Précieux manuscrits du week-end de M. Gabriel‑Henri Blanc (1915‑2009) ' Les ex Harkis ou Fsiran '

Un grand merci à Michel Petit, de l’Association provençale de Saint‑Maximin, et à Belkacem Gueroui pour nous avoir fait découvrir de précieux manuscrits de M. Gabriel‑Henri Blanc (1915‑2009) retraçant l’histoire de l’installation des familles de harkis. Grâce à son engagement, à son sens du partage et aux documents transmis, ces écrits enrichissent notre connaissance collective et contribuent à préserver une mémoire précieuse, merci à lui. HD

Gabriel-Henri Blanc est né en 1915 dans une vieille famille de cultivateurs de Cotignac. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a notamment travaillé sur des chantiers forestiers dans le Haut-Var et a rejoint le maquis avant la Libération. Après sa démobilisation en 1946, il est engagé comme garde forestier aux Eaux et Forêts. Il a exercé dans plusieurs secteurs du Haut-Var, notamment : Montmeyan, dans la forêt de Pelenc ; Barjols ; Cotignac et ses environs.

Son métier de forestier semble avoir joué un rôle important dans ses recherches historiques : il profitait de ses tournées et de ses déplacements pour consulter les archives des communes du Var.

Un travail exceptionnel de mémoire locale

En dehors de son activité professionnelle, Blanc consacrait ses soirées à écrire et illustrer ses propres manuscrits à la plume et à l'encre de Chine. Ses travaux comportaient de nombreux dessins : plantes, animaux, personnages, blasons et armoiries.

- Voici un extrait de la première page ci-dessous. -

Une note de service, le 2 octobre 1962, demandait aux personnels de terrain du cantonnement de Brignoles, de rechercher dans les communes qui le désireraient, un emplacement pour implanter un camp pour les Harkis fuyant l'Algérie. Les communes furent réticentes, et, dans les dix-huit communes que comptait le district de Barjols à cette époque, aucune n'accepta ce projet.

Devant cet échec, l'ingénieur me demanda, par note du 9 octobre 1962, d'user de mon influence auprès de tous les maires concernés, pour édifier au moins un hameau de vingt-deux familles dans cette circonscription. Je fis alors une visite aux dix-huit mairies, et j'acquis très vite la conviction qu'elles étaient contre, ayant la crainte de grouper sur une même surface tant de Français musulmans. Il était impossible, dans ces conditions, d'imposer cet apport de population, mal acceptée au départ. Il faut d'ailleurs, pour bien comprendre, se mettre dans le contexte de ces années-là.

Mais, dans la conversation, les maires faisaient bien ressortir, qu'ils étaient prêts, pour agir en faveur de ces hommes, qui avaient toujours eu confiance en la France, et leur avaient tout sacrifié.

Tous me donnèrent leur accord pour recevoir une famille, deux au maximum, dans leur village. La municipalité s'engageait à les héberger gratuitement, et leur fournir l'outillage nécessaire à leur travail. Il restait bien entendu, que cette main-d'œuvre venait travailler en forêt, sous la responsabilité de l'agent forestier. Gabriel-Henri Blanc

C-est-ici.gifhttps://ww w.harkisdordogne.com/ 

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