Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Agression à Agen d'un petit-fils de harkis "Fier" d'être français : "Alors l'Arabe ? T'as ta dose ?"

        Agen 25 juin 2013  

En quittant un concert de rock, un jeune homme a été roué de coups parce qu'il était "arabe". Il raconte les cinq minutes les plus longues de sa vie.      

C'est un jeune homme comme tant d'autres, de sortie pour écouter du rock, et "fier" d'être français. Samedi soir, il a croisé le chemin d'une bande qui l'a roué de coups, lui reprochant d'être... "arabe". Trois jours plus tard, il a accepté de raconter son calvaire dans un local associatif d'Agen à trois journalistes, à condition qu'ils ne révèlent pas son identité. L'homme, à la corpulence moyenne, habillé simplement, porte une minerve et les traces de sa nuit : des hématomes sont visibles sur son front, sous les yeux, et il a deux dents cassées.

Samedi soir, celui qui se fait appeler Hicham pour l'interview, 24 ans, magasinier né à Agen et petit-fils de harkis, qui dit n'être pas militant de la moindre cause "politique", quittait un concert du Festival rock de la Prairie. Ses agresseurs semblaient être à l'affût, selon lui. "Ils se cachaient, pour taper sur des faibles", assure-t-il. Un groupe qu'il identifie comme des skinheads, car ils étaient "crânes rasés" et portaient les "signes" de cette mouvance d'extrême droite.

"Je n'ai pas pu m'échapper"

La bande, identifiée par une source policière comme étant proche du groupe d'extrême droite radicale Troisième Voie, a frappé l'ami avec qui il était, mais l'a laissé partir, l'un des agresseurs lui disant : "T'as de la chance d'être français, qu'est-ce que tu fous avec un Arabe ?" Puis, peut-être pendant "cinq minutes" qui ont semblé longues comme "deux ou trois heures", ils l'ont frappé partout. "J'ai pensé que c'était fini, qu'ils allaient me tuer", se souvient le jeune homme, presque en larmes. "Quand vous êtes au sol et que l'on vous frappe à coups de barre en fer, à coups de poing américain sans s'arrêter, vous vous dites, c'est la fin."

"La seule chose que je pouvais faire, c'était attendre. Attendre qu'ils en aient marre de me frapper." Pendant le court entretien, Hicham insiste à plusieurs reprises sur ce point comme s'il devait s'excuser de n'avoir pu se défendre. Le jeune homme a riposté au premier coup de poing, mais après, "avec plusieurs bonhommes qui ont des matraques en fer et des coups de poing américain, je ne suis pas Robocop", souligne-t-il.

"Fier" d'être français    

Hicham ne semble pas un militant politique. Son discours est un témoignage brut, sans interprétation, sans extrapolation sur l'augmentation ou non des agressions racistes en France ces derniers mois. Il raconte seulement. "Ici, t'es pas chez toi. T'as rien à faire ici", lui auraient dit ses agresseurs. Et "pendant qu'ils frappaient, les deux filles (qui les accompagnaient, NDLR) me disaient : Alors l'Arabe, t'as ta dose ?" "Je suis français, d'origine algérienne, mais je suis français et je suis fier de le dire", poursuit-il, encore ahuri, évoquant une "méchanceté gratuite" qui lui est "tombée dessus comme ça". Après, Hicham s'est relevé en tremblant de peur, il a ramassé ses chaussures qui étaient par terre et a marché jusqu'au commissariat. "J'étais tellement mort de peur", se souvient-il.

Hicham n'a rien raconté à son père, ni sur son lieu de travail. Il ne veut pas de vengeance, ni de vendetta. Il veut juste que la justice règle cette affaire. Le bilan médical, en attendant, est lourd. Cervicales touchées, dents cassées, hématomes partout.

 Le jeune homme roué de coups déclare avoir reconnu des membres de Troisième Voie (photo d'illustration).

 Le jeune homme roué de coups déclare avoir reconnu des membres de Troisième Voie (photo d'illustration). © THOMAS SAMSON / AFP 

Et la peur qui l'étreint chaque fois qu'il voit un "crâne rasé". Un soir, "on prend une rue, on rentre chez soi tranquillement, et vous avez plusieurs bonshommes qui vous tombent dessus, vous frappent, vous savez pas pourquoi". Les agresseurs, âgés de 22 à 35 ans, doivent être jugés dans les prochains jours. Trois doivent comparaître mercredi devant le tribunal correctionnel d'Agen et deux autres le 12 juillet. Mais la première audience pourrait être reportée afin qu'ils comparaissent tous ensemble.  Article Source: AFP

******* 

  l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins , et le site http://www.harkisdordogne.com/ Périgueux 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article