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Livre du Week-End Moi, Hassan, Harki, enrôlé, déraciné

Livre du Week-End " Moi, Hassan, Harki, enrôlé, déraciné "

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"Je m'appelle Hassan Boulaïd" : ainsi débute, tout simplement, le récit du narrateur. Dès son adolescence, il va se retrouver engagé dans un terrible conflit sans nom.

Parce qu'il a pris le parti de la France en Algérie, parce que sa famille a souffert dès le début des exactions du FLN, Hassan va connaître les horreurs d'une guerre civile et surtout, le destin de ces combattants qu'on appelle les harkis.

De combats en représailles, du djebel aux Champs-Élysées, Hassan et les harkis vont représenter le pays et les idéaux qu'ils ont choisis.

Un loyalisme bien mal récompensé : quel sera le destin de Hassan et des siens ? Seront-ils abandonnés par cette France qu'ils ont défendue, comme tant d'autres ? Seront-ils sauvés mais aussi indignement traités lors d'une errance de camp en camp ?

Un hommage aux harkis et une reconnaissance de leur tragédie, tels sont les thèmes de ce roman qui s'inspire de faits rigoureusement authentiques.

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Guy Regazzacci 23/07/2018 12:27

Bonjour à tous, bonjour monsieur Sadouni.

Je viens de lire l'extrait de votre parcours que vous venez de publier. Il me semble bien que vous l'aviez déjà mis sur ce site.
Mais, je dois vous dire que c'est toujours aussi prenant et triste de voir à quel sort vous avez été soumis et, hélas, vous n'êtes pas le seul.Des milliers de vos compatriotes Harkis et aussi Musulmans pro- Français ont été abandonnés et livrés aux exactions multiples du F.L.N et des "Martiens". Le pire c'est de savoir que c'est de ma ville que vous parlez. De savoir que vous avez failli mourir dans celle-ci alors que peu de temps avant, j'allais à l'école et que plus de la moitié des élèves étaient Musulmans. Que ma mère enseignait à coté de la SAS de Bouhakal à Batna presque uniquement à des Musulmans. Que lors des fêtes Musulmanes, nous étions invités à droite et à gauche pour déguster les pâtisseries de vos mamans, même chez les plus pauvres...
Comment ce pays a t-il pu ainsi sombrer dans une telle folie, dans une telle violence - je ne parle pas de la guerre en elle même- je parle de la violence gratuite envers les populations européennes et musulmanes à partir -surtout- du 19 mars 1962.
Et cela, malgré cela, sans que notre armée n'intervienne alors qu'elle était présente et en grand nombre et que les dits accords prévoyaient l'assistance des populations fidèles lorsque celles-ci étaient menacées.
Il faut bien dire qu'au vu de tout cela, on peut -malheureusement- penser que le nouvel état Algérien voulait se débarrasser de tout élément européen et musulman pro Français. Cela peut s'appeler "épuration ETHNIQUE"
Monsieur Sadouni, je vous plains et au travers de votre personne broyée dans cette guerre, je plains tout vos compatriotes Harkis et vos familles, femmes, enfants et vieillards qui ont été sacrifiés avec l'aval de nos autorités. Celles-ci étaient commandées par un homme, c'était 2 GOL. C'est lui et lui seul qui a laissé -sur ordre- se perpétrer tout cela sans aucun état âme.
Comme l'a dit le maréchal Juin au sujet de l'abandon de l'Algérie Française : "La France est en état de péché mortel..."

Harkamicalement.

sadouni 23/07/2018 17:25

Bonjour Guy,
Merci pour votre témoignage qui est aussi touchant que le mien. Oui, je publie une partie de mon parcours, mais c’est aussi pour parler des autres, de ceux qui n’ont pas pu ou qui ne peuvent pas s’exprimer ? Malheureusement, beaucoup d’entre nous n’ont pas eu la chance d’avoir une éducation adéquate pour pouvoir relater aujourd’hui un passé qui ne passe pas ! Mon récit est un message que je veux transmettre et partager. Combien de gens de ma génération pouvaient lire et écrire à l'époque, hélas, très, très peu ! Le niveau de culture était surtout limité pour nous autres. Personnellement, je veux donner le peu que j’ai, afin de préserver la mémoire oubliée. Amitié, Brahim Sadouni.

sadouni 22/07/2018 22:50

- 1963,
« Un dilemme venu m’enlever une nouvelle fois mes moyens de subsistance. Je ressentais de la tristesse, cette nuit-là, comme d’habitude, je pris place et me suis allongé sur mon matelas de fortune. J’étais face à l’injustice, tout mon avenir était condamné et je devais vivre une incertitude dans cette nouvelle nation algérienne. Après mon licenciement forcé à cause de mon passé de harki, à nouveau le sort me réserva une autre surprise ! Tous les soirs je réservais une place pour dormir dans la salle du hammam au premier étage. Comme d'habitude, elle était toujours bondée de clients. Allongé sur un vieux matelas, je cherchais vainement un sommeil qui fuyait éperdument, mes pensées devenaient sombres, puis il finit par me gagner doucement. Après être plongeais un court instant dans la somnolence, je fus réveillé en sursaut, tiré de ma léthargie par le garçon de service, affolé, il m'arracha littéralement de mon lit.
— Brahim écoute, sauve-toi vite ! Il y a deux hommes en bas qui te cherchent.
J’ai entendu l’un d’eux prononcer ton nom, il disait : où est-ce traître ? Fais vite Brahim, sauve-toi avant qu’ils ne montent ! Le domestique continua de me secouer sans relâche !
Étourdi encore par le sommeil, je me réveillais en sursaut ! C’était confus dans ma tête. À cet instant une peur s'est emparée de moi, sans réfléchir, je me suis lancé comme un fou vers la fenêtre, c’était la seule issue. Je saute dans le vide, ma chute était dure, je me foule la cheville et m’écorche le poignet droit. Sans me soucier de la douleur, je me lance aveuglément dans les rues noires, au hasard, je détale à toutes vitesses comme une bête blessée, courir pour échapper aux prédateurs, tel était mon but ! Parfois, le malheur n'arrive jamais seul, dans ma fuite, je fis une mauvaise rencontre. Trois chiens errants me firent face, l'air menaçant et déterminé. Leurs grosses canines brillaient malgré la nuit. Après un court instant d'hésitation, je repris mes jambes à mon cou pour fuir à nouveau ces molosses déjà accrochés à mes trousses. Une course poursuite se déroula dans les ruelles sombres de Batna. Plus avantagés que moi, les chiens me rattrapèrent et se jetèrent quand même sur mes jambes. Ils me mordent à pleins crocs aux mollets et aux cuisses, déchirant mes vêtements. Par bonheur, je réussis à m’échapper en grimpant en haut d'un arbre où je suis resté suspendu une partie de la nuit. Au matin, j’ai pu me procurer du fil et une aiguille dans l’une des petites épiceries du souk pour rapiécer mes habits lacérés. En pareil moment, je voulais trouver un peu de soutien, ce qui est devenu rare à cette époque, je dus quand même me rendre chez la sœur de Salah, sans famille, je ne connaissais personne d'autre. Une femme pleine d’hospitalité et de générosité, grâce à son intervention, elle m’a soigné les plaies et m’a habillé d'une façon plus présentable. Avant de quitter sa maison, je l’ai remercié pour son accueil devenu rare en ces temps-là pour les harkis.
Sebti me prodigua quelques conseils sur ma condition de vie de chaque jour à venir.
— Surtout, il te faut changer chaque soir d'abri pour éviter de tomber entre les mains de ces bourreaux qui agissent en toute impunité. Me conseilla mon jeune ami ! »