représenter qu'eux mêmes tant ils n'ont mis en avant que leur personnage et et une soi-disant grandeur de ce dernier .

Vous avez sans doute oublié que le personnage face à vous , s'il a été élu président de la république , ça n'est pas un hasard , et il a , lui , sans doute pris le temps de préparer cette rencontre et qu'il sait d'ores et déjà quel orientation il compte donner au dossier harki .
Durant votre temps de parole et vos palabres pour certains , il vous a observés , il vous a sondés et ses conclusions sons déjà tirées , pouvez-vous en dire autant ?

Toutes les conditions sont réunies pour faire aboutir une bonne fois pour toute le dossier harki ( même Darmanin , ministre des comptes publics , est lui même petit fils de harki c'est pour vous dire ! , alors Messieurs , de grâce , soyez conscients de la responsabilité qui est la votre , n'inventez pas , cela se verrait , ne faites que ce que vous ne savez faire , ne cherchez pas à paraître , concertez vous , organisez vous en amont , ne parlez que d'une voix , nommez à cet effet un porte parole chargé de porter cette voix et surtout ne le discréditez pas en public , bref ! soyez intelligents et vous sortirez grandis .

Ce sont là les paroles d'un fils de harki qui ne supporte plus ces ancestrales divisions au sein de notre communauté et encore moins certaines auto-proclamations de soi-disant représentants de la communauté harkie sous couvert de la création d'une association regroupant 3 ou 4 personnes .

Merci de me publier .

Foudi 03/10/2017 17:21

Bonjour,

Quel respect pour ces "Papy" ils se contredisent sans arrêt, ils défendent les Harkis et ensuite leur manque de respect... d'ailleurs Macron leur fait remarquer. Nous devrons avoir des élections nationales des Harkis pour élire ceux qui parlerons en notre nom.

Foudi 04/10/2017 11:45

Bjr

Monsieur vous avez fait la une très bonne analyse critique sur les comportements de nos représentants.

vont il laisser leur ego de coté pour une fois et se battre pour notre noble cause sans intérêts de reconnaissance personnelle?

Cordialement