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Dordogne : les souvenirs de l’abandon des Harkis

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Le président de l’association des Harkis de la Dordogne Hamid Khemache et les porte-drapeaux. © Crédit photo : Michel Faure

À l’occasion de la cérémonie à Périgueux, ce mercredi, a été évoquée la mémoire d’un ancien sous-préfet de Sarlat qui avait désobéi à l’État pour sauver des supplétifs et leurs familles

« C’est un jour d’émotion, de tristesse et de rancœur », résume Hamid Khemache, le président de l’association départementale Harkis Dordogne. Pour cause de restrictions sanitaires, c’est seulement avec une poignée d’amis et un nombre restreint d’élus qu’il a présidé, ce mercredi 12 mai à Périgueux, la cérémonie de la Journée nationale de la commémoration nationale de l’abandon des Harkis.

La cérémonie officielle est fixée au 25 septembre, mais les associations tiennent à cette journée. Elle fait référence à la date des télégrammes de l’ancien ministre des Affaires algériennes, Louis Joxe, et Pierre Messmer ministre des armée interdisant le rapatriement des supplétifs et menaçant de sanctions les membres de l’armée ou de l’administration qui y participeraient.

Devant le monument aux morts de la Dordogne à Périgueux, Hamid Khemache a rappelé que 150 000 Harkis et leurs familles ont été massacrés et que ceux qui ont pu gagner la France ont été regroupés dans des camps de transit, puis dans des camps de travail forestier (dont un dans la forêt de Lanmary, à Antonne). « Malgré cet accueil indécent, les Harkis sont restés fidèles à la France », a conclu le président de l’association.

Hugues Robert a présenté des documents aux élus de Périgueux. “Sud Ouest”

L’action du sous-préfet

Un participant était très attentif à cette cérémonie. Il s’agissait d’Hugues Robert, le fils de Jean-Marie Robert, ancien sous-préfet de Sarlat de 1962 à 1965 et secrétaire général de la préfecture de la Dordogne jusqu’en 1969, qui s’impliqua secrètement pour rapatrier des Harkis. Il avait été auparavant sous-préfet de la ville d’Akbou en Algérie de 1959 à 1962, et s’était élevé contre la torture systématisée puis contre l’abandon des supplétifs. Il avait réussi à faire rentrer au moins 70 hommes avec leurs familles, dont une quinzaine ont pu s’implanter en Périgord.

Hugues Robert, qui a retrouvé tous les documents de son père décédé en 1992, s’active depuis quelques années pour parler de ce terrible abandon de l’État français pour tous ceux s’étaient pourtant battus pour lui. Il annonce qu’il donnera une conférence en 2022 à Périgueux afin de raconter l’histoire de son père.

12/05/2021

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Rime 12/05/2021 22:01

Merci à l'association harkisdordogne et à son président de rappeler à cette occasion le drame des harkis et le triste anniversaire du télégramme de Messmer du 12 mai 1962 suivi de celui de Joxe le 16 mai 1962. Et aussi les 150000 harkis massacrés lâchement par le FLN et ses sbires en violation du cessez le feu après que ceux qu'on appelait supplétifs furent désarmés et abandonnés.
Une mention particulière au valeureux sous préfet d'Akbou Jean-Marie Robert, un juste parmi les justes. Son fils Hugues Robert perpétue son souvenir hautement mérité tel un gardien de mémoire dont on aimerait que le bon site harkisdordogne publie les documents récupérés sur cette tragique période qui entache l'Histoire de France.