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À 89 ans, il obtient la médaille militaire : la fin d’un « parcours du combattant » pour le Gérômois Mohamed Mehraz

Mohamed Mehraz en compagnie de Moussa, l’un de ses fils.

C’est officiel puisque paru dans le journal du même nom : comme les meilleurs de ses anciens camarades Harkis de l’armée ayant servi en Algérie, Mohamed Mehraz a récemment été décoré de la Médaille Militaire, plus haute distinction militaire française destinée aux sous-officiers et aux soldats.

« M. Mehraz nous avait fait part de son désir d’être médaillé militaire comme plusieurs de ses anciens collègues Harkis. J’ai donc constitué le dossier, ce qui a pris un peu de temps. Mais il a obtenu cette distinction décret du 10 novembre dernier et peut désormais porter sa médaille depuis la sortie du dernier Journal Officiel. Concernant la remise de la médaille, nous avons demandé à ce qu’elle puisse avoir lieu à Gérardmer lors des manifestations de commémoration de la Victoire du 8 Mai 1945, soit le 8 Mai 2024 » précise Fernand Grandemenge, membre du Comité Départemental de l’Union National des Combattants (UNC).

Mohamed Mehraz médaille militaire Gérardmer

Pour mémoire, Mohamed Mehraz est né le 5 novembre 1934 à Chouchaoua en Algérie. Il s’était tout d’abord engagé pour 3 ans le 6 mars 1953 à Blida au titre du 7ème régiment de Tirailleurs. Il a ainsi été dirigé sur l’Indochine pendant ces 3 années avant de participer au maintien de l’ordre en Algérie en qualité de Harki où il servira pendant 7 ans avant d’être rapatrié en France en 1962, dans le secteur d’Arles. C’est en 1972 qu’il viendra s’installer à Gérardmer, accompagné d’un de ses cousins et d’autres Harkis, par le biais du Lieutenant Archambaud, membre de la SAS (Section Administrative Spéciale) dont la femme était infirmière en perle des Vosges. « Le lieutenant était un vrai patriote qui ne laissait pas tomber ses hommes » rappellent le récipiendaire et ses enfants. Avec sa famille, Mohamed Mehraz avait à l’époque effectué le trajet en train, de Mas Thibert aux Vosges.

Connu et respecté à Gérardmer, Mohamed Meraz est particulièrement fier et heureux de recevoir cette Médaille Militaire, symboles de son engagement, des services qu’il a rendus à la Nation ainsi que des sacrifices endurés par les Harkis et leurs familles, lui qui était prêt à donner sa vie pour la France. Ce mercredi, avec ces fils et avec Fernand Grandemenge, ils ont forcément échangé quelques anecdotes concernant leurs services respectifs sous les drapeaux. Avec une mention spéciale pour le trajet que Mohamed a effectué pour aller et revenir d’Indochine : un mois en mer à chaque fois, dans des rafiots sans couchettes !! C’est ce qu’on appelle une belle galère, mais aujourd’hui il a encore le cœur d’en rire !

Une Médaille Militaire (à gauche) qui vient compléter les nombreuses décorations de M. Mehraz.

30/11/2023 

Mohamed Mehraz, entouré de trois de ses enfants : Moussa, Siidia et Salah.  Photo Philippe Cuny

Harki en Algérie avant d’être rapatrié en France en 1962, Mohamed Mehraz vient d’obtenir la médaille militaire. Le Gérômois et sa famille y voient une grande fierté et une profonde reconnaissance pour cet ancien militaire qui était « prêt à mourir pour la France ».

« Un brave enfin reconnu et récompensé. » Ce sont les membres du comité départemental de l’Union nationale des combattants qui s’expriment. L’un des leurs, Mohamed Mehraz a obtenu, par décret du 10 novembre dernier, la médaille militaire. À 89 ans, ce Géromois a accueilli cette nouvelle avec un grand honneur. Une reconnaissance surtout pour cet ancien combattant qui a officié en Indochine et qui a servi comme Harki en Algérie avant d’être rapatrié en France lors de l’indépendance de l’Algérie.

30/11/2023

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T
Bravo, largement mérité. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour lui décerné cette distinction ? Profitez bien de cet honneur.
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N
Bonne question