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Fouzia Benfodda : Je demande juste un bout de papier, dans l'espoir de vivre ici, au pays de la liberté !

Scolarisés à Nîmes, les deux enfants de Fouzia sont âgés de 6 et 11 ans.

Cette mère isolée désormais en situation irrégulière s'est vue refuser un titre de séjour sur le territoire Français. Soutenue par l'association nîmoise AMI (l'Association pour les migrants), elle continue son combat, dans l'espoir d'être au plus vite régularisée.

Dans le local chaleureux de l’Association pour les Migrants (AMI), rue Briçonnet, à Nîmes, la directrice Julie Huou ne cache pas sa colère, mercredi 9 novembre, face au désespoir de Fouzia Benfodda. À 40 ans, cette Algérienne maman de deux enfants scolarisés à Nîmes, vient tout juste de prendre connaissance du refus opposé à sa demande de titre de séjour portant « Obligation de Quitter le Territoire Français » (OQTF). Un arrêté de la préfète du Gard édictée il y a presque six mois. Victime d’un AVC dimanche dernier, Fouzia est arrivée en France, à Nîmes, en 2016. Là où elle a rejoint sa mère, aujourd’hui âgée et malade, mais surtout Française, tout comme son papa, un ancien Harki combattant de l’armée française aujourd'hui décédé. " J’ai quitté l’Algérie après avoir été abandonnée par le père de mon fils aîné, puis, celui de ma fille aujourd’hui âgée de 6 ans ", confie Fouzia à fleur de peau et visiblement épuisée.

Vie privée et familiale

Aujourd’hui soutenue par l’AMI, Fouzia Benfodda espère un réexamen exceptionnel de sa situation personnelle par la préfète du Gard, en vue de l’octroi d’un titre de séjour « Vie privée et familiale ». " Mes frères, mes sœurs, mes oncles sont ici, ma mère qui a besoin de moi à ses côtés également mais, aussi, mes enfants qui sont scolarisés et intégrés ", insiste cette coiffeuse esthéticienne de formation qui n’hésite pas, entre ses cours de français, à mettre ses compétences au service des bénéficiaires des Restos du cœur, en attendant d’être régularisée, et donc, de pouvoir travailler en France. Des trémolos dans la voix, Fouzia dévoile volontiers les pièces de son dossier – " solide " selon Julie – de demande de titre de séjour. Un dossier qui, au vu des arguments évoqués dans l’arrêté préfectoral du 10 juin rejetant sa demande, ne lui semble pas avoir été étudié de manière approfondie par la préfecture.

"Cette femme courageuse est un modèle d’intégration. Tant qu’un titre de séjour lui sera refusé on se battra pour elle. On ne la lâchera pas ! ", prévient Julie Huou qui s’inquiète du traitement désormais accordé par la préfecture du Gard, aux étrangers souhaitant régulariser leur situation.

" Depuis quelque temps, la préfecture du Gard semble s’épargner l’examen de la situation des étrangers déposant une nouvelle demande de titre, lorsque ceux-ci ont déjà fait l’objet d’une OQTF, même très ancienne. L’évolution de leur situation individuelle et tous leurs efforts d’intégrations sont désormais déconsidérés ! ", dénonce la présidente de l’AMI, devant Fouzia qui conclut, cette fois-ci les larmes aux yeux : " Je ne demande pas à être assistée mais juste un bout de papier. Pour pouvoir vivre et travailler, ici, au pays de la liberté ".

10/11/2022

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C
Et les associations de harkis ,elles sont où là,pour aider cette dame?🤔<br /> Vous êtes là que pour relayer l'info?🧐<br /> C'est ça quand c'est chacun pour soi 😏
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J
J'ai lu l'histoire de cette jeune femme et maman, qui m'a fortement ému. Aucune raison administrative, ou humaine, ne permet de lui refuser ce titre, alors qu'elle prétend reunir toutes les conditions requises.<br /> <br /> Néanmoins, et sans porter le moindre jugement sur ses qualités "de fille de Harki", je me pose légitimement trois questions :<br /> <br /> - Que faisait-elle en Algérie, à l'age de 40 ans, alors que son père "Harki" était en France ???<br /> <br /> - Vu son jeune age, on est en droit de se demander, pourquoi elle était visiblement séparée de ses parents ???<br /> <br /> - Enfin, pourquoi n'a-t-elle pas réclamé sa qualité de fille "de fille de Harki"...avant, et pas maintenant ?<br /> <br /> Peut-être, faudrait-il exploiter toutes ces questions, si cette jeune a les capacités de prouver ce qu'elle prétend. Je pense que dans l'affirmative, les associations seraient aptes à soutenir sa démarche...<br /> <br /> Jean Pierre Behar
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Y
Oui cette personne doit être aidée, on n'a a marre de toute ses frontières qui divisent les humains !
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A
après avoir eut besoin des ces gens là il y a plus de 60 ans , on ne met pas à la porte, même leurs enfants ou petits-enfants , vous : la Préfecture du Gard , ne vous réfugiez pas derrière des textes qui ne sont plus d'actualité , j'espère être entendu