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Une stèle en hommage aux harkis brisée au camp de Bias (47)

La plaque commémorative brisée, à Bias./ Photo DDM, Lucien Mercier

Stupeur hier à Bias où la plaque rendant hommage aux soldats harkis (et aux forces supplétives) morts au combat pendant la guerre d'Algérie a été découverte brisée. Cette plaque de marbre était fixée sur la stèle érigée en 2001 en bordure des cités Astor et Paloumet, construites sur l'emplacement de l'ancien CARA (Centre d'Accueil des Rapatriés d'Algérie). La nouvelle de cette dégradation n'a été portée à la connaissance du maire de Bias, Michel Mingot, et des représentants de la communauté harki, qu'hier mais elle a été cassée dans la nuit de samedi à dimanche.

Un acte de vandalisme accompagné de graffitis à la peinture rouge : un grand «M», tracé au sol, sur la dalle devant la stèle, qui renvoie à une inscription, en rouge elle aussi, tagué sur un abribus, situé à côté : «Mouvement révolutionnaire harki». La police a ouvert une enquête et des prélèvements ont été effectués pour tenter d'identifier des suspects.

Hier, le maire de Bias avouait sa stupéfaction et s'en remettait à l'enquête de police. Du côté de la communauté harki et plus particulièrement du Comité National de Liaison des Harkis (CNLH), l'émotion était vive : «Depuis plusieurs semaines, les harkis sont la cible d'insultes», relevait hier Boaza Gasmi, président du CNLH. «On est pris à partie sur les réseaux sociaux, ou même au sein des cités de Bias. Les récentes déclarations de M.Macron sur la torture en Algérie et la reconnaissance de la responsabilité de l'État français ravivent les tensions entre les harkis et certains membres de la communauté algérienne, il faut dire la vérité. Cette stèle, elle n'est pas protégée, alors qu'on demande qu'elle soit clôturée. Voilà le résultat.»

Un mouvement révolutionnaire inconnu

Boaza Gasmi pas plus que Mohamed Badi, lui aussi membre du CNLH, ne croient pas à ce mystérieux Mouvement révolutionnaire harki : «Ce mouvement est inconnu, on n'en a jamais entendu parler. Pour nous, c'est une diversion pour orienter sur une fausse piste. Personne au sein de la communauté harki ne s'en prendrait à cette stèle qui honore nos morts.»

Reste que la dégradation intervient dans un contexte tendu autour des harkis de Bias, puisque le CNLH, partie prenante de la commission nationale sur les harkis mise en place par le président Macron, conteste ses conclusions et notamment le volet de la réparation financière. Le rapport du préfet Ceaux préconise le versement de 40 millions d'euros à la communauté quand Boaza Gasmi et ses amis réclament, eux, 40 milliards : «Le montant du préjudice subit. Si le président Macron doit faire sien le rapport du préfet Ceaux, ce n'est même pas la peine, on lui laisse, on n'en veut pas.»

Le 25 septembre, date de la commémoration annuelle pour les harkis, le président Macron doit annoncer ce qu'il a décidé. C'est aussi jour de cérémonie traditionnelle à la stèle des cités Astor et Paloumet. Michel Mingot, lui, estime qu'en l'absence de plaque, le monument, vide n'est pas approprié : «Mais je m'en remets à la décision des autorités».

Pour Boaza Gasmi en revanche, il n'y a pas de question à se poser : «Raison de plus pour maintenir la cérémonie au même endroit. L'annuler ou la déplacer c'est donner satisfaction à ceux qui ont fait ça et qui veulent nous chasser. Cette stèle et cette terre nous appartiennent, elles appartiennent aux harkis, on l'a assez chèrement payée.»

Jérôme Schrepf, avec Lucien Mercier

18/09/2018

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denis gaume 18/09/2018 15:14

c 'est lamentable, des incultes

1963 18/09/2018 11:21

vraiment ceux qui ont fait ce geste minable
sont des nuls
des sauvages