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Les ossements retrouvés à Rivesaltes sont « cohérents » avec les corps de Harkis disparus

Environ 22 000 harkis sont passés par le camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, entre 1962 et 1965. Au moins une centaine de personnes y sont mortes. Les corps de 60 d’entre elles n’ont jamais été retrouvés : les dépouilles avaient été déplacées sans l’autorisation des familles. Des ossements retrouvés au cimetière de la commune semblent leur correspondre, a annoncé le chercheur chargé de les analyser, lundi 27 octobre.

Les ruines du camp Joffre, à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), le 29 avril 2025.  JC MILHETHANS LUCAS VIA AFP

Selon la préfecture, le chercheur chargé des analyses a informé, lundi 27 octobre, les familles que les ossements découverts dans le cimetière de Rivesaltes appartiendraient très probablement à des réfugiés harkis décédés dans un camp de cette commune des Pyrénées-Orientales dans les années 1960, dont les corps n’avaient jamais été retrouvés.

Les ossements retrouvés au cimetière de Rivesaltes appartiennent selon toute vraisemblance aux réfugiés Harkis décédés dans un camp de cette commune des Pyrénées-Orientales dans les années 1960 et dont les corps n’ont jamais été retrouvés, a indiqué lundi 27 octobre à leurs familles le chercheur chargé de les analyser, selon la préfecture.

Lors d’une réunion à
 Perpignan, le professeur en anthropologie biologique Pascal Adalian a expliqué aux familles depuis Marseille, où se trouve son laboratoire, avoir identifié « le nombre minimum d’individus présents dans les ossuaires : au minimum 49 très jeunes enfants, de moins de 3 ans, et trois adultes », et situé leurs décès « au début des années 1960 » grâce à la datation carbone, a expliqué le secrétaire général de la préfecture, Bruno Berthet.

Le nombre d’ossement, ainsi que l’âge au moment de la mort, est « 
cohérent » avec les personnes dont les corps avaient disparu. « Tout cela n’infirme pas l’hypothèse que ce soit bien les ossements des personnes Harkis décédées sur le camp », a résumé Bruno Berthet.

Près de 22 000 harkis, le nom donné aux auxiliaires algériens de l’armée française, et membres de leurs familles sont passés par le camp Joffre, à Rivesaltes, après l’indépendance de l’Algérie, entre 1962 et 1965. Au moins 146, dont 101 enfants, sont décédés et les corps de 60 d’entre eux, dont 52 bébés, n’ont jamais été retrouvés.


Sépultures vides
À l’automne 2024, des tombes ont été découvertes sur le périmètre du camp, mais une fois ouvertes, les sépultures 
se sont révélées vides. Puis les familles ont appris avec stupéfaction, le 21 février lors d’une visite de l’ex-ministre déléguée à la Mémoire, Patricia Miralles, que les dépouilles avaient en fait été déplacées en septembre 1986. Quatre caisses contenant des milliers d’ossements avaient ensuite été retrouvées dans le cimetière communal de Rivesaltes.
Lundi, le professeur 
Adalian a dû rappeler aux 14 représentants de familles présents en personne ou en visioconférence « les limites de l’exercice », à savoir que ses conclusions, si elles établissent que 52 dépouilles se trouvaient dans les ossuaires, n’excluent pas qu’il y puisse s’en trouver plus.

 Il a pu aller au maximum de ce que la science lui permet », a expliqué 
Bruno Berthet. Des échanges ont ensuite eu lieu avec les familles, le tout pendant environ deux heures.
« 
Il y a des ossements d’une même personne qui ont été retrouvés dans deux caisses différentes, ça montre la sauvagerie avec laquelle ils ont extrait ces corps (…) Mon frère jumeau est dans ce magma d’ossements mélangés », a confié après la réunion l’un des descendants de Harkis, 
Ali Amrane, à la recherche du corps de son frère.
Les familles devront dans les semaines ou les mois à venir décider du sort des ossements :

le maire de Rivesaltes André Bascou a proposé trois emplacements pour un potentiel lieu de recueillement au sein du cimetière de la ville, ainsi qu’une autre option sur le terrain de l’ancien camp de réfugiés.

27/10/2025

C-est-ici.gifhttps://www.harkisdordogne.com/ 

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