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"Mission confiée par le Président Macron à Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d'Algérie"

LA COLONISATION ET LA GUERRE D’ALGÉRIE :

FAIRE VRAIMENT ŒUVRE DE VÉRITÉ !

A peine lancée, la mission confiée par le Président Macron à Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d'Algérie suscite déjà beaucoup de critiques et d'interrogations.

Le Chef de l'Etat souhaite une "reconnaissance entière, de part et d'autre, d'une histoire faite d'humiliations et de violences mais aussi de moments plus heureux".

Ces propos semblent confirmer la volonté affichée, avant son élection, de poursuivre le discours de vérité sur cette histoire commune partagée par des millions de français et d'algériens pendant plus d'un siècle.

Certaines voix se sont élevées pour fustiger Benjamin Stora en l'accusant d'avoir une vision partiale et partielle de la colonisation et de la guerre d'Algérie.

Au-delà de cette nomination, nous devons surtout nous interroger sur la capacité de cette mission à mener à bien ce travail de Vérité avec un délai de cinq mois qui lui est accordée.

Le Président Macron nous dit qu'il faut "avoir une relation décomplexée sur les questions mémorielles pour mieux se tourner vers l’avenir." 

Benjamin Stora affirme lui-même que le travail de l'historien se fonde sur des archives et des témoignages, sur le recoupement et la confrontation d'informations, surtout si l'on veut mieux comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette histoire terrible que fut la colonisation et la guerre d'Algérie.

 

S'agissant du groupe mémoriel Harki, habitué depuis de nombreuses années, à une certaine amnésie voire d'un mépris certain de la part des autorités françaises et algériennes, les inquiétudes sont nombreuses.

Pouvons-nous être sûrs que les différents acteurs iront jusqu'au bout de cette "reconnaissance entière, de part et d'autre" sur l'histoire si particulière de ces "supplétifs" enrôlés à tour de bras au côté de l'armée française ?

L'Algérie est-elle prête à confirmer ce qu'ont été les méthodes du FLN et la guerre dans la guerre entre ce même FLN et le MNA qui a contribué grandement à l'enrôlement de ceux que l'on nommera communément "Harki", avec tout ce que cela comporte d'insultant, aujourd'hui encore,  dans la bouche de beaucoup d'Algériens voire ici, en France ?

Nous noterons avec un certain amusement que le terme "Hirak" est utilisé par des millions d'Algériens et repris par les médias occidentaux pour désigner le mouvement de contestation populaire en Algérie.

"Hirak", "Harki" deux mots qui ont la même signification et qui désignent une même volonté de s'opposer à un régime totalitaire !

 

La France, quant à elle, saura-t-elle imposer la question si dérangeante des Harkis qui bat en brèche l'histoire officielle de la "révolution algérienne" et de ses mythes fondateurs que le pouvoir algérien n'a cessé d'utiliser pour justifier sa légitimité ?

Le Président Macron a parlé de "crimes contre l'Humanité" en référence à certains épisodes de la colonisation.

La conquête militaire menée au début de l'invasion du territoire occupé par les Ottomans fut une suite de tueries de masse et de dépossession foncière qui frappa de plein fouet la population civile avec près d'un million de personnes qui en décéderont.

 

Les terribles massacres de Sétif, Guelma et Kherrata ont été aussi des faits d'une extrême gravité qui peuvent être considérés, eux-aussi, comme des "crimes contre l'Humanité".

Le système colonial, son Code de l'indigénat, le véritable apartheid qui avait été instauré par la République Impériale font aussi partie de ces violences et humiliations dénoncées par le Président Macron.

 

Pour autant, l'Algérie est-elle prête à reconnaître tous ses torts ?

 

Est-elle en capacité d'admettre l'arbitraire du FLN, la terreur que ce parti imposa à tout un peuple et principalement la paysannerie algérienne qui représentait 80 % de la population totale qu'il fallait avoir avec soi ?

Les enlèvements, les tueries et autres actes de barbarie dont furent victimes les Européens d'Algérie au moment de la guerre d'indépendance et après seront-ils évoqués sans difficulté ?

 

Et surtout Benjamin Stora abordera-t-il l'abandon par la France (télégramme du 12 Mai 1962) et le génocide des Harkis et de leurs familles qui a vu des milliers de personnes tuées dans des conditions d'horreur indescriptible ?

 

Vouloir restituer le passé dans toute sa Vérité suppose un travail historique d'une grande rigueur et une totale objectivité.

Mais ce travail de Vérité est d'abord conditionné à un véritable courage politique, sans arrière pensée et dans le respect des groupes mémoriels concernés.

 

Les Harkis et leurs descendants réitèrent leur demande auprès du Chef de l’Etat et de M. Stora  pour que cette mission sur la colonisation et la guerre d'Algérie n'élude aucun pan de cette histoire douloureuse.

Ils exigent le respect de la Mémoire collective Harki fondée sur les événements qui se sont déroulés en Algérie puis sur le territoire Français où leur accueil mérite aussi d’être relaté sans tabou.

 

Collectif National Justice pour les Harkis et leurs Familles

Rassemblement Harki

Comité du 12 mai

 

Un courrier à l’attention du Président de la République va être rédigé prochainement pour lui faire part de nos préoccupations sur cette question mémorielle.

Nous invitons tou(te)s les représentant(e)s d'associations et simples militant(e)s à signer cet appel.

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Commenter cet article

révoltes1975 27/08/2020 19:12

On nous dit que Stora est respecté des deux côtés » oui c’est l’ami du FLN. Par conséquent, du côté du pouvoir algérien on a désigné un soi disant « historien » membre du FLN et de l’autre côté français on choisi un « historien » de la guerre d’Algerie connu pour être proche du pouvoir FLN ... pauvre Harkis.

SALEM BOUAKKAZ 26/08/2020 12:16

Encore un simulacre de reconnaissance et vous cautionner cette fourberie!ce président d'opérette et son gouvernement se fou de nous,aucune confiance ne peut être accordée à ces fourbes qui nous méprisent,si vous voulez être respecter et reconnu il va falloir employer des moyens plus énergiques pour qu'ils soit efficaces,rappelez vous 1975 , BIAS, ce fut le seul moyen d'être entendus, aujourd'hui, cela doit se réaliser au niveau national et combattre ces enfoirés qui nous dénigrent,nous méprisent et qui nous ont jeté à la marge de ce pays,les algériens sont mieux considérés que nous après avoir botté le cul à la france qui lèche les pompes du FLN pour des accords commerciaux et autres,ne croyez rien que puisse dire ce président et son gouvernement,s'il le peuvent, ils offrirons à nouveau nos gorges aux lames du FLN pour un peu de gaz ou des intérêts personnels,ils n'ont aucun scrupule .

Vincent REGIOR 25/08/2020 18:48

Ilest à crainder que ces approches ne soient en réalité que des accords bilatéraux économique sous le couvert d'échanges historiques .Pourquoi ne serait il pas envisageable de créer des groupes indépendants de part et d'autres de nos Pays sans les pouvoirs publiques . ces groupes de concertations seraient composés des différentes couches sociales ethniques et de toux âges avant les disparitions complèrtes des très anciens d'entres nous .