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Rachid Ghilmanou parle de Khalis, son fils harki à Tourcoing (59) remplaçant aux Mondiaux de lutte.

À 46 ans et quelques vis aux cervicales, Rachid Ghilmanou continue d’apporter sa science du haut niveau au Lutteur-club de Tourcoing, tout en surveillant la carrière de Khalis, son fils (20 ans), qui sera remplaçant lors des prochains Mondiaux, disputés à l’Accor Hôtels Arena de Paris,

du 21 au 26 août 2017.

Si cela n’avait tenu qu’à lui, on imagine que Rachid Ghilmanou aurait titularisé Khalis, son fils, en équipe de France. Mais en 98 kg « gréco », la montagne s’appelle Mélonin Noumonvi, un monument au palmarès aussi impressionnant que les 825 m2 de tapis d’un Atelier où les Tourquennois« bricolent », avec succès, la lutte.

«  C’est énorme, ajoute-t-il. Vu du dessus, l’installation, en forme de «h», est disposée de telle sorte qu’elle nous permet de bien travailler. Au début, nous prenions les poteaux comme une gêne. Finalement, ils nous permettent de délimiter les espaces. »

Le directeur technique du LCT est indéniablement dans son élément. ETAPS (éducateur territorial des activités physiques et sportives) depuis 1992 dans les écoles primaires, l’homme du Lutteur-club ne se plaint pas de son sort. «  Je voulais faire du Droit. À l’époque, c’est Gilbert Deberghes qui m’a poussé à faire ça… »

Visionnaire, le charismatique et truculent président tourquennois d’alors avait décelé que son sextuple champion de France seniors pouvait rendre service. «  J’ai eu, cette saison, cent vingt-quatre gamins âgés de 6 à 12 ans. » Un succès quand on sait que le football rafle une bonne partie de cette juvénile clientèle. Ghilmanou a intégré ce phénomène. Mais quand on a raflé vingt-sept titres, la lutte est forcément un sacerdoce. Et le gamin, tombé tôt dans la marmite, marche sur les traces du père…

Vers le palmarès d’un champion...

Khalis Ghilmanou

Champion de France seniors (98 kg) pour la première fois en mars, à Ceyrat (Auvergne), le rejeton sera donc remplaçant à Paris, dans quelques jours. Mais à 20 ans, il a l’avenir devant lui.

«  Le 1er septembre, «Mélo» passera entraîneur national. Les deux ne se sont jamais affrontés. Khalis est à sa place. Il disputera les championnats d’Europe des «moins de 23 ans» en mars 2018 àSzombathely (Hongrie), après avoir pris part aux championnats deFrance, en février à Schiltigheim.

C’est là que Tokyo va commencer ! Parce que je sens qu’il fera les JO en 2020… C’est l’homme des grands rendez-vous. Il comprend vite, analyse vite. Il est pertinent, toujours en quête d’apprendre. La différence entre un grand sportif et un champion, c’est le palmarès. »

Pour l’heure grand sportif, Ghilmanou Junior peaufine son talent en écoutant le père et les techniciens de l’INSEP. «  Les Mondiaux, reprend Rachid, il aurait été content d’y être et aurait fait de très beaux combats, parce qu’il aime son public.

Il est amoureux de sa patrie.

Moi, je suis fils de harki, ça veut tout dire. » 

Et Khalis, c’est le petit-fils

Les assurances d’un gamin prometteur

Avec déjà neuf titres au compteur, Khalis marche tranquillement sur les traces de papa, lequel fut médaillé de bronze lors des championnats du monde 1991, à Varna (Bulgarie).

Khalis, un prénom qui veut dire pureté, sainteté, dans la langue de ses ancêtres. Mais sur un tapis, le discours change. Après être passé par le pôle Espoir de Dijon de 14 à 16 ans, puis l’INSEP de 17 à 19 ans, le Nordiste est revenu un an à Tourcoing, avant de migrer de nouveau en région parisienne, le Bac en poche, pour accrocher la filière sport à l’INSEP, et ensuite tenter le concours de l’école de police.

«  Nous lui avons trouvé un appartement à Champigny-sur-Marne. Khalis est la future référence de la lutte française : ce n’est pas moi qui le dis, mais les frères Guénot, Christophe et Steeve, ses entraîneurs nationaux. »

Khalis est déjà en équipe de France

On ne taxera pas Rachid de chauvinisme paternel exacerbé, car le môme a l’étoffe d’un champion. «  C’est une évidence, poursuit le père, c’est un espoir de médaille et le titre olympique pour Paris 2024. » À moins que Tokyo 2020 ne vienne déjà révéler le phénomène. Chaque chose en son temps ! Khalis est déjà en équipe de France. En stage du 2 au 11 août à Matrahaza (Hongrie), Khalis est juste revenu à Tourcoing pour changer de valise et repartir, direction la capitale.

«  Vous imaginez qu’il n’a que 20 ans, renchérit l’attaché de presse du fiston. C’est un gamin prometteur, une vraie tête de lard, mais un bosseur… »

Dans quelques jours, l’équipe de France ne manquera pas de supporteurs. Un partenariat avec le Conseil Régional permettra à une quinzaine de Tourquennois de se rendre à Paris (les 21, 23 et 26 août) en autocar.

Pas de Ghilmanou sur le tapis, mais en tribune… Rachid, mais aussi Leïla, la maman présidente du LCT, «  la colonne vertébrale du club  », dixit Rachid, mais aussi Khenza (23 ans) la grande sœur. Histoire de s’habituer, en quelque sorte…

15/08/2017

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Bendaoui 11/10/2019 21:26

Je suis choquee