L’histoire des licières harkies de Lodève intégrées au Mémorial de Rivesaltes

Fadelha Benammar-Koly dans l’atelier de Lodève du Mobilier National avec la directrice Anne Gautier. A.M.

Le nouveau parcours permanent de l’ancien camp de P.O. dévoilé vendredi 29 mai évoque le passage de familles en transit depuis l’Algérie dans les années 60, et le travail de ces femmes dans l’atelier de tapis de la Savonnerie.

Le projet "Les Courageuses" mené à l’occasion des 60 ans de l’atelier de tapis de la Savonnerie les avaient mises en lumière sur Lodève et Paris en 2024 et 2025. Le nouveau parcours du Mémorial du camp de Rivesaltes inauguré vendredi prochain, parlera de leur histoire. Celle de femmes Harkis, qui se retrouvent dans un vieil atelier en tôle pour tisser à leur arrivée à Lodève en 1964, pendant que les hommes travaillent dans des hameaux de forestage. Atelier qui sera intégré au prestigieux Mobilier National deux ans plus tard.

Des licières venues depuis l’Algérie sur le sol Français, avec des familles parquées dans des camps militaires de transit à Rivesaltes (P.O.), Saint-Maurice-l’Ardoise (Gard) et Bias (Lot-et-Garonne), dont une soixantaine s’installera dans la sous-préfecture Héraultaise au terme d’un exil long et douloureux.

"Nous sommes heureux et fiers que ce récit ne tombe pas dans l’oubli"

" Ça fait une dizaine d’années que nous travaillons sur le sujet des licières et de la venue des familles de Harkis à Lodève. Aujourd’hui c’est une grande fierté et beaucoup d’émotion de voir cette histoire intégrer le parcours permanent du Mémorial de Rivesaltes ", indique la Lodévoise Fadelha Benammar-Koly, à l’initiative des Courageuses avec l’association Mémoire Méditerranée. " C’est très valorisant de voir que ce récit aura ainsi un écho national ", pour sortir ces femmes de l’ombre, qui n’ont été un centre d’intérêt qu’à partir des années 2000.

Une délégation de licières et de leur famille a visité le mémorial de Rivesaltes en juillet dernier.

" Le silence prévaut autour d’une période très douloureuse et sensible pour ces générations. La connaissance de leur vie de femme, leur parcours, leur savoir-faire, leurs conditions de travail difficiles est souvent passé par leurs filles. Derrière de la Guerre d’Algérie, c’est bien de mettre en avant ces parcours trop longtemps invisibilisés ", ajoute la Lodévoise à la confluence, par son histoire familiale et ses recherches de la connaissance. " C’est un travail nécessaire. J’estime que c’est mon devoir de ne pas garder ça pour moi, mais de la révéler pour rendre hommage à nos mères, nos tantes, nos cousines, nos voisines et nous allons continuer ".

Une histoire que découvriront les visiteurs et les nombreuses classes scolaires qui viennent visiter le Camp de Rivesaltes et son Mémorial chaque année.

Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial : " Raconter des récits de vie "

Peut-on parler de ce parcours que vous allez inaugurer à Rivesaltes ?

Le Mémorial, créé en 2015, a rempli sa mission d’informer les publics, de recueillir des témoignages, d’accueillir des chercheurs, des artistes… Mais le monde change, la connaissance évolue. Pour en faire un lieu de mémoire vivant en prise avec le présent, qui invite à réfléchir sur notre responsabilité, on a créé ce nouveau parcours. Il réinterroge le récit du camp depuis 1939. Pour se rendre compte des populations qui y ont été internées ou assignées par l’État français, Espagnols, Juifs, Harkis…

Autour des mémoires oubliées ?

C’est ça, et de la place accordée à l’humain avec des histoires de femmes, d’hommes, d’enfants passés par ce camp, racontées au travers de témoignages, d‘archives, d’objets. C’est le cas des licières de Lodève qui s’inscrit dans la séquence consacrée à l’après-guerre d’Algérie et l’accueil de Harkis et leurs familles en France après 1962. Rivesaltes a vu passer plus de 20 000 personnes. Leur histoire illustre cette géographie des camps et le regard porté par la société française.

Pourquoi ces femmes ?

Pour montrer aux visiteurs, comment on avait envisagé le reclassement des Harkis par des dispositifs de mise au travail, nous mettons en lumière ces femmes algériennes, leur adaptation d’un savoir-faire ancestral aux métiers à tisser modernes, leur intégration complexe derrière un travail pas ou peu reconnu et leurs trajectoires de reconstruction de l’après-camp.

Texte, photo, témoignage, et tapis

Un des îlots parlera en effet du passage des Harkis et de l’atelier de tapis de Lodève, avec une photo d’époque d’une licière au travail, un témoignage écrit d’une autre à la retraite qui a accepté de parler de cette partie de sa vie ainsi que deux tapis tissés dans les premières années de l’atelier, prêtés par le Mobilier National.

"Nous œuvrons ensemble depuis longtemps avec le Mémorial, et sa directrice Céline Sala-Pons, sur les archives, sur la réactualisation car au fur et à mesure que le temps passe, nous recueillons de plus en plus d’informations. Beaucoup d’étudiants également s’intéressent à ce sujet et nous sollicitent. On est heureux que cette histoire Française et Lodévoise ne tombe pas dans l’oubli."

CAP Textile : Une nouvelle promotion recrutée

Plus de 60 ans après sa création, l’atelier de tapis de la Savonnerie est un lieu d’excellence qui perpétue des savoir-faire. Les élèves de la nouvelle promotion CAP Textile proposée en alternance à Lodève entre le lycée Vallot et l’atelier de tapis du Mobilier National ont été recrutés. " Nous venons d’effectuer les entretiens la semaine dernière, les 4 personnes ont entre 18 et 27 ans, ont un parcours dans les études de l’art pour trois d’entre elles, l’autre sort du bac. Elles viennent de Lodève, Montpellier, Rodez et Melun ", résume Anne Gautier, la directrice de la Savonnerie. Créée il y a 3 ans, la formation sur deux ans, proposée à 4 personnes, permet ensuite de partir à Paris pour obtenir le Brevet des Métiers d’Art. Et pour ceux qui le souhaitent ensuite, de passer le concours de la fonction publique pour venir travailler dans l’atelier lodévois.

24/05/2026

C-est-ici.gifhttps://www.harkisdordogne.com/ 

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R
Bonjour,<br /> <br /> Je suis désolé, mais il n'y a rien à voir entre toutes les autres populations qui ont été enfermées au camp de Rivesaltes et les harkis. <br /> Chacune d'entre elles l'a été pour des motifs légitimés par le pouvoir en place. Même si l'on est pas d'accord, il y a eu à chaque fois une raison invoquée pour justifier cet enfermement. <br /> <br /> Hors pour les harkis, il n'en est rien, aucune raison, aucun motif légitime, absolument aucun qui puisse motiver un tel comportement envers cette communauté qui ne demandait d'ailleurs pas grand chose, quelle soir accueillie dignement tout simplement avec certains égards dus à des anciens combattants au service de la France.<br /> <br /> Ne pas se tromper de cible, cela venait du plus haut de l'état Français, c'est à dire que le général de Gaulle voulait absolument ne plus entendre parler d'Algérie, de harkis et des Pieds-Noirs, pas plus que des Arabes en général. Ses ministres serviles et soumis ont obéi et ont par ce fait, eux aussi trahi des soldats Français, comme s'il n'avait pas suffit de l'abandon de certains d'entre eux qui furent livrés aux exactions du FLN.<br /> <br /> Mélanger toutes les personnes enfermées à Rivesaltes dans un même moule en les plaignants tous n'est pas, selon moi, légitime. En effet, on ne peut comparer un prisonnier Allemand ou FLN et une famille de harki...
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