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Les habitants de la cité Air et Lumière pleurent leur arrêt de bus à Maing (59)

Une poignée d’habitants de la cité Air et Lumière, là où se trouvait leur arrêt de bus.

Maing: Les habitants de la cité Air et Lumière pleurent leur arrêt de bus Depuis des travaux de voirie, à Maing en 2016, l’arrêt « Air et Lumière » de Transvilles a été supprimé. Les habitants de cette cité de Harkis estiment être abandonnés par la municipalité, ce que conteste le maire avec force.

Une pétition (cent signatures), des courriers à Transvilles et à Anne-Lise Dufour (maire de Denain et présidente du Simouv, le syndicat des transports du Valenciennois), des demandes au maire… Depuis la disparition de l’arrêt de bus « Air et Lumière », en 2016, les habitants de cette cité – où les Harkis sont arrivés dès le début des années 1960–, ont multiplié les initiatives. Sans résultat.

Ali Hamadi, au début du chemin piétonnier qu’il faut prendre pour aller chercher le bus.

Ali Hamadi, 74 ans, arrivé en 1963, élu au conseil municipal (dans la majorité) et président des rapatriés d’Algérie (1), mène ce nouveau combat depuis plus de deux ans. Sa demande est claire : « Nous demandons le retour de la ligne de bus cité Air et Lumière. » « Quarante ans que le bus passait là », nous montre-t-il, le long de l’avenue des Pâturettes. À deux pas des 150 maisons. Il faut désormais longer le stade de football, une résidence, avant d’arriver rue Bantegnies, pour trouver un autre arrêt de bus...

« On a bien du malheur à ne plus avoir de bus »

« On a bien du malheur à ne plus avoir de bus, regrette une dame, veuve depuis quatre ans. Je n’ai pas d’autres moyens de locomotion. Je prends le bus pour faire mes courses, aller voir mes amis, bouger ! Je ne veux pas rester entre quatre murs ! C’est gênant, pour moi, de toujours demander. Et le matin, les enfants qui vont à l’école, qui vont chercher le bus de l’autre côté, vous croyez que c’est agréable ? »

- Route défoncée, façades lézardées -

Transvilles comme le SIMOUV ont répondu à Ali Hamadi : la décision est celle de la municipalité et ils la regrettent. « On est sur une voie communale déstabilisée par les autobus, explique Philippe Baudrin, le maire. Les façades vibraient, se lézardaient. » Autre problème : le bus passait par le parking de la supérette. Quand il a été question de payer la rénovation de la voirie privée, ce qui a été refusé, le bus n’a plus eu l’autorisation d’y passer. Pas un problème, pour Ali Hamadi, qui nous a montré un détour possible.

« On a fait un aménagement piétonnier éclairé, poursuit le maire. Ce n’est pas l’arrêt de bus le plus éloigné, les scolaires peuvent faire deux cents mètres à pied, les gens peuvent faire du covoiturage. Je suis responsable des deniers communaux. »

« On est des pestiférés », « on est parqués ici », « on est délaissés ». Le sentiment d’abandon est fort, ici. Le maire s’emporte : « Il y a eu plus d’investissement dans ce quartier que dans les autres ! Je peux le chiffrer, leur quartier, en deux mandats, a eu plus que les autres résidences. Et la SIGH va construire des logements pour personnes âgées en mars 2019. J’ai du mal à entendre dire qu’ils sont délaissés. C’est injuste. » L’injustice est un sentiment partagé, à Maing.

(1) Confédération des Français Musulmans Rapatriés d’Algérie et leurs Amis, CFMRAA.

04/02/2019

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