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Mohamed Sanhadji, le Monsieur sécurité des Bleus, se livre pour la première fois

Ce commandant de police âgé de 51 ans ayant grandi dans des camps de harkis et toujours très discret, s'est exprimé lundi dans les colonnes de Midi Libre :   

Mohamed Sanhadji : "La France m’a tout donné, je ne lui en serai jamais assez reconnaissant".

Le commandant de police, officier de sécurité de l’équipe de France de football depuis plus de quinze ans, a accepté exceptionnellement de nous répondre.

Vous êtes depuis plus de quinze ans à la tête de la sécurité des Bleus. En quoi consiste votre action ?

Je suis officier des Compagnies républicaines de sécurité (CRS), je dois beaucoup à cette institution à laquelle je suis resté fidèle depuis plus de trente ans. Il y a deux principales missions dans le cadre de mon action. La première, c’est la liaison avec toutes les administrations, organisations et institutions internationales. Il s’agit de mettre en place, véhiculer et cadrer la bonne information en fonction des lois et règlements du pays dans lequel nous nous rendons.

Ensuite, il y a la partie sécurité. Appartenant au ministère de l’Intérieur et mis à disposition de la FFF, je dois organiser le séjour d’une délégation nationale dans les meilleures conditions, en fonction de divers paramètres que sont la sécurité, la tranquillité et l’intimité du groupe.

Bio express

Né le 19 octobre 1968 à Cadenet (Vaucluse), Mohamed Sanhadji a grandi dans un camp de harkis, aux côtés de ses parents et de ses onze frères et sœurs. Très tôt, il s’est engagé pour servir la France, en devenant gardien de la paix CRS, puis officier CRS. En 1999, il est envoyé au Kosovo, dans le cadre d’une mission des Nations Unies. Blessé lors de cette opération, il est choisi, quelques années plus tard, pour occuper le poste d’officier de sécurité et de liaison auprès de la FFF. Rôle qu’il occupe depuis plus de quinze ans.

Vous êtes considéré par beaucoup comme le “Monsieur République” des Bleus. Pourquoi ?

J’ai grandi dans ce que l’on appelait les camps de harkis. Il n’y avait pas de sanitaires, nous habitions dans des préfabriqués. Nous avons eu faim, nous avons eu froid. Il fallait que les grands de la famille montent sur le toit pour éviter qu’il ne s’envole. C’était un temps où nous ne pouvions faire qu’un repas par jour, certaines personnes nous amenaient des vivres et des habits. Les grands se jetaient sur les pâtes, le riz et les vêtements. Moi, j’étais l’un des plus petits.

Un jour, dans un sac, il y avait un dictionnaire. Il lui manquait des pages mais c’est ce qui m’a permis d’apprendre des choses, de voyager. J’avais 4 ou 5 ans, je me souviens qu’un mot résonnait beaucoup pour moi, c’était le mot République. Même si j’étais baigné dans ce contexte, étant fils de militaire de l’armée française, cette idée de la République, comme je la lisais et la comprenais, me fascinait. La France est tellement riche humainement, je lui dois beaucoup

Vous arrive-t-il d’aborder ce sujet avec les joueurs ?

C’est mon devoir, même si je ne cherche pas à le mettre en avant. Je crois qu’il est important que les jeunes qui arrivent, aussi expérimentés soient-ils sur un terrain, aient en permanence à l’esprit nos fondamentaux. Nous sommes tous des ambassadeurs de la France. C’est important de le rappeler, de le vivre et de le transmettre. Par rapport à mon histoire, c’est quelque chose d’ancré, de très fort. C’est un devoir pour moi de transmettre ces valeurs. La France est tellement riche humainement, je lui dois beaucoup.

Comment se matérialise cette transmission ?

Par une attitude, un comportement. C’est aussi, lorsque le moment le permet, des discussions, des échanges et des explications sur nos valeurs communes. Derrière ce mot qu’est la République, notre souci est de la faire vivre, de lui donner une âme et un corps.

Distingué par le Comité régional olympique et sportif

Entouré d’Henri Émile et de plusieurs proches, c’est ce samedi, à l’Agora du Crès, dans la banlieue de Montpellier, que Mohamed Sanhadji a reçu la médaille d’or de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative des mains du président du Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) d’Occitanie.

"Je suis heureux que cette décoration me soit remise dans ces lieux et par Richard Mailhé. Il a été un exemple, un guide pour moi. Je sais ce que je lui dois et ce que nous lui devons tous", a déclaré Mohamed Sanhadji.

À l’image d’Antoine Griezmann, qui s’était confié lors du Mondial 2018 sur la fierté d’être Français, cet enjeu semble avoir été compris par les Bleus…

C’est un travail qui est entrepris depuis des années. Je peux assurer qu’il n’y a pas de tricheurs. Je suis officier de police, j’y suis très attaché et si je ne me sentais pas en phase avec les Bleus, je pourrais travailler ailleurs. Je ressens dans le groupe un véritable amour pour le pays, pour sa richesse humaine, régionale, culturelle et sociétale. Nous formons un tout. C’est devenu un réflexe tout à fait naturel et pas du tout forcé.

Vous ne vous étiez jamais exprimé auparavant dans une interview. Pourquoi maintenant ?

C’est effectivement la première fois que je m’exprime, et sûrement la dernière. J’ai toujours cultivé la discrétion, c’est dans ma nature, mon éducation mais également mon histoire. Si j’ai accepté de parler, c’est parce que l’on m’y a autorisé et que l’on m’a même encouragé à le faire. Je souhaitais renvoyer l’ascenseur et rendre à ce beau pays tout ce qu’il m’a apporté. C’est une démarche très modeste, mon parcours accidenté m’a fait gagner en humilité.

Je me suis très vite rangé dans l’ombre pour pouvoir évoluer et me construire. Ce sont des paramètres auxquels je ne peux pas déroger. Je ne suis en attente de rien, mon unique objectif est de vouloir, très humblement, servir mon pays. Cette interview est une parenthèse que je vais refermer. Elle n’a pas d’autre but que de transmettre mes remerciements à l’ensemble de nos concitoyens, quels qu’ils soient, mais aussi à ce grand pays qui est le nôtre. La France m’a tout donné, je ne lui en serai jamais assez reconnaissant.

Les événements de novembre 2015 ? "Un moment terriblement difficile"

Les tragiques événements du 13 novembre 2015 ont ils accentué le sentiment de fierté d’être Français et d’amour pour le pays ?

Je ne crois pas, cela existait déjà avant. Le 13 novembre nous a fait prendre conscience, à nous tous, de notre triste réalité.

Est-ce l’épisode le plus difficile de votre carrière ?

De la mienne, oui. J’en ai eu d’autres à titre personnel, dans le cadre professionnel (blessé au Kosovo). Mais c’est vrai que cela a été un moment terriblement douloureux et difficile. Ce soir-là, nous avons basculé dans une autre ère. Les enchaînements d’attaques nous ont fait basculer dans moins d’innocence. Nous pensions que le sport pouvait permettre de dépasser certains cadres. Le fait que ces attaques démarrent au Stade de France et la violence des faits perpétrés par la suite nous ont fait basculer dans quelque chose de différent.

La Légion d’honneur vous a été décernée l’année dernière par Emmanuel Macron. Est-ce la récompense du pays pour votre investissement ?

Je ne cache pas que cela a été un moment très fort. Je tiens d’ailleurs à remercier le président de la République. À travers cette récompense, j’ai revu l’histoire des miens, j’ai vu notre communauté nationale dans ce qu’elle peut réaliser de plus extraordinaire. J’ai notamment pensé à ce petit Français que j’étais, avec cette volonté de servir du mieux possible son pays.

Des petits comme moi, qu’ils s’appellent Mohamed, Patrick, José, Paolo ou Mamadou, je suis convaincu qu’il y en a beaucoup aujourd’hui. C’est quelque chose que je souhaite partager avec le plus grand nombre possible de personnes. Derrière toutes ces histoires, il y a quelque chose de commun à tous, que l’on soit concerné ou pas directement. Je ne peux pas oublier ceux qui nous ont aidés et tendu la main lorsque j’étais petit. Je ne saurais peut être jamais le nom de celui qui m’a donné ce dictionnaire, mais il faut qu’il sache à quel point il a été important pour moi.

09/03/2020

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firech 15/04/2020 01:28

Slim votre témoignage et très touchant et véridique envers Mohamed Sanhadji un homme de forte qualité humaine. On aimerait juste pouvoir connaître un jour comment il a vécu et géré en tant que responsable policier les affaires qui ont défrayé la chronique de l'équipe de France. Simple curiosité footballistique.
On attendra.

Meriem 12/04/2020 03:11

Bonsoir Rime,
Je suis l’actualité de ce site depuis ses débuts et je suis contente de pouvoir retrouver une actualité qui me tient à cœur. J’avoue cependant avoir de plus en plus de mal à comprendre certains reproches, certaines attaques,... Le « c’est bien mais... » en est une illustration.
Je me permets de réagir par rapport à votre commentaire mais aussi à celui d’autres personnes.
J’ai bien lu l’article de Midi Libre ainsi que les différents commentaires postés sur ce site et notamment celui de Nadia, une dame qui était présente lors de cette manifestation, et celui d’un militaire de carrière (Hocine) qui a parlé du devoir de réserve. Je pense qu’il faut accorder du crédit à cette dame qui était présente et témoin mais aussi à ce militaire qui maîtrise le sujet dont il est question.
En outre, j’ai parcouru la toile pour prendre la mesure de ce que vous avancez. Je peux vous dire que c’est bel et bien la première fois que ce policier s’exprime! Il n’a jamais parlé à la presse auparavant.
A Montpellier, il est intervenu en qualité de policier et c’est d’ailleurs comme ça qu’il a été présenté. C’était son unique intervention. Cela rentre donc bien dans ce qui a été avancé, à savoir qu’il doit avoir l’autorisation de sa hiérarchie pour s’exprimer. J’ai regardé également les obligations des fonctionnaires de police et ils doivent être autorisés par leur hiérarchie pour s’exprimer dans la presse même sur leur vie privée. Si vous avez d’autres sources officielles, je suis intéressée.
Il s’agissait d’une manifestation du sport olympique et amateur. Je comprends parfaitement que son intervention concerne ce sujet à 99%. Je ne vois pas en quoi il fallait déroger pour évoquer d’autres sujets importants qui auraient occupé tout le temps de l’intervention ?
Pour ce qui est des décorations, cet homme qui a servi le pays dans des théâtres de guerre en tant que militaire et policier mérite je pense très largement ses décorations. J’ai découvert dans la toile qu’il avait notamment été blessé gravement au Kosovo et rapatrié dans un état sérieux. Alors quand vous dites les décorations c’est bien, je pense en effet que c’est très bien. Je suis contente que notre pays honore nos compatriotes courageux et méritants. Je ne connais pas cet homme qui pourrait être mon fils et je peux vous dire que cela m’a procuré beaucoup de fierté.
Pour ce qui est « d’apporter à la communauté ». Je crois que chacun de nous apporte à sa manière et selon ses possibilités. A travers la belle image qu’il véhicule, je pense qu’il sert très bien la communauté, ou du moins c’est mon sentiment. Je ne dois pas être la seule à le penser.
Je crois que lorsque l’on a un compatriote valeureux, humble, discret et honnête, dixit internet, il faut éviter d’atteindre ces gens qui ne demandent qu’à vivre paisiblement.
S’agissant des actions pour la reconnaissance et la sauvegarde de la mémoire des camps. J’ai pris soins de me renseigner et je crois que cet homme et sa famille ne sont pas en reste. C’est ce qui m’a été rapporté par des amis installés en PACA. Je crois qu’une fois de plus il est dommage d’alimenter de cette manière un site qui est là pour nous rapprocher. Je crois pouvoir dire que c’était le but recherché du créateur et j’en profite pour le féliciter et le remercier.
J’espère ne pas vous avoir heurté et si c’était le cas je vous prie de bien vouloir m’en excuser.
Je suis une mamie qui en a beaucoup vu dans la vie, trop même, et qui a dû mal à voir ses enfants se déchirer lorsqu’il n’y a pas la place.
Bonne continuation et soyons fiers de notre Histoire.
Bien à vous
Meriem

firech 19/03/2020 13:03

Ce policier fils de Harki a pour mission de protection de l'équipe de France mais on ne le voit pas près des joueurs dans les déplacements et les matchs. On aimerait savoir quel a été son rôle quand les joueurs s'étaient révoltés en Afrique du Sud ou dans l'affaire de la sextape de Valbuena qui avait entraîné l'exclusion de Karim Benzema le meilleur attaquant de l'epoque?
Notre compatriote a dû gérer ces tristes affaires?

Slim 12/04/2020 11:23

Bonjour firech,
J’ai pu voir à l’œuvre ce policier lorsque la France a joué à Lens et à Lille et ce policier est justement très proche des joueurs et il est toujours à leurs côtés même si c’est quelqu’un de discret. Je suis d’ailleurs surpris qu’il parle pour la première fois à la presse, lui qui a toujours refusé. Il avait donné un souvenir à mon fils à Lens et ça m’avait beaucoup touché. Je ne le remercierai jamais assez car c’était un moment très difficile pour mon fils...
Cette proximité avec les joueurs est évoquée dans cet article mais aussi dans d’autres articles de presse notamment du Parisien que je vous conseille de lire. On voit d’ailleurs qu’il a un rôle très important dans l’organisation.
Il fait partie du staff de l’équipe et il est proche aussi des sélectionneurs. Il est d’ailleurs sur le site internet de la FFF avec le staff de l’équipe de France. Il est champion du monde aussi comme les autres membres du staff et les joueurs. C’est géant !
Je ne sais pas s’il parlera un jour de l’Afrique du Sud et d’autres affaires car ça ne semble pas lui correspondre. Il a dû en voir je pense...
Ce que l’on peut dire c’est qu’il est en poste depuis plusieurs années et tout le monde a été viré après le fiasco de l’Afrique du Sud et il est un des rares à avoir été maintenu en poste. C’est que ce professionnel doit être très bon à tous les niveaux. Y a personne qui nous fait de cadeau et on le sait bien.
D’ailleurs Zidane qui ne s’en est pas caché voulait le récupérer au Réal de Madrid avec lui. Je suis content qu’une personne de notre communauté occupe une telle fonction de responsabilités et possède cet excellent état d’esprit. C’est vraiment un homme très sympa et très simple. Il n’a pas oublié d’où il vient croyez-moi et vous pouvez aller à sa rencontre, vous serez agréablement surpris.
J’ai lu certains commentaires postés négatifs ou de reproches et franchement certains sont fatiguants. On ne pourra pas avancer avec de telles réactions et comportements. Il fait pas si, il fait pas ça, etc...
Ces donneurs de leçons veulent quoi ?
Cet homme est champion du monde de football 2018 et c’est le premier de notre communauté! Si ça ce n’est pas important pour la communauté alors je ne comprends rien. Et tout ce qu’on trouve à dire c’est du bla bla. Que ceux qui font tant de choses nous expliquent ce qu’ils font de si grand pour la communauté ? Faut arrêtez de critiquer inutilement et surtout injustement des gens que l’on ne connaît pas et de raconter des salades et des mensonges. Moi je suis fier de ce compatriote qui est un exemple pour beaucoup. Mon fils a été soigné de sa maladie et veut faire policier dans le foot. Je crois savoir pourquoi.
Merci à cet homme et merci à tous les gens positifs de la communauté.
Slim 62

Rime 18/03/2020 00:16

Ce n'est pas le premier article que publie harkisdordogne sur ce fils de Harki officier de police et ce n'est pas la première fois qu'il parle. Il est vrai que qu'on parle de sa vie privée on n'a pas besoin de l'autorisation d'un "chef de camp". Ce qui est soumis a un accord de la hiérarchie c'est quand on s'exprime en tant que policier ou représentant de ce corps. Donc là n'est pas le problème.
Ensuite on peut saluer le parcours exemplaire de Mohamed Sanhadji mais qu'apporte-t il a la communauté des francais musulmans harkis? Il dit qu'il y appartient mais ne s'adresse jamais à elle. Pourquoi? On aimerait bien l'entendre sur ce sujet et ce qu'il peut apporter a notre communauté. Des décorations c'est bien, des actions pour la reconnaissance et pour la sauvegarde de la mémoire des camps c'est mieux. On attend de voir.

Nadia 11/03/2020 23:32

Bonsoir M. Djelloul,
Ça sera mon dernier message car sincèrement je ne cherche ni à polémiquer et ni à vous convaincre.
Je trouve dommage que vous vous êtes arrêté sur une phrase alors que l’on a une grande et belle interview. Un tel article sur Midi Libre c’est si rare !
C’est votre point de vue et je le respecte mais j’ai vu tellement de belles choses et de beaux symboles dans cette interview. Je rappelle que c’est un journaliste qui écrit l’article...
Vous n’avez pas lu mon message et celui du monsieur qui est militaire ?
Il y a des professions où il y a un devoir de réserve (policiers, gendarmes, pompiers, militaires,etc) et il est interdit de s’exprimer en public ! Il faut donc être autorisé par sa hiérarchie et cela n’a rien à voir avec l’origine de la personne ou le « chef de camp »!
Ce policier nous a expliqué qu’il avait obtenu l’autorisation de sa hiérarchie parce qu’il voulait honorer le sport olympique et amateur ! C’est à saluer et c’est très grand.
Il rajouté, comme je vous l’ai écrit, que ce sont les joueurs de l’équipe de France qui l’ont encouragé à parler! Certainement qu’ils l’apprécient et veulent qu’ils soient mis à l’honneur. Ce sont les encouragements des joueurs ! Beau symbole ! Et quand on faut l’effort d’aller sur internet on comprend mieux.
Je ne vois donc pas ce qui est choquant ou « TERRIBLE » comme vous l’avez écrit. On est dans la normalité et les règles d’usage.
Cessons de ne voir que le mot ou la phrase qui peut nous déranger lorsque de belles pages sont écrites. A défaut essayons d’être plus tolérants.
Cordialement

Mohand 13/03/2020 17:02

Bonjour Madame ,

Je comprends très bien ce que Djelloul exprime en disant " les chefs de camps c'est fini ! " et je pense par ailleurs que l'on ne peut comprendre cela que si un jour , dans sa jeunesse , on a pu être confronté à ces " voyous " à qui la France a confié le droit de vie ou de mort sur les misérables rapatriés que nous étions et je vous évite par respect la description des exactions commises par ces mêmes voyous sur certaines jeunes filles des camps en muselant ensuite la parole en interdisant l'expression ...Alors , de grâce , laissez Djelloul extérioriser ses pensées , on a tous compris ce qu'il a voulu dire car il a probablement croisé dans un camps un de ces voyous . A Djelloul , je dis respect mon frère .

Djelloul Mimouni 11/03/2020 21:04

Bonsoir,
Madame Nadia, savez vous ce qu'est un chef de camp ?
Sachez que je ne me permettrai jamais de critiquer une personne que je ne connais pas, encore moins un fils d'harkis. Alors pour que les choses soient claires Mme Nadia, je vous invite à relire mon commentaire et vous comprendrez peut-être que je ne m'adresser pas du tout à ce Monsieur mais à ceux qui l'on autorisé et encouragé à parler.
Cordialement

Nadia 11/03/2020 18:48

Bonsoir,
J’étais présente à Montpellier pour ce grand moment du sport olympique et je voudrais réagir par rapport à ce que je lis. Il faut arrêter ces polémiques et ces vues d’esprits qui ne servent personnes. Sortir des choses de leur contexte et interpréter des mots, des phrases, loin de la réalité ne fait rien avancer. Je ne connais pas ce policier et je n’aime pas le foot. J’avoue pourtant avoir assisté à un grand moment, avec cette remarquable présentation. J’ai rarement vécu une telle expérience même si le sport de haut niveau m’en a procuré de très belles.
Toute l’assemblée s’est levée pour l’applaudir et je n’étais pas la seule de la communauté. Si quelque chose nous avait heurté nous l’aurions manifesté. D’autant que j’étais là lorsque des journalistes lui ont posé des questions !
J’étais donc présente physiquement à Montpellier et cet homme ne s’est jamais considéré comme un « chef de camp » comme je peux le lire. Il n’a jamais parlé au nom des autres, d’une cause ou d’un sujet qui ne le concerne pas ! Il a parlé avec beaucoup de pudeur de sa vie personnelle, de son histoire. Cela a été bref car toute l’interview concernait son métier.
Ces mots et ces phrases ont été écrits par un journaliste !
Nous sommes donc qui nous pour juger ? Le faire de cette manière alors que vous n’étiez pas présents ? Il faut éviter ces procès qui sont stériles et qui témoignent du degré de tolérance.
Autorisé par sa hiérarchie et encouragé par les joueurs de l’équipe de France, comme il a précisé, il a parlé de sa mission professionnelle et en a très bien parlé. C’est la première fois qu’il s’exprime et nous avons été très honorés.
Je suis fier d’avoir rencontré ce monsieur. Il est positif, exemplaire et très humble.
Nadia B.

Djamila 11/03/2020 12:07

Bonjour à tous,

Je n'écris pas pour accabler Mr Mohamed Sanoudji, mais comme le dit très bien Mr D. Mimouni, la phrase est terrible.

Maintenant, que je suis à la retraite, je me permets de défendre ce monsieur. En effet, à sa décharge, il a du signer le document d'engagement de responsabilité >.

Oui, il ne le doit qu'à lui même par son travail et rien d'autre. La France n'a pas été à la hauteur de sa grandeur, pour l'accueil de ses soldats >. Combien d'enfants d' harkis n'osent pas dire qu'ils sont filles ou fils de harkis, sous peine de se faire trucider dans la rue.

Et que dire de la tristesse de nos mamans (parents), de ne pas avoir revu ses vieux parents avant qu'ils ne meurent en Algérie dans l’indifférence et la pauvreté la plus total.

J'ai eu à exercer dans mon ancien job des tâches régaliennes, mais à aucun moment pour mon embauche, je n'ai fait valoir que j'étais fille de harki, je ne le dois qu'à moi même et de cela j'en suis très fière.

Bien cordialement,

Djamila de Toulouse

Hocine 11/03/2020 11:59

Bonjour,
Merci d’avoir repris cette publication de Midi Libre et d’alimenter ce site avec des informations intéressantes.
Je sais que nous avons tous des points de vue différents, des sensibilités différentes et des histoires personnelles différentes. Il faut les respecter et ne pas porter certains jugements rapides !?
Je voudrais dire que je connais la famille de ce policier. Des gens très simples, discrets et respectables. Lorsque Mohamed dit avoir été « autorisé et encouragé à parler », il fait référence à son métier, à ses fonctions, à sa mission professionnelle en équipe de France, à des éléments techniques ! C’est vraiment de ça dont il s’agit et quand on lit tout l’article on en prend la mesure. Il y a des métiers où l’on ne peut pas s’exprimer comme ça et ça se comprend. Je suis militaire et j’ai les mêmes obligations.
Je trouve d’ailleurs très intéressant cet article car je suis un passionné de foot et de l’équipe de France !
Pour le reste, c’est son histoire strictement personnelle et il a le droit d’en parler librement s’il le veut. Il ne parle au nom de personnes et ne se pose pas en porte parole et encore moins en représentant ! Il ne fait pas d’ombre aux autres histoires collectives ou personnelles qui sont respectables et à respecter.
Il faut connaître cette famille pour savoir qu’il n’y a pas un brin d’intérêt dans ce qu’ils font. Des gens toujours prêts à aider les autres dans la plus grande discrétion.
Il faut cesser certaines polémiques inutiles et ne pas attaquer quand il n’y a pas la place.
Bonne continuation
Hocine

Mohand 11/03/2020 00:52

Bravo pour votre site

Djelloul Mimouni 10/03/2020 21:21

Bonsoir à toutes et à tous,
" Si j'ai accepté de parler, c'est parce que l'on m'y a autorisé et que l'on m'a même encouragé a le faire".
Cette phrase est TERRIBLE. M. Sanahadji, les "chefs de camps" c'est fini, terminé ! De cette interview je ne retiendrai qu'une seule chose, comme tous les harkis et leurs familles, l'attachement indéfectible à notre patrie la France.

GuyRegazzacci 11/03/2020 11:48

Bonjour à tous, bonjour Djelloul,

Tout est dit dans votre dernière phrase : "Attachement indéféctible à notre patrie la France"

Cet attachement est en nous, nous sommes fidèles, c'est tout.

Nous ne sommes ps dupes, nous savons très bien que cet attachement a été bafoué par notre propre patrie.

Harkamicalement.

mémoire des camps 10/03/2020 19:22

Bonjour,

Merci pour ce reportage d'un enfant de la république.
Mais monsieur Mohamed Sanhadji, a grandi au hameau de forestage à Rians 83 puis au hameau de forestage de Cucuron 84, un des 70 hameaux de forestage en métropole.

Combien d'enfants de harkis n'ont pas eu la chance de monsieur Mohamed Sanhadji.
Combien sont-ils en échec scolaire.
Combien dans la précarité.
Combien dans l'alcoolisme.
Combien de suicide.
Combien au chômage.

Combien sont-ils enterrés dans les camps de la honte, 146 tombes au camp de Rivesaltes, 70 tombes au camp de st Maurice L'Ardoise, 6 tombes au camp de la Rye, 11 tombes au camp de Bourg-Lastic.

Voilà la République française, le cadeau a ces enfants, la RÉPUBLIQUE a abandonné ces enfants.

Guy Regazzacci 10/03/2020 15:02

Bonjour à tous,

Parcours exemplaire de ce capitaine de Police. Ce qu’il tente d’inculquer aux joueurs de notre équipe et à saluer et à mettre en exergue.

Par contre, Monsieur Sanhandji, vous dites que vous devez beaucoup à la France, je vous trouve bien gentil et c'est peu dire, eu égard à ce que vous décrivez lorsque vous étiez parqués dans ces camps de la honte tels de vulgaires criminels sachant de plus que votre père avant d'être Harki avait combattu en Indochine sous le drapeau Français.

Il me semble que vous êtes bien modeste, c'est surtout grâce à votre ténacité que vous avez réussi comme un grand nombre d'enfants de Harkis.

Vous et vos parents ne doivent rien à la France, C’est la France qui est en « DETTE » vis-à-vis de votre communauté, c'était à la France de vous apporter ce que l'on doit à des personnes qui se sont sacrifiées pour le bien d'un pays? Celui-ci -notre pays- n'a jamais vraiment œuvré pour "CLORE" la problématique Harkis.
Sinon, nous n'en serions pas là, 58 ans après à évoquer votre enfance inacceptable et indigne.
Sinon, il n'y aurait pas en les émeutes de 75.
Sinon, il n’y aurait pas eu les émeutes de Narbonne…
Sinon, il n'y aurait pas eu les multiples grèves de la faim.
Sinon, la communauté Harkis ne se serait pas fait rouler dans la farine après la parution du fameux rapport CEAUX très récemment sous l’ère Macron.

Les exemples sont hélas multiples et reproduits ainsi depuis votre accueil ignoble sur le sol métropolitain.
Sans omettre bien sûr qu'avant tout cela, sur le sol votre terre natale vous avez été désarmés, abandonnés et massacrés dans des conditions innommables.

En fait, je ne sais pas trop pourquoi, nous, Harkis et Pieds Noirs confondus, sommes restés fidèles à notre patrie.
Peut être, et cela n’engage que moi, parce que l’exemple du régime sévissant de l’autre coté de la méditerranée nous fait relativiser notre exode et ses conséquences Peut être également, que les valeurs de la République Française sont fondamentalement justes et équitables. Peut être avons-nous en nous ces dites valeurs d’hommes dignes…

Mais, il y a un grand « MAIS », eut-il suffit qu’elles soient appliquées aux rapatriés d’Algérie toutes confessions confondues avant et après la fin de l’Algérie Française.
Cela n’a pas été le cas et cela reste une tâche indélébile pour notre pays et comme le disait le maréchal JUIN, la France est en état de pêché mortel vis-à-vis des rapatriés et elle devra en répondre.
Et, pour finir, au sujet de l’Algérie, Ferhat Abbas, un des premiers leaders nationalistes Algérien ne disait-il pas : « La France a commis un crime en livrant l’Algérie aux tueurs et aux assassins !»

Harkamicalement.