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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 23:03

    Deuxième partie  (Prenez le temps de lire S.V.P)

     ( ATTENTION, certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des personnes non averties. )

A tous ceux… qui ne croient pas aux massacres de Harkis après le Premier juillet 1962 (Quelques extraits, concernant uniquement les harkis accrochez-vous) 

 9 Septembre 1962 liste des harkis assassinés. 

A Laperrine, sept Harkis du 9' R.I.M.A., stationnés à Laperrine, ont été égorgés sur la place publique. Ces Harkis avaient eu le malheur de faire les dernières opérations contre le FLN quelques jours après le cessez-le-feu, lorsque le FLN avait tenté le pillage du village de Laperrine. C'est grâce à eux et aux soldats du 9' R.I.M.A. que la population européenne et musulmane de Laperrine n'était pas tombée aux mains des rebelles avant le 1er juillet. "

Témoignage de A... Amar, militaire durant huit ans, puis Harki pendant six ans, région de Dra el Mizan: "J'ai vu un ami, Hamdani Slimane, civil de sentiments pro-français, pendu par les rebelles en plein centre de Dra el Milan.

Ramdane Slimane, Harki, a été égorgé en plein centre de Talagueft. Daoud Saïd ben Ali a été égorgé sur la place de Dra el Milan devant toute la population réunie. Cette scène fut applaudie et accompagnée des "you-you" des femmes. Hadadi Slimane, Harki, a été fusillé. Houcine Tahar Harki, a été abattu d'une balle dans la tête en plein village. Ils ont enlevé la femme de mon neveu, le Harki A... Rabah. D'après les déclarations de certaines personnes, elle aurait été violée et égorgée après leur avoir servi de jouet pendant plusieurs jours. (le corps n'a jamais été retrouvé).

Témoignage de M... Kaddour ben Abdallah, militaire, puis sergent Harki: "J'ai vu à Penthièvre (département de Bône) plus de 25 Harkis égorgés. Un Harki a eu sa tête coupée et exposée à l'entrée d'une cité. La consigne FLN était de barbouiller de merde la tête de ce malheureux, consigne suivie par les enfants de tous âges et surtout par les femmes."

19 Septembre 1962

Pour la première fois depuis l'indépendance du 3 Juillet, l'ambassade de France à Alger proteste auprès des autorités algériennes contre les massacres des nouveaux algériens qui furent français et partisans de l'intégration.

20 septembre 1962

Une lettre du bachaga Boualem, ancien vice-président de l'assemblée nationale au journal le Monde racontait ces événements du 20 septembre 1962, concernant le sort des anciens supplétifs de Maillot {Grande Kabylie) :

- Mebarki, émasculé et dépecé vif.

        Photo torture 6 

- Zerkak a subi le même sort.

- Meziane Daou, 63 ans, ancien harki, garde champêtre d'Ouled Brahim, arrêté, relâché, puis repris, a été exécuté, en août, à coups de bâtons, dans la cave de l'ancien Dar el Askri (maison des anciens combattants) à dix mètres du 22 ème BCA, après "jugement".

- Zaïdi, sergent, ancien combattant d'Italie de France et d'Allemagne, muté dans la force locale a subi le même sort.

- Merouane Amar, père de famille nombreuse a été torturé; il a été ramené chez lui pour qu'il indique où il cachait son argent. Sa maison à Maillot était à cent mètres du P.C. du 22 éme B.C.A. Il a été abattu ensuite à Chelirfa. Au mois d'août, les locaux de la S.A.S. servaient journellement de lieu de torture et d'exécution.

- Moualid a été torturé, il a été amené chez lui pour qu'il indique où il cachait son argent. Sa maison à Maillot était à cent mètres du P.C., toujours occupé, du 22éme B.C.A, qui n'a pas bougé. Il a ensuite été abattu à Chelirfa. (Son neveu Ahmed s'est suicidé.) Moualid laisse une femme et neuf enfants, de 2 à 14 ans.

- Boucherit, sergent-chef, qui avait déserté, a été promené dans la vallée de la Soummam au bout d'une corde fixée à un anneau lui traversant le nez. Roué de coups, abreuvé seulement d'eau salée, il a finalement été abattu.

- Les chefs de village des Beni-Hamadou ont eu les lèvres et le nez coupé.

- Les anciens harkis et chefs de village de la région de Beni Hamdoune (5 kms au nord-ouest de Tazmalt) ont eu les lèvres et le nez coupés avant d'être exhibés dans les douars voisins.

- A Iril n'Zerouine seraient détenus plusieurs dizaines de harkis. Il y a des charniers à ciel ouvert sur la route d'Aumale.

Le Monde avait des choses plus urgentes ce jour-là, et les jours suivants, ses lecteurs n'en ont rien su.

1 Octobre 1962

Le cadavre d'une européenne retrouvé à Voltaire.

Témoignage harki Z ... Mohamed (réfugié en métropole): "Le lieutenant BOUMEDIENNE Mouloud (A.L.N.) a fait égorger trois de mes camarades: OUSSEL Ali, DAHMANE Mohamed, AMAR Ouaroun. Six autres de mes camarades ont été attachés, arrosés d'essence et brûlés vifs en plein centre de Tizi-Ouzou. J'ai été caché dans un hôtel tenu par une Européenne. C'est elle qui m'a aidé à me sauver dans la nuit et j'ai rejoint l'armée. Des Européens ont voulu nous protéger et nous cacher, mais eux-mêmes ont été menacés de mort si pareille chose se reproduisait."

Autre témoignage: " Camp de Beni-Douala (département de Tizi-Ouzou): Aux Beni-Doula, un camp de représailles et de tortures a été ouvert dans les locaux de la S.A.S. du capitaine Oudinot. Les harkis de la région y ont été internés. Certains, dont le harki BELKACEM, ont eu les paupières cousues, ont été maquillés et habillés en femmes et promenés dans le village.

J'ai vu également le sergent AMRANI Mohamed ben Ahmed, le nez transpercé d'un fil de fer auquel était suspendu un poids, exposé à la foule. L'entrée coûtait 500 francs. Des coups dee canne lui ont été administrés. Il est mort au bout de trois ou quatre heures"

Photo torture 5 

Témoignage oculaire de M. B. ..: " Voici ce qui s'est passé, en Algérie, à Trolard Taza après la libération: Le F.L.N. a reconstitué les deux petites unités de harkis qui avaient mené le combat dans les rangs de l'armée française. Devant un grand concours de population, il les a disposées face à face, dans une arène improvisée, et leur a imposé une rencontre au poignard. Comme la combativité des malheureux était médiocre, en dépit de la promesse de laisser la vie sauve à l'unité victorieuse, l'A.L.N., pour stimuler les énergies, a abattu sur-le-champ quelques harkis. Le combat eut lieu, âpre, sauvage ... Et les survivants furent abattus, tous, par l'A.L.N. et leurs corps abandonnés sans sépulture pendant plusieurs semaines."

Témoignage de L ... Abdelkader, moghzani durant cinq ans à la S.A.S. de Mechtras: "Au cessez-le-feu les rebelles nous ont mis en confiance. Ils nous ont fait déserter. J'ai moi-même déserté. Ils nous ont regroupés dans des camps, pris notre argent, nos armes, nos bijoux ... ils ont formé des camarades choisis parmi les plus jeunes et les plus courageux pour aller combattre l'O.A.S. Après le 1er juillet nous avons compris notre erreur. Nous avons manifesté notre mécontentement. Une vingtaine d'entre nous ont été exécutés immédiatement. La surveillance relâchée après plusieurs jours nous nous sommes révoltés. Une trentaine de harkis et de moghzanis ont été abattus, plusieurs évasions. Les autres je n'ai plus rien su d'eux pendant que j'étais sous la protection française."

2 Octobre 1962

Récit du moghzani K. .. Amar de la S.A.S. de Lentia, arrondissement de Mlta (Constantine):

"Le sergent OURNADER Abdelkader, de la harka de Fdjer-M'sala du 51e R.I.C., habitant à Lentia, douar Tassaden, était resté dans son village après la dissolution de la S.A.S. Il a été pris vers le IO août par des civils encadrés des éléments de l'A.L.N. Il a été conduit sur la place du village, là où était le mât des couleurs. Il a été "décortiqué" à la tenaille. Il a mis trois jours pour mourir.

Son frère OURNADER Hocine a subi le même sort. Son père mutilé de guerre, officier de la Légion d'honneur, faisant fonction de garde champêtre, a subi le même sort.

Dans le même village de Lentia, le sergent ABECHE Ahmed a été taillé en lambeaux devant sa femme et ses enfants et a agonisé pendant quelques jours devant la porte de sa maison.

Quelques jours après, un autre sergent, nommé SLIMANI, a été tué à coups de bâton dans les jardins.

Moi-même je me suis sauvé avec le nommé A... Ahmed, également moghzani de la S.A.S. de Lentia; nous avons réussi à rejoindre la France; nous sommes arrivés à Clermont-Ferrand où mon camarade s'est fait prendre par le F.L.N., a été torturé puis égorgé.

J'ai réussi à rejoindre le camp de X ... "

4 octobre 1962

Alors que les rapports les plus précis sur le sort des enlevés s'accumulent depuis mars 62, la croix rouge internationale commence seulement son enquête en algérie, le F.L.N. ayant mis tous les bâtons possibles dans les roues. 40 enquêteurs se partagent le territoire algérien. Leur rapport ne sera divulgué que récemment, ils recherchaient 80 militaires et 1264 civils (sur les 3000 répertoriés) tous européens (le gouvernement français de l'époque - comme celui d'aujourd'hui- n'en avait rien à foutre des harkis) ils sont tous déclarés décédés. Le gouvernement français continue à payer le budget algérien.  

6 Octobre 1962

Pour une fois le gouvernement algérien proteste (uniquement pour les prêtres). Le gouvernement français regarde ailleurs et continue à payer les dépenses de l’Algérie, conformément aux déclarations d'intention d’Evian.

octobre 1962

De gaulle met fin à l'état d'urgence qu'il avait décrété le 23 avril 1961.

Il continue à payer les fins de mois du F.L.N.

courant octobre 1962

Un harki de Paris, Boutaleb Boubaker, ancien parachutiste, qui avait cru possible d'aller voir sa famille, immolé avec les barbaries habituelles à Alger.

19 Octobre 1962

Le conseil d'état déclare illégale la cour militaire de justice car elle constitue "une grave atteinte aux principes généraux du droit"; En particulier l'impossibilité du droit de recours.

Les gaullistes créeront immédiatement une nouvelle cour de justice, après avoir mis bon ordre au conseil d'état. Cette décision sauve la vie d'André Canal, industriel algérois, membre du commando du petit Clamart, qui devait être exécuté ce même soir, et par contre coup celle de Jouhaud. Mais ne ressuscite ni Piegst et Dovecar, ni Degueldre.

De gaulle furieux commente cette décision "anormale" et qui "encourage la subversion". Il fit créer une nouvelle juridiction la Cour de Sûreté de l'état, destinée en principe à la pérennité, et dans la loi fit figurer une disposition disant que "les ordonnances passées ont et conservent force de loi depuis leur publication".

Cette loi (20 février 1963, J.O. du 25) est votée, et Canal est en application de cette loi de nouveau condamné à mort légalement, De gaulle est content, il le gracie. Par contre, les accusés du petit Clamart qui étaient en cours de jugement continuent à être jugés, et De gaulle ne graciera pas Bastien Thiry.

23 Octobre 1962

Note du ministre des armées Mesmer: "ne plus faire de promesse de rapatriement en métropole".

13 Novembre 1962

Ce commentaire de l'article du Monde est du vice-président de l'assemblée nationale, monsieur Boualam, dans son livre "les harkis au service de la France" Editions France - Empire, 1963.

Le Monde se réveille et publie l'article suivant: "Du 19 mars au 1 novembre 1962, plus de 10 000 harkis auraient été tués en Algérie. Le gouvernement de M. Ben Bella préparerait actuellement un texte frappant d'indignité nationale, les anciens harkis et plus généralement les musulmans algériens ayant combattu aux côtés de l'Armée française.

De quelque façon que l'on apprécie cette initiative, rapporte l'envoyé spécial du Monde à Alger, Jean Lacouture, notamment par rapport aux accords d'Evian, il faudrait y voir la première intervention officielle du pouvoir d'Alger dans un domaine où jusqu'alors régnait l'arbitraire et qui a donné lieu aux pires excès d'une période qui en a connu de nombreux.

Les militaires français citent des faits dont ils ont été les témoins, décrivent l'état dans lequel tel ou tel ancien membre de harka est venu chercher refuge dans un cantonnement, descriptions souvent horribles qui en disent long sur la façon dont peut être appliquée en Algérie la loi du Talion...

Pour autant qu'on puisse le vérifier, les exécutions et supplices de harkis, très nombreux en juillet et en août ont eu tendance à diminuer en septembre et en octobre. Mais des renseignements précis ont été recueillis sur le massacre d'une vingtaine de harkis dans la région de Batna le 12 octobre. Il s'agissait de prisonniers qui, semblant avoir eu la vie sauve, étaient employés à des travaux et qui furent soudain exécutés. Il semble, en effet, qu'avec la reconversion des willayas de nombreux djounouds démobilisés et rentrant au village, y aient reconnu et dénoncé des adversaires de combat. D'autre part, de nouvelles tueries ont eu lieu à l'occasion de la célébration du 1er novembre. On cite dans le Constantinois des cas de harkis tués en public sur la place du village.

Près de Tizi-Ouzou, un vieux harki réfugié auprès des militaires français a voulu à la même époque aller chercher deux de ses enfants qu'il avait laissés au village avant de partir pour la France. Il les a ramenés portant tous deux à la tête des traces de sévices. Si l'on tente de citer des chiffres, on croit pouvoir avancer que sur une centaine de milliers de musulmans algériens ayant fait partie entre 1954 et 1962 de l'une ou l'autre des huit cents harkas qui furent levées, cinq mille environ ont gagné la France accompagnés de leur famille, ce qui fait un ensemble de trente mille personnes environ.

Plus de dix mille harkis auraient été, entre le 19 mars et le 1er novembre exécutés ou assassinés. Les autres ont subi des sorts divers, soit qu'ils se soient fondus dans la masse, soit qu'ils aient changé de région, soit qu'ils aient été requis de force pour des travaux pénibles..."

Ce faire-part officiel de la mort de plus de 10000 harkis qui ont eu droit à la rubrique nécrologique du Monde, inséré juste au-dessous de la phrase historique de M. Ben Bella: "Il n'y a pas de place pour la haine dans ce pays," appelle un complément d'information que je livre à M. Dupont, lecteur de M. Lacouture. En limitant à 100 000 le nombre des harkis, M. Lacouture commet une erreur, car ils furent au moins le double et il convient de leur ajouter le personnel des Maghzens des S.A.S., des groupes d'autodéfense, des musulmans incorporés dans l'Armée française, des notables, des responsables des municipalités, des gardes communaux, des anciens combattants, et tous ceux qui, de près ou de loin, se sont "compromis avec la France".

Vous parlez de 10 000 harkis assassinés. Et les autres? Les pro- Français, ceux dont vous nous dites "qu'ils se sont fondus dans la masse ou qu'ils ont changé de région"? Ce sont des disparus dont on ne sait plus rien. Et les familles? Les femmes, les enfants, les parents des harkis, et des autres, cela fait beaucoup de suspects et nul ne sait combien ont payé.

Il est vrai que le gouvernement français, et c'est une déclaration officielle de son représentant à l'Assemblée nationale le 22 janvier 1963 qui nous l'apprend, avait décidé "dès le début 1961, une sensible diminution des effectifs et l'octroi d'avantages pour hâter le retour de ces personnels à la vie civile".

Cette déclaration est essentielle à l'histoire des harkis et de la guerre d'Algérie. Elle explique le chiffre minime officiel de 73 000 supplétifs au 1er janvier 1962, les autres ayant été, dans les conditions que j'ai relatées, désarmés et renvoyés dans leurs foyers. D'autre part, elle sous-entend que, et c'est bien pénible pour ceux qui ont continué à se battre et à mourir, que le dégagement était prévu "dès le début 1961". Que n'a-t-on prévu aussi, pendant ces douze mois, le rapatriement et le reclassement de ces harkis? Et puis, mais oui, que n'a-t-on aussitôt arrêté une guerre que l'on avait décidé de ne plus faire? Bachaga Boualam

           ici  Premiére partie  

Source : http://guerredalgerie.pagesperso-orange.fr/index.htm

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