7 Mars 2026
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Maâmar Maamria (au centre) lors de la remise de sa Légion d'honneur. © Radio France - Suzanne Shojaeip
Maâmar Maamria, un harki de 89 ans, a été décoré de la Légion d'honneur ce mardi à la préfecture de Perpignan. Il a combattu dans l'armée française pendant la guerre d'Algérie et a vécu au camp de Rivesaltes à son arrivée en France.
" C'est bien la Légion d'honneur que vous méritiez. Nous vous la remettons aujourd'hui, tardivement c'est vrai, mais mieux vaut tard que jamais ", déclare le préfet Pierre Regnault de la Mothe ce mardi matin à la préfecture des Pyrénées-Orientales. Face à lui, des personnalités de la Société des Membres de la Légion d'Honneur sont venues assister à l'évènement, notamment le président départemental Jean-Pierre Salles-Mazou.
Car ce mardi, Maâmar Maamria est décoré de la Légion d'honneur pour avoir combattu dans l'armée française pendant la Guerre d'Algérie. À 89 ans, il arbore fièrement l'insigne sur son costume. "Je suis content, même si tous mes camarades sont morts aujourd'hui. " Né en Algérie en 1937, Maâmar Maamria perd son père à l'âge de 9 ans, puis deux de ses frères ainsi qu'une de ses sœurs. Il devient alors chef de famille très jeune, avant le décès de sa mère alors qu'il n'a que 14 ans. En 1957, il fait son service militaire et s'engage dans l'armée.
" On était rejetés par la France et par l'Algérie "
Décrit par ses supérieurs comme " un jeune gradé calme et courageux ", Maâmar Maamria rejoint la France en 1966, quatre ans après les Accords d'Evian qui mettent fin à la guerre, accompagné de son épouse et de ses quatre premiers enfants. Il en aura huit, quelques années plus tard. La famille vit dans différents camps réservés aux harkis, dans l'Hérault puis à Rivesaltes, et enfin à la cité du Réart. Maâmar Maamria décrit pudiquement une vie " un peu difficile. On a souffert, mais on fait avec. "
"Je n'ai pas les mots pour dire à quel point la vie d'enfant de harki a été difficile, décrit Torquia, l'une de ses enfants venus assister à la remise de la Légion d'honneur. On était rejetés par la France et par l'Algérie. On n'était ni français ni arabes. J'ai pensé, pendant un moment, qu'on était les enfants illégitimes de la France. " Son frère David acquiesce : " On n'avait pas le même niveau social que les autres. On était derrière. "
" La République sait ce qu'elle vous doit "
Maâmar Maamria estime que cette reconnaissance arrive " trop tard. Je suis vieux, la vie est passée. " Selon lui, il n'est " pas possible " de réparer ce qu'il a vécu. Ses enfants Torquia et David s'en réjouissent toutefois : " Pour notre papa, même si c'est un peu tardif, recevoir la Légion est quelque chose de magnifique. Ça ne changera pas tout, mais dans nos cœurs, la France ne nous aura pas oubliés. "
Environ 22.000 harkis et leurs familles ont vécu dans le camp de Rivesaltes après la guerre d'Algérie. " La République sait ce qu'elle vous doit, indique le préfet dans son discours. Elle sait qu'elle n'a pas toujours été au rendez-vous. Et elle s'engage à réparer le passé en construisant l'avenir avec vous. "
03/03/2026
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https://www.harkisdordogne.com/
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