Camps de harkis : La Cour européenne des droits de l’homme rejette les requêtes

Le camp de Bias a fermé fin 1975. La justice considère qu’il fallait saisir la justice dans les quatre années qui ont suivi. © Crédit photo  archives Lucien Delporte

L’institution strasbourgeoise valide la prescription quadriennale, en lien avec les demandes de réparations financières, opposée par la France

La réparation accordée par l’État français aux harkis et à leurs familles ayant séjourné dans le camp de Bias, en Lot-et-Garonne, mais aussi de Saint-Maurice l’Ardoise, dans le Gard, restera basée sur le principe d’un forfait de 4 000 euros (1) par année de camp, jugé « modique » par Charles Tamazount, fondateur du comité Harkis et Vérité.

Telle est la conséquence de la validation par la Cour européenne des droits de l’homme de la prescription quadriennale (les actions en justice auraient dû être menées dans les 4 ans ayant suivi la fermeture des camps, NDLR) opposée par la France. L’institution a en effet rejeté, ce jeudi 30 avril, les requêtes portées pour le compte de cinq familles par le juriste né au camp de Bias.

Le combat continue

« La Cour n’a pas voulu ouvrir les vannes financières d’une réparation du drame pour tous, analyse ce dernier. Je comprends que la loi de 2022 est un élément déterminant du raisonnement de la Cour… qui évoque à un moment les intérêts légitimes de la France en défense, autrement dit, l’aspect financier. Le contexte budgétaire français a grandement joué en faveur de la France. »

Pour Charles Tamazount, qui avait obtenu la condamnation de la France (2) par cette même instance en 2024, en raison de la violation de l’article 3 qui interdit les traitements inhumains ou dégradants, le combat pour obtenir une réparation « à hauteur du drame harki » continue.

« La Cour fait passer un message clair à la fin de son arrêt. Ce dernier ne préjuge pas de la conformité de la loi de février 2022 avec la Convention européenne des droits de l’homme », relève le juriste. Les requêtes rejetées étant antérieures, « l’offre forfaitaire peut encore être contestée ».

(1) Il était à l’origine de 1 000 euros. Un décret à la loi de 2022 a revalorisé ce forfait en 2025. (2) La France n’ayant ratifié qu’en 1974 la Convention européenne des droits de l’homme, la condamnation ne porte que sur les deux dernières années d’existence des camps.

30/04/2026

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S
c'est ça la FRANCE, ils nous mépriserons comme ils l'ont toujours fait !
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R
Bonjour Salem,<br /> <br /> Hé non, ce n'est pas la France, c'est la cour européenne qui a statué. <br /> <br /> Selon Charles Tamazoult, cet arrêt peut-être encore contesté et je ne doutes pas qu'il continue le combat envers et contre tout. <br /> <br /> Par contre, vous avez tout à fait raison lorsque vous dites que la France -en fait, l'état Français- vous a méprisé. <br /> Il ne faut quand même pas oublier que l'initiateur de tous vos malheurs, des malheurs de l'Algérie en général, est bel et bien le général de Gaulle. Nous entendons de moins en moins citer son nom...<br /> <br /> Après, ses successeurs n'ont pas fait preuve d'un grand zèle pour vous sortir de l'ornière où l'ETAT FRANCAIS vous avait mis.<br /> Sans les initiatives des révoltés de Bias, Saint Maurice l'Ardoise et d'ailleurs...rien n'aurait vraiment bougé. <br /> <br /> N'oublions pas les paroles du général de Gaulle en parlant des harkis : " Ce boulet d'auxiliaires qui n'ont jamais servi à rien" et il ordonne de désarmer les harkis, c'est le début de la fin pour eux et leurs familles sans oublier les milliers de Musulmans fidèles qui ont, eux aussi, été abandonnés. <br /> <br /> Et aussi tout cet effroyable gâchis, puisque nous savons que ce général que la parole donnée n'étouffait pas, a renié celle-ci peu après s'être hissé au pouvoir.<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> Guy.