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Le sous-préfet du Périgord qui sauvait des harkis d'Algérie

 À partir de documents de son père Jean-Marie Robert,

Hugues Robert dévoile l’action discrète de ce haut fonctionnaire de 1962 à 1976

La véritable histoire de la guerre d’Algérie reste encore à écrire au milieu de plaies encore à vif. Pour les 60 ans du cessez-le-feu, les archives de l’ancien sous-préfet de Sarlat puis de Périgueux (Dordogne), Jean-Marie Robert, apportent une vision inédite de la fin de la colonisation et des débuts de l’indépendance algérienne. C’est Hugues Robert, le fils de ce haut fonctionnaire qui, après avoir découvert ces documents en 2017, a mené un énorme travail pour reconstituer dans un livre (1) le calendrier des actions de son père. D’abord comme sous-préfet d’Akbou en Kabylie et ensuite depuis le Périgord (de 1962 à 1969), avec l’obsession d’arriver à sauver ceux qui avaient servi la France dans son coin d’Algérie.

Nul doute que ces pages devraient provoquer des polémiques. Le livre décrit, avec une égale froide précision, les tortures mortelles de l’armée française et les massacres du FLN après l’indépendance. Jean-Marie Robert, qui avait mené une expérience monastique avant d’entrer dans la préfectorale, s’était engagé corps et âme dans ce poste. C’était même au détriment de sa famille, selon son fils : ce dernier a mal vécu toutes ces années, le traitant même de « salaud » parce qu’il levait la main sur les siens. Bien des années plus tard, la découverte des documents transformera le père en héros à ses yeux.

- La visite de De Gaulle -

Quand il est encore en Algérie, le sous-préfet Robert dénonce à sa hiérarchie les atrocités de l’armée. Voyant approcher l’indépendance, il s’inquiète du destin de tous ceux qui travaillent pour la France. Il relate une visite du général de Gaulle le 11 décembre 1960 à Akbou et ce qu’il affirme aux élus locaux algériens : « Jamais la France n’abandonnera l’Algérie, ce serait un déshonneur et une honte pour notre pays ». Un moment qu’il revivra quand les Français partiront en abandonnant les combattants supplétifs harkis  mais aussi des élus locaux, des fonctionnaires, dont beaucoup perdirent la vie dans des conditions atroces dans les mois suivants, accusés d’avoir été « collabos ».

Depuis la Dordogne, Jean-Marie Robert, jouant avec un réseau de fonctionnaires et de religieux restés en Algérie après l’indépendance, réussit à faire venir en France des centaines d’Algériens. Pour leur épargner des camps sordides, il leur trouve des accueils comme le Domaine de la Croze, créé à Sarlat par André Wormser. Ils vont ramasser les fraises ou travailler dans un camp forestier de harkis dans la forêt de Lanmary, à Trélissac. Il défend inlassablement ses protégés jusque devant les tribunaux lorsque ces déracinés pètent les plombs, ce qu’il appelle sobrement « des sorties de route ». Une part de lui est restée à vie en Kabylie, jusqu’à sa mort en 1991.

L’auteur, qui apparaîtra sur plusieurs plateaux de télévision dans la période du 19 mars, viendra à Périgueux pour signer son livre :

Vendredi 25 mars 2022 à la librairie Des Livres et Nous rue Wilson,

Samedi 26 Mars 2022 chez Marbot, boulevard Montaigne.

(1) « Guerre d’Algérie, journal d’un pacificateur, dans les coulisses de l’État français de 1959 à 1976 », de Jean-Marie Robert et Hugues Robert (Éditions Max Milo). Prix : 21,90 €.

09/03/2022

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Dates des rassemblements, pour la Reconnaissance, la mémoire, et la culture.
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