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Le Mémorial de Rivesaltes


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Parce qu'il faut que l'Histoire serve de leçon, le Mémorial du camp de Rivesaltes ouvrira ses portes au public en juin 2015. Cet immense musée d'une surface de près de 4 000 m2 qui, pour l'instant, n'est qu'un trou béant au milieu des baraques existantes, rassemblera les mémoires des quatre peuples ayant vécu la tragique histoire du lieu. Il servira également de support au travail pédagogique qui est déjà réalisé sur place. 

 

Porté par Christian Bourquin depuis 1998 et secoué par de multiples tempêtes politiques, le Mémorial entre enfin dans une phase de concrétisation. Un soulagement pour celui qui se souvient encore de son arrivée à la tête du Département."Mon nouveau bureau était vide, il n'y avait qu'une lettre signalant que les bulldozers étaient prêts à raser ce camp qui jurait dans le paysage". La première décision politique du nouveau président du conseil général aura donc été de stopper ces bulldozers. 

Désireux de ne pas effacer ce passé, mais au contraire de le remettre en lumière afin que de tels drames ne se reproduisent pas, Christian Bourquin a alors engagé le projet de construction d'un mémorial. "Il a fallu mettre les quatre communautés d'accord puis racheter les terrains au prix des domaines à l'État pour éviter que le site ne soit détruit". A suivi un long combat politique pour convaincre l'État, justement, de s'engager aux côtés des collectivités territoriales dans ce projet afin que "l'Histoire des humains" ne sombre pas dans l'oubli. En vain. "Nicolas Sarkozy s'y est toujours personnellement opposé", rappelait, en aparté, celui qui est aujourd'hui devenu président de Région. Un refus qui n'a pas empêché au dossier d'avancer. Depuis quelques mois, la Région est maître d'œuvre.

 "Nicolas Sarkozy s'y est toujours personnellement opposé"

 

Anne Lauvergeon a accepté la présidence du fonds de dotation du Mémorial. Entre-temps, un architecte marseillais, Rudy Riccioti, a été choisi après avoir présenté un projet semi-enterré et minéral qui ne dénature pas le site. "C'est extrêmement accablant de responsabilité", expliquait ainsi ce dernier tout en rappelant : "c'est l'État qui a décidé d'interner les républicains espagnols alors qu'ils étaient prêts à aider nos résistants. C'est l'État français encore qui a parqué juifs, tsiganes et harkis

Le musée sera donc construit au milieu des baraquements, en lieu et place de l'ancienne place d'armes dont il ne restait aucun vestige apparent. S'il n'aura rien d'ostentatoire, il n'en sera pas, pour autant, transparent. "C'est un bâtiment opaque, plutôt dans la résistance. Il refuse l'hypocrisie de l'effacement complet de la mémoire", continuait Rudy Ricciotti. Tout comme ceux qui se sont battus pour voir le Mémorial de Rivesaltes sortir de terre et ceux qui croient en ce projet. Le musée est construit sur l'ancienne place d'armes au beau milieu des baraquements.

Le camp de Rivesaltes : un cas unique en France

 

Quarante-deux hectares de terres arides balayées par les vents. Des bâtiments aujourd'hui en ruines qui ont accueilli quatre populations différentes au cours d'un XXe siècle tumultueux. L'histoire du camp de Rivesaltes commence en 1939 avec la fuite des républicains espagnols face au pouvoir franquiste. Arrivés en France, beaucoup sont placés dans des camps comme celui-ci.

Viennent ensuite les années 40. Le maréchal Pétain fait parquer juifs et tziganes à Rivesaltes avant de les déporter vers les camps de concentration, après un passage à Drancy. Un déplacement forcé qui sera fatal à bon nombre d'entre eux. En 1962, l'Algérie obtient son indépendance après une guerre sanglante. Les Harkis, algériens ayant combattu aux côtés des troupes françaises, doivent fuir leur pays par peur des représailles. Rejetés par les leurs mais également par l'Etat français, ils seront les derniers prisonniers du camp. Rivesaltes est un cas unique. Il aura accueilli successivement quatre communautés dans des conditions effroyables sous la responsabilité de l'Etat français.

Article Source: l'indépendant.fr

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  l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux

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