29 Octobre 2025
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Stèle du cimetière des enfants du camp de Harkis à Saint-Maurice l'Ardoise © Radio France - Gregory Jullian
C'est une étape importante pour les familles gardoises descendantes de harkis. Des prélèvements ADN ont été réalisés dans le cimetière d'enfants de Saint-Maurice-l'Ardoise.
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On en parle avec l'invitée d'ICI Matin, Malika Tabti, fille de harkis et vice-présidente de l'association Soraya.
Des prélèvements ADN effectués dans le cimetière d'enfants harkis de Saint-Maurice l'Ardoise. Plusieurs tombes ont été ouvertes à la mi-octobre. Ces prélèvements d'os sont menés par l'INRAP, Institut national de recherches archéologiques préventives et la gendarmerie, ils sont diligentés par la procureure de la République. L'ADN prélevé sera ensuite comparé à celui des familles harkis.
L'invité d'ICI Gard Lozère, ce mardi matin, est Malika Tabti, vice-présidente de l'association Soraya, pour la mémoire des enfants d'anciens combattants harkis décédés dans les anciens camps. Quand les familles ont eu connaissance de ces prélèvements "on a été soulagés", explique Malika Tabti.
Elle-même a une sœur enterrée à Saint-Maurice l'Ardoise : "on sait qu'elle est enterrée là, un registre précise le 6 février 1963, elle est décédée dans ce camp, dans des conditions déplorables, enterrée de manière indigne", "la possibilité de récupérer la dépouille d'un proche, ça revêt une importance à la fois humaine, symbolique et spirituelle", pour Malika Tabti.
"C'est d'abord une étape essentielle du deuil, ça fait 62 ans que j'entends parler de ma sœur, par ma mère qui est décédée depuis…", une famille qui souhaite offrir une vraie sépulture à un enfant, "dans un lieu connu, qui soit accessible et qui permet de donner un sens à la perte et surtout d'apaiser la douleur." Pour Malika Tabti, il s'agit aussi d'un droit "un droit fondamental de disposer du corps de son défunt, de pouvoir l'inhumer conformément à ses convictions, sa culture et ses traditions."
Encore au-delà du cadre familial, cela permet de "rendre justice à la dignité des personnes décédées, vraiment en leur redonnant un nom, une histoire, et une place reconnue dans la mémoire collective."
Reste une inquiétude : celle que les tests ADN ne donnent rien. "On a été informés et alertés par les archéologues de l'INRAP (…) Que peut-être on ne retrouvera rien dans les tombes, parce que, quand ce sont des enfants ou des bébés, avec le temps, plus de 62 ans après, enterrés à même la terre, il est possible qu'on ne retrouve rien, mais on aura fait la démarche jusqu'au bout."
Prochaine étape : recueillir l'ADN des descendants de familles de harkis encore vivants aujourd'hui pour les comparer avec ceux extraits des ossements de Saint-Maurice l'Ardoise.
28/10/2025
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https://www.harkisdordogne.com/
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