Refonte du Mémorial de Rivesaltes : Préserver ce lieu est une priorité, dit la ministre Alice Rufo

Après Port-Vendres et Thuir ce vendredi matin, la ministre sera à Rivesaltes cet après-midi. ECPAD/Défense - Malo Harmant/

Alice Rufo est ministre déléguée aux Armées et aux anciens combattants.

C’est votre première visite au Mémorial du camp de Rivesaltes, qu’attendez-vous de son nouveau parcours visiteurs ?

Dès ma prise de fonction, j’ai exprimé le souhait de venir au Mémorial du camp de Rivesaltes. Celui-ci entre en pleine résonance avec la politique mémorielle du ministère des Armées et des Anciens combattants que je porte et que je souhaite perpétuer à travers les Assises du Monde combattant lancées en avril dernier. À l’heure où disparaissent les derniers témoins, il est essentiel de pouvoir conserver des traces de leurs témoignages et de savoir les restituer et les transmettre aux jeunes générations.

La singularité de ce mémorial est qu’il témoigne de l’enfermement de Républicains espagnols, juifs, tsiganes, soldats allemands, harkis, prisonniers LFN… un cas unique en France…

Cas unique et qu’il est important de conserver, encourager et soutenir. Le mémorial réussit à préserver et transmettre ces différentes mémoires, liées à la fonction du camp militaire de Rivesaltes comme camp de rétention entre 1941 et 1966 sans les opposer les unes entre elles, avec une approche scientifique qu’il faut maintenir. La nécessité de préserver ce lieu est apparue comme une priorité et a été portée notamment par Robert Badinter, parrain du Mémorial.

À Rivesaltes, des ossements d’enfants harkis morts au camp ont été exhumés et déplacés sans avertir les familles qui cherchent à identifier les leurs. Quelles informations a le ministère ?

Ce dossier, particulièrement sensible et douloureux pour les familles, est suivi de près par le ministère des Armées et des Anciens combattants. Nous souhaitons faire toute la lumière sur ces faits. Des réponses ont notamment pu être apportées aux familles. Je sais qu’il reste encore des zones d’ombre, des choix à faire par les familles concernées et avec la Ville de Rivesaltes. Nous continuons de travailler en lien étroit avec l’ensemble des acteurs locaux, bien sûr la préfecture et l’Office national des combattants. Je suis ce dossier et nous sommes régulièrement informés des avancées.

Vous faites un déplacement mémoriel dans le département, aussi à Port-Vendres et à Thuir avec des collégiens qui travaillent sur la déportation des juifs de Rivesaltes. Comment l’État soutient-il la transmission de ces mémoires ?

Le monument à la mémoire des militaires français portés disparus en Algérie de Port-Vendres est érigé, grâce à l’accueil de la ville et à la générosité de plus de 2 500 donateurs individuels, de 150 associations et au concours du ministère des Armées. Il est le produit d’un double combat politique et archivistique de l’association Soldis et de son président le général Fournier qui se consacre à la reconnaissance et la découverte des soldats français encore disparus de la guerre d’Algérie. Ce travail de mémoire et de transmission est d’autant plus important ces temps-ci que les mémoires sont instrumentalisées par certaines forces politiques. Comme l’a rappelé le Président de la République lors de sa visite à Alger en 2022, c’est une force que de pouvoir regarder l’histoire en face.

Vous étiez vous-même en Algérie au début du mois…

Oui, c’était l’un des sujets abordés avec les plus hautes autorités, et c’est pour cela que j’avais souhaité convier l’historien Benjamin Stora dans ma délégation. Ce travail nous devons le conduire avec lucidité. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai également souhaité que Françoise Dumas, présidente de la Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les Harkis et les autres personnes rapatriées d’Algérie, et Hocine Bouares, vétéran harkis, m’accompagnent. La transmission passe par notre jeunesse. À travers des projets pédagogiques comme ceux conduits avec le mémorial de Rivesaltes les élèves se confrontent au défi que constitue la recherche de la vérité dans les archives. Cela contribue aussi à développer chez eux les ressources d’une citoyenneté renforcée. C’est précisément cette force que transmettent les enseignants du collège de Thuir à leurs élèves.

28/05/2026

C-est-ici.gifhttps://www.harkisdordogne.com/ 

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M
Toutes ces initiatives mises bout a bout permettent de garde durablement la memoire de ces hommes et femmes enfants oubliés
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